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Une hausse de 1,9 % pour les contribuables de Saguenay

Michel Potvin et Josée Néron tiennent chacun une copie du budget devant l'hôtel de ville.

Le président de la Commission des finances et conseiller municipal, Michel Potvin, et la mairesse Josée Néron ont dévoilé le budget de la ville pour 2021.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'impôt foncier des contribuables de Saguenay augmentera de 1,9 % le 1er janvier 2021. Pour une résidence moyenne de 204 281 $, la hausse sera de 54 $.

Pour chaque tranche de 100 $ d’évaluation, les propriétaires paieront 1,17 $, comparativement à 1,14 $ en 2020.

L’impôt foncier des propriétés commerciales passe de 3,17 $ à 3,23 $. À 4,04 $ par 100 $ d’évaluation, le taux de taxation industrielle demeure le même qu'au cours des quatre dernières années, l’un des plus hauts des villes du Québec.

Les Saguenéens ne subiront pas d’augmentation des tarifs pour les services d'égouts, d’eau potable et de collecte des déchets. Ceux-ci seront gelés pour les 12 prochains mois. Selon la Ville, la hausse du compte de 1,9 %, la moins élevée possible en raison du fait que Saguenay affiche un faible taux de croissance par rapport à d’autres municipalités du Québec, rapportera des revenus supplémentaires de 4 millions de dollars.

En cette année marquée par la pandémie de COVID-19, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, a fait valoir que son administration a voulu donner un peu d’air aux contribuables de Saguenay.

Nous voulons nous assurer que notre monde puisse garder la tête hors de l’eau, a-t-elle résumé, lors du dépôt du budget, jeudi matin. La mairesse et le président du comité des finances, le conseiller municipal Michel Potvin, ont d’abord levé le voile sur le budget lors d’un huis clos destiné aux journalistes et diffusé par vidéoconférence.

Le document contenant le budget 2021 devant l'hôtel de ville.

Le budget 2021 de Saguenay a été présenté au conseil municipal.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Le document a par la suite été déposé aux membres du conseil municipal pour adoption au cours d’une séance extraordinaire tenue à midi, toujours de façon virtuelle. Contrairement à l’an dernier, alors que la première mouture du budget a été rejetée par les conseillers indépendants, les prévisions financières présentées par le duo Néron-Potvin ont été adoptées à la majorité. Le conseiller Marc Pettersen est le seul à avoir voté contre.

L'élu de Chicoutimi-Nord s’est dit ambivalent par rapport au budget. Il a affirmé avoir l’impression que le maintien d'un taux de taxation peu élevé se fait au détriment des cols bleus et autres employés de la Ville, qui en font les frais.

Je pense que je vais voter non. Je vais peut-être être le seul, mais je suis solidaire envers les gens qui travaillent sur le terrain pour assurer les services aux citoyen, a-t-il déclaré, peu avant la tenue du vote.

En 2019, les élus indépendants s’étaient opposés à une augmentation de l'impôt foncier de 1,9 %. Une deuxième version a été présentée, proposant une hausse de 2,3 %, et a été adoptée le 30 décembre.

Il s’agissait, jeudi, du quatrième et dernier budget de la mairesse Josée Néron depuis son accession à la mairie en novembre 2017. Depuis cette élection, l'impôt foncier a connu une hausse de 14 % à Saguenay.

Le budget de la prochaine année totalise 365,5 millions de dollars, ce qui représente une progression de 5,8 millions de dollars par rapport à l’an dernier (1,6 %).

Plan triennal

Saguenay prévoit investir 71,1 millions de dollars dans le cadre de son plan triennal d’immobilisations (PTI) 2021-2022-2023. De cette somme, 63,4 millions de dollars seront empruntés par la Ville. Outre la construction d’un stade multisport à Jonquière, la construction d’une bibliothèque dans l’église Saint-Édouard, à La Baie, et la rénovation de l’aérogare de Bagotville, tous inclus dans le PTI précédent, plusieurs projets d’infrastructure seront mis en branle. Josée Néron a notamment parlé de la restauration du pont de Sainte-Anne, à Chicoutimi, et du déploiement de la première phase du projet de refonte de Place Nikitoutagan, au centre-ville de Jonquière.

« Je veux voir des grues dans le ciel de Saguenay pour assurer le développement économique chez nous. »

— Une citation de  Josée Néron, mairesse de Saguenay
Travaux d'asphaltage.

Des travaux d'asphaltage sur le boulevard Saguenay (archives)

Photo : Radio-Canada

Le plan triennal d’immobilisation prévoit également l’injection de 16 millions de dollars pour des travaux d’asphaltage. Presque 30 millions seront injectés dans le réseau routier, les ponts et ouvrages d’art, alors qu’une enveloppe de 10 millions (5 millions en subventions gouvernementales) permettra d’améliorer les infrastructures souterraines d’égout et d’aqueduc. Une enveloppe de 1,2 million sera aussi utilisée pour prolonger les réseaux.

Si la situation demeure fragile, la Ville n’a pas annoncé de compressions ni de coupes au sein de ses différents services, contrairement à l’an dernier. Cela dit, Josée Néron a déclaré que chaque service est mis à contribution pour tenter d’amenuiser les dépenses sans qu’il n’y ait d’impacts sur les services à la population.

Un coussin pour la COVID-19

La mairesse Néron n’a pas caché que la pandémie de COVID-19, qui a marqué l’année qui s’achève, a engendré des pertes importantes. Autour de 4,2 millions de dollars en provenance des coffres municipaux ont dû être utilisés pour éponger des dépenses liées à la pandémie.

Une pancarte indique l'entrée en zone rouge.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est lourdement touché par la pandémie de COVID-19, ce qui a eu des répercussions sur le budget de la plus grande ville régionale.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Toutefois, une aide financière COVID-19 de 11 millions de dollars de la part du gouvernement provincial est attendue en décembre. La Ville a choisi de ne pas inclure cette somme au prochain budget et entend conserver ce montant en réserve pour pallier les besoins provoqués par la crise sanitaire.

Au sujet des réserves, la première magistrate a indiqué que celle de Saguenay totalise 6,4 millions de dollars. Du jamais-vu, selon Josée Néron, qui n’a pas manqué de rappeler que, lors de son accession à la mairie de Saguenay, le bas de laine était vide.

Une dette en hausse

La dette de Saguenay atteint désormais 421,8 millions de dollars. Au 31 décembre 2021, Josée Néron prévoit que ce taux d’endettement atteindra 520,9 millions, soit environ 100 millions supplémentaires. Le remboursement de la dette représente 17,4 % du budget 2021, une hausse qui se traduit concrètement par l’ajout de 1,1 million par rapport à 2020.

« On prend soin de ce qu’on a. Ce qu’on fait depuis trois ans, c’est rattraper les retards au cours des quatre dernières années. À part les grands projets, c’est de l’entretien d’infrastructures. »

— Une citation de  Josée Néron, mairesse de Saguenay

La première citoyenne de Saguenay a répété que beaucoup de façons de faire ont dû être changées au sein de l’appareil municipal pour éviter d’emprunter pour faire l’épicerie, une formule employée à maintes reprises depuis la dernière élection.

On corrige et on cadenasse pour être sûrs qu’on ne revient pas dans les anciennes façons de faire qui n’aident en rien la population actuelle et les populations futures, a-t-elle poursuivi.

Josée Néron a souligné un fait historique : pour la première fois, le financement des travaux publics ne nécessitera pas d’emprunt.

On aurait pu continuer de le faire, mais on aurait 20 millions de plus de dettes, a fait valoir Michel Potvin.

L’heure des choix s’en vient, a précisé le grand argentier de Saguenay, qui convient qu'il est impossible de continuer de maintenir un taux de taxation aussi bas, puisque la Ville n’encaisse qu’un million de dollars en nouveaux revenus chaque année.

Alors que Josée Néron se présente comme celle qui veut assurer la relance économique de la Ville pour la prochaine année et les années subséquentes, Michel Potvin, qui a récemment claqué la porte du parti de la mairesse, l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), a insisté sur le fait que le statu quo ne peut être maintenu.

On ne pourra pas garder le même pattern et il faudra faire des choix. Je ne ferai pas l’énumération de ces choix ce matin, je le ferai en campagne électorale, a déclaré le président du comité des finances. Il a toutefois refusé de clarifier ses intentions concernant la course à la mairie et a indiqué qu’il fera part de sa décision en janvier.

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