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Épuisée, une éducatrice en garderie lance un cri de cœur

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Des enfants jouent avec des blocs en mousse.

Épuisée, une éducatrice en garderie lance un cri de cœur.

Photo : iStock

Radio-Canada

Charlene Jaillet est éducatrice depuis une vingtaine d’années à la garderie ABC de Moncton. Lorsqu’elle a appris que le ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, allait possiblement prolonger le congé scolaire des fêtes, elle a décidé de lui écrire une lettre.

Tout comme pour les enseignants en milieu scolaire, l’épuisement se fait sentir pour les éducatrices des garderies. Le travail de celles-ci a énormément changé depuis le début de la pandémie.

Les longues heures, le personnel réduit, et la désinfection chaque jour de tous les jouets touchés par les enfants sans pouvoir compter sur des concierges ne sont que quelques exemples.

Les éducatrices sont finies. En plus elles doivent continuer à veiller au développement de l'enfant, a confié au microphone de l’émission La matinale, jeudi matin

Saviez-vous qu’un éducateur de garderie doit travailler 10 heures par jour, car il est impossible de mélanger des bulles d’enfants ?, a écrit Charlene Jaillet dans sa lettre adressée au ministre.

Quand ils ont annoncé que, possiblement le congé de Noël allait être allongé d’une semaine, ça a comme pété la fuse, j’ai capoté.

Charlene Jaillet, éducatrice à la garderie ABC de Moncton

Le prolongement du congé scolaire d’hiver serait synonyme de plus de travail pour les éducatrices en garderies.

Ça veut dire que les éducatrices vont avoir zéro pause. […] C’est légal cela? demande Mme Jaillet.

Des conditions de travail difficiles

Les conditions de travail ne sont pas idéales en garderies, selon Charlene Jaillet.

Plusieurs modifications ont été apportées aux groupes en raison des nouvelles règles sanitaires provinciales. Les éducatrices doivent toutefois continuer de veiller au développement de l’enfant, de suivre le curriculum et de faire toutes les tâches demandées avant la pandémie.

Tout de suite, en zone orange, les parents ne peuvent même pas rentrer dans la garderie. On a besoin d’aller chercher les enfants dehors, raconte Charlene Jaillet. On arrache des enfants de deux ans qui pleurent dans les bras des parents, on les apporte dans la classe, mais on a quand même les autres enfants à surveiller.

Charlene Jaillet, une éducatrice de garderie de Moncton au Nouveau-Brunswick. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Charlene Jaillet indique que le trois quarts de son personnel est épuisé et que les congés de maladie sont devenus la norme, mais qu'il n'y a personne pour remplacer.

Photo : Charline Jaillet

Selon Charlene Jaillet, la pénurie d’enseignants dans les écoles amène aussi une pénurie de personnel dans les garderies. Les postes à l’école sont mieux rémunérés et le nombre d'heures à travailler est moindre; une offre attirante pour les éducatrices.

La raison pour laquelle je suis encore en garderie, c’est que j’adore les enfants […] Mais… ce serait bien plus simple d’aller à l’école, ils travaillent 30 heures par semaine à peut-être 10 $ de plus que nous autres.

En attente d’une réponse

Charlene Jaillet dit avoir décidé de lancer son cri de cœur, car elle ressent que les employés des garderies ne sont pas assez présents et pris en considération dans le discours public.

Jeudi matin, l’éducatrice disait avoir espoir que le ministre Dominic Cardy répondra à sa lettre. Quelques heures plus tard, Radio-Canada Acadie apprenait que le congé de la période des Fêtes ne sera pas prolongé.

La lettre de Mme Jaillet a été partagée dans un groupe en ligne pour les éducatrices de la province. Elle a reçu un grand nombre de réponses de la part de ses collègues.

Son message est aussi devenu viral sur Facebook. Je ne m’attendais jamais à voir autant de partages de cette lettre, indique Charlene Jaillet.

L’éducatrice affirme que 95 % des parents de sa garderie soutiennent sa démarche.

Jeudi après-midi, le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, avait convié les éducatrices à une rencontre virtuelle.

Nadia Boudreau en est sortie déçue. Elle espérait qu'une aide financière supplémentaire soit annoncée. Vraiment, qu'est-ce qu'on aimerait, là, c'est que le gouvernement nous souligne, mais par des gestes, pas juste le dire: ah! vous êtes devenus essentiels.

Le ministre Cardy est plutôt revenu sur les augmentations de salaire de 0,75 $ de l'heure auxquelles ils auront droit en avril prochain. On va créer une ligne pour soutenir les éducateurs et éducatrices, a affirmé le ministre dans une entrevue au Téléjournal Acadie.

On continue d'appuyer le secteur fortement avec, c'est important de le mentionner, l'appui du gouvernement fédéral.

Avec les informations de l’émission La matinale et du reportage de Marie-Ève Brassard

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