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Controverse sur la présence potentielle de vie dans l'atmosphère de Vénus

Image composée de l'atmosphère de Vénus.

Image composée prise par la caméra IR2 de la sonde Akatsuki de l'Agence spatiale japonaise.

Photo : JAXA

Agence France-Presse

L’annonce à la mi-septembre de la découverte d'un gaz lié à la présence d’une forme de vie dans l'atmosphère de Vénus est contestée par deux articles publiés dans le journal Astronomy & Astrophysics.

L’étude de la Pre Jane Greaves, de l'université britannique de Cardiff avait fait la une en rapportant la présence apparente de phosphine sur Vénus.

Ce gaz, qui n'est pas lié au vivant dans les planètes géantes du système solaire, provient exclusivement d'une activité microbienne ou humaine sur Terre.

L'annonce, qualifiée par le chef de la NASA Jim Bridenstine d'évènement le plus important dans la recherche de vie extraterrestre, a stimulé la recherche sur le sujet.

D'autant plus que l'étude de la Pre Greaves rappelait prudemment l'importance de confirmer son unique détection de la phosphine.

L'équipe coordonnée par Thérèse Encrenaz, astrophysicienne de l'Observatoire de Paris-PSL, l'a prise au mot, en cherchant une signature de la molécule dans la gamme infrarouge. Elle a conclu que ses résultats étaient incompatibles avec ceux de l'équipe de la Pre Greaves.

Selon Mme Encrenaz, ce que Greaves a vu en fait c'est une signature qui, si elle est réelle, s'est formée à une altitude de 80 km, dans la haute mésosphère, bien au-dessus de ce que nous avons observé en haut des nuages.

Or, la scientifique de Cardiff supposait que la phosphine détectée trouvait sa source dans ces nuages, 20 km en dessous, ce qui suppose un mélange de gaz constant à ces deux altitudes.

Nous on observe ce qui se passe au niveau des nuages, à 60 km à peu près, au sommet de la couche nuageuse, et on peut dire qu'on n'en voit pas.

Thérèse Encrenaz

Dans ces conditions il est extrêmement difficile de rendre compatibles les deux mesures, selon l'astrophysicienne spécialiste des atmosphères planétaires, qui dit pour l'instant ne pas croire à la présence de ce gaz dans celle de Vénus.

Une deuxième étude enfonce le clou en attaquant la méthode de la Pre Greaves.

Pour Ignas Snellen, astrophysicien à l'Université néerlandaise de Leiden, cette méthode débouche sur des résultats faussés. Son équipe met notamment en cause l'utilisation d'un polynôme de degré 12 , une équation permettant de nettoyer un signal de détection, mais au risque de le corrompre si le degré est trop élevé.

L'équipe du Pr Snellen, reprenant les données et la méthode de la Pre Greaves, trouve des résultats sous le seuil généralement admis d'acceptation statistique. Elle en conclut que ces données ne fournissent pas de preuve statistique pour une présence de phosphine dans l'atmosphère de Vénus.

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