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Voies cyclables et piétonnes : Montréal écorchée par son ombudsman

Des clients assis sur des bancs extérieurs devant des bars sur la rue Saint-Denis à Montréal.

L’ombudsman de Montréal affirme que la Ville n’a pas respecté les principes de sécurité et d'accessibilité en mettant en place ses aménagements piétons et cyclistes cet été.

Photo : Radio-Canada / Carla Oliveira

L’ombudsman de Montréal conclut dans un rapport rendu public jeudi que la Ville n’a pas respecté ses engagements en mettant en place ses nouveaux aménagements piétons et cyclistes cet été. Il lui reproche d'avoir escamoté parfois les principes de « sécurité, d’accessibilité universelle, de participation citoyenne et d’information » auxquels elle s’est elle-même assujettie dans sa Charte des droits et responsabilités.

Après avoir reçu plus de 300 plaintes depuis mai concernant ces aménagements, et en avoir étudié 240, Nadine Mailloux fait 15 recommandations à la Ville, touchant autant la gestion des projets que leur conception, leur parachèvement et leur suivi.

Ses suggestions semblent avoir été bien reçues par les autorités, puisque Mme Mailloux souligne que la Ville et certains arrondissements ont d’emblée reconnu la majorité des éléments soulevés par notre enquête, et ont agi de manière proactive afin d’apporter les correctifs nécessaires et que son équipe est très satisfaite de la collaboration, de l’implication et de la rapidité d’action dont ont fait preuve ses interlocuteurs.

L’été 2020 aura été mouvementé en termes d’aménagements urbains pour les Montréalaises et Montréalais. […] La concomitance de la mise en place de ces nombreux travaux a créé beaucoup de confusion. […] Les citoyennes et citoyens ne doivent, en aucun cas, faire les frais de ces casse-têtes logistiques.

Extrait du rapport de l'ombudsman de Montréal

Pertes de stationnement notamment en cause

Le rapport concerne plus particulièrement les reconfigurations des rues entreprises pour permettre, à pied ou en vélo, d’observer les mesures de distanciation physique en temps de pandémie de COVID-19, ainsi que le Réseau express vélo (REV), dont les premiers tronçons ont vu le jour cet été.

Plusieurs Montréalais ont reproché à la Ville de ne pas avoir fait de consultations préalables avant de mettre en oeuvre ses projets.

D’autres plaintes concernent l’enjeu de la sécurité, et visent notamment le changement de sens des rues ou leur conversion en sens unique, ainsi que l’impact sur la circulation dans les rues résidentielles avoisinant les chantiers.

Les plaintes reçues dénoncent également dans de multiples cas la perte de places de stationnement, qui a eu des répercussions sur les citoyens, mais également sur les commerçants.

L’ombudsman précise qu’il a reçu peu de plaintes concernant le REV, aménagé sur les rues Berri, Lajeunesse et Saint-Denis ainsi que sur la rue Souligny, et que parmi celles-ci, il n’a pas constaté d’éléments requérant [son] intervention.

L'aménagement de la piste cyclable sur la rue Saint-Denis avait pourtant généré beaucoup de grogne, notamment de la part des commerçants de l'artère.

Le REV Bellechasse, entièrement géré par l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, précise le rapport, aurait pour sa part suscité bien davantage d’insatisfaction.

L’ombudsman dit compter sur l’arrondissement pour améliorer la sécurité dans ses environs et pour mettre en place des mesures de rechange pour aider à remplacer les multiples places de stationnement disparues en raison de l’aménagement de la piste cyclable.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

300 plaintes pour les voies actives et pistes cyclables

On va devoir réajuster le tir

Invitée à réagir aux conclusions du rapport de l'ombudsman en conférence de presse jeudi, la mairesse Valérie Plante a assuré que son administration était réceptive aux recommandations de Mme Mailloux et qu'elle agirait dans ce sens.

On les prend en considération, on les prend pour améliorer les choses. Ce qui ressort le plus, selon moi, c'est que la communication a été défaillante à plusieurs niveaux, dont sur le REV Bellechasse. Et ça, il faut le prendre et réviser.

Valérie Plante

La mairesse de Montréal a toutefois souligné que, dans les plaintes reçues au sujet du projet, la pertinence des aménagements n'était pas remise en cause. Elle a également fait valoir que la majorité de ces plaintes avaient été prises en charge et traitées par la Ville afin de trouver des solutions.

La communication avec les citoyens est primordiale et on va devoir réajuster le tir, c’est évident, a finalement admis Mme Plante.

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