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Les appels de détresse aux lignes de prévention du suicide sont en hausse

Une femme se prend la tête dans sa main.

La pandémie accroît la détresse psychologique et les symptômes de troubles mentaux, deux facteurs de risque qui peuvent être associés au suicide.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Un centre d’intervention de crise à Calgary a enregistré une hausse de 66 % du nombre d'appels et de messages textes liés au suicide en octobre par rapport au même mois l’an dernier.

Avec la pandémie, Hannah Storr a ressenti le besoin de prendre des pauses plus souvent qu’à l’habitude pour se calmer après des appels plus difficiles pendant son quart de travail au Centre de détresse ouvert 24 heures sur 24 à Calgary.

Son travail est beaucoup plus exigeant émotionnellement depuis le début de la pandémie, explique l'intervenante.

En octobre, près du quart des 4800 interventions d'employés du centre ont fait référence au suicide. Ces appels pouvaient, par exemple, être faits par une personne envisageant de mettre fin à sa vie ou en lien avec une tentative en cours.

Les gens vivent beaucoup de choses en ce moment, explique Hannah Storr, responsable de l'équipe du centre de crise. Ils font face à l’isolement, à des problèmes de santé mentale et à des problèmes financiers en plus d’avoir peur de tout ce qui se passe dans le monde.

Hannah Storr indique toutefois que les appels où il y a un risque imminent sont minoritaires et que les services d’urgence sont rarement appelés. Le plus souvent, ses collègues et elles établissent un plan avec la personne au bout du fil pour l’aider à traverser ce moment de crise.

Outre la difficulté émotionnelle liée à son travail, Hannah Storr remarque une fatigue physique.

Honnêtement, après un quart de travail, je devrais juste faire une sieste, dit-elle.

La directrice du développement des fonds et des communications du centre de détresse, Diane Jones Konihowski, affirme que les appels liés au suicide étaient aussi en augmentation au cours de l'été. C'est un phénomène préoccupant, selon elle, car il faisait encore beau à l'extérieur.

On présuppose que ces pourcentages vont augmenter quand on voit arriver des -20 degrés Celsius, de la glace et de la neige. Quand les gens vont beaucoup moins dehors que ce qu’il faudrait, explique-t-elle.

Pour sa part, le Service canadien de prévention du suicide, qui possède un réseau national de lignes de détresse, indique qu’il y a eu une hausse de 200 % des appels et des textes entre octobre 2019 et octobre 2020.

Les finances, la solitude et la dépression

Si les volumes d’appels augmentent, selon la médecin-chef du Service canadien de prévention du suicide, Allison Crawford, les appels nécessitant une intervention d’urgence ne suivent pas la même tendance.

Comme le centre de Calgary, le Service canadien de prévention du suicide a été contraint d'embaucher des intervenants pour faire face à la hausse de la demande, a ajouté la Dre Crawford, qui est également psychiatre au Centre de dépendance et de santé mentale de Toronto.

Même si le service ne garde pas trace d’information plus spécifique liée aux virus, de 15 % à 20 % des personnes qui demandent de l’aide font mention de la pandémie au cours de leur appel.

Selon un récent sondage de l’institut de recherche Delvinia réalisé auprès de 1000 répondants en septembre, environ 1 personne sur 5 souffrait d'anxiété, de solitude et de dépression modérée à grave. Par ailleurs, 8 % se disaient préoccupées par leurs finances et 26 % craignaient de contracter la COVID-19 ou qu’un proche n'en soit atteint.

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Avec les informations de La Presse canadienne

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