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Jean Duceppe, au service du théâtre

Le comédien Jean Duceppe en 1970.

Le comédien Jean Duceppe a joué dans près de 200 pièces de théâtre, en plus de ses rôles à la télévision et à la radio.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Radio-Canada

Il y a 30 ans s’éteignait le comédien Jean Duceppe. Nos archives témoignent de sa prolifique carrière au théâtre comme à la télévision et de son engagement pour la culture.

Le comédien

Comédien autodidacte, Jean Duceppe est d’abord un homme de théâtre qui joue avec une grande ferveur, se promenant de troupe en troupe pour faire ses classes.

C’est aussi un comédien bien occupé qui mène une carrière parallèle à la radio et à la télévision.

On dit souvent pour résumer que Jean Duceppe a joué dans tous les radioromans, sauf Un homme et son péché! Sur les ondes de Radio-Canada, sa voix est effectivement bien présente, et pas seulement comme comédien.

Reconnu pour son franc-parler, Jean Duceppe anime plusieurs émissions à la radio, puis à la télévision; des émissions qui vont du jeu-questionnaire à l’opinion en passant par des sketchs éducatifs ou humoristiques.

Jean Duceppe a tout juste 30 ans au moment de l’avènement de la télévision au Canada. Cette conjoncture, doublée de son jeu naturel, en fera un pionnier du petit écran.

En 1952, le comédien participe au tout premier téléthéâtre diffusé par Radio-Canada : Le Seigneur de Brinqueville. Il sera ensuite de la distribution de La famille Plouffe, le premier téléroman de la télévision publique canadienne, qui entre en ondes à l’automne 1953.

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La famille Plouffe, 2 mai 1956

Jean Duceppe ne devait au départ participer qu’à quatre épisodes de La famille Plouffe dans la peau de cet homme louche qu'est Stan Labrie.

Il incarne finalement durant six années ce rival peu fréquentable d’Ovide Plouffe, un rôle qui marquera toute une génération.

Notre extrait du 2 mai 1956 nous le montre en confrontation avec les frères Plouffe au milieu d’un entraînement impromptu à la boxe.

Le comédien hyperactif enfile les personnages dans les téléromans populaires qui prennent l’antenne au cours des années suivantes.

Il incarne Clovis Godard dans Les Forges de Saint-Maurice et Léandre Jacquemin (Pépère) dans Terre humaine, et joue à merveille le père Lafeuille dans Rue des Pignons.

En 1970, il prend part à la mémorable production radio-canadienne Des souris et des hommes dans la peau du bouleversant Candy.

Le dramaturge Marcel Dubé lui écrit aussi des rôles solides pour ses pièces, qui sont jouées sur scène comme au petit écran. À la télévision de Radio-Canada, Jean Duceppe participe notamment aux téléthéâtres Le temps des lilas, Bilan, Florence et L'échéance du vendredi.

Jean Duceppe collabore également en 1959 à la création de Bousille et les justes de Gratien Gélinas, une autre œuvre incontournable de la dramaturgie québécoise.

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Jean Duceppe en compagnie de Gratien Gélinas, créateur de «Bousille et les justes», en 1962

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Peu présent au cinéma, Jean Duceppe avait précédemment joué dans le film Tit-Coq, de Gratien Gélinas. À sa mince filmographie s’ajoute un rôle central dans le film Mon oncle Antoine, de Claude Jutra, considéré comme un chef-d’œuvre de notre cinématographie.

Le directeur de théâtre

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Mort d'un commis voyageur, 18 novembre 1962

Deux œuvres marquent tout particulièrement la carrière théâtrale de Jean Duceppe.

Il s'agit de Mort d’un commis voyageur, dans lequel il incarne le désespéré Willy Loman, comme le montre notre extrait du téléthéâtre de Radio-Canada diffusé le 18 novembre 1962.

Puis il y a Charbonneau et le chef, dans laquelle le comédien tient le rôle du premier ministre Maurice Duplessis.

Ce sont ces deux pièces – jouées sur scène à Québec avec le théâtre du Trident – qui le pousseront à former sa propre troupe de théâtre à Montréal.

Jean Duceppe fonde ainsi en 1973 la compagnie de théâtre Jean Duceppe et élit domicile à la Place des Arts.

Il souhaite y présenter des pièces accessibles et contemporaines pour le public québécois, des pièces qui le touchent et qui lui ressemblent.

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L'Observateur, 13 janvier 1980

Au cours des années 80, la carrière de Jean Duceppe est dominée par le théâtre.

Je vends une marchandise qui ne se touche pas. Je vends des sentiments, des émotions, exprime l’homme de théâtre dans cette entrevue avec la journaliste France Nadeau. Je vends des idées d'auteur.

L’émission L’Observateur du 13 janvier 1980 s’intéresse au succès de la compagnie Jean Duceppe, qui entame alors sa septième année de programmation.

Dès sa première saison, le théâtre Jean Duceppe a su créer l’engouement. Des spectateurs assistent pour une première fois à une pièce de théâtre dans un lieu qui semblait jusqu’alors réservé à une certaine élite : la Place des Arts.

 Il y avait un public à aller chercher , explique Jean Duceppe, qui met toute sa passion et son instinct de comédien à sélectionner des pièces que tout le monde peut comprendre.

La programmation du théâtre Duceppe est principalement composée de pièces québécoises, américaines et étrangères.

Nous sommes des Nord-Américains parlant français.

Jean Duceppe

Jean Duceppe préfère traduire une pièce en anglais, dans laquelle son public peut se reconnaître, que de présenter une pièce française qui reflète des réalités européennes.

La compagnie Jean Duceppe sera d’ailleurs la première à mettre en scène des traductions québécoises, à une époque où le théâtre est joué comme à Paris.

 Il faut se créer un répertoire, soutient le directeur de théâtre, qui souhaite présenter chaque année un succès de notre dramaturgie nationale.

Je dois être ennuyant dans les partys, parce que je parle rien que de théâtre!

Jean Duceppe

Le portrait de l’émission L’Observateur nous laisse aussi voir sa fille Louise Duceppe, qui s’occupe du volet production de la compagnie, ainsi que les metteurs en scène Claude Maher et Hélène Loiselle, à qui Jean Duceppe a donné sa confiance.

Le nationaliste

L’engagement de Jean Duceppe pour un théâtre national prend aussi une couleur politique.

Jean Duceppe est ouvertement souverainiste et s’implique activement dans le camp du oui lors du premier référendum sur la souveraineté du Québec, en 1980.

Puis, le 25 juin 1990, au lendemain de l’échec de l'accord du lac Meech, il prononce un vibrant discours au spectacle de la Saint-Jean-Baptiste, diffusé en direct de l’île Sainte-Hélène.

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Aux portes du pays, 25 juin 1990

À mesure que les semaines passent, à mesure que les jours passent, une évidence s'impose de plus en plus dans nos esprits avec une clarté lumineuse : le Québec est notre seul pays! lance Jean Duceppe devant la foule réunie à Montréal.

L'avenir du Québec ne se décidera plus jamais à Terre-Neuve, au Manitoba ou ailleurs, ajoute-t-il, en référence à l’actualité. L’avenir du Québec, à compter de maintenant, sera décidé au Québec, par les Québécoises et les Québécois

Dans les mois qui vont suivre, nous devrons tous travailler très fort pour que le Québec puisse assumer son destin en toute liberté.

Jean Duceppe

Moins d’un mois plus tard, le 13 août 1990, son fils Gilles Duceppe devient le tout premier député élu sous la bannière du Bloc québécois dans une élection complémentaire.

Jean Duceppe décède le 7 décembre 1990 à l'âge de 67 ans des suites du diabète, dont il souffrait depuis plusieurs années.

Il avait précédemment confié la direction générale de la compagnie Jean Duceppe à sa fille Louise Duceppe.

Au total, ce sont donc quatre des sept enfants de Jean Duceppe qui s’impliqueront dans la compagnie théâtrale, puisqu'on y ajoute Yves Duceppe à la production, Anne Duceppe aux costumes et Monique Duceppe à la mise en scène.

Duceppe est aujourd’hui dirigé par la petite-fille de Jean Duceppe et fille de Gilles Duceppe, Amélie Duceppe.

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