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Affaire Joyce Echaquan : le PDG du CISSS de Lanaudière perd son poste

L'entrée principale de l'hôpital de Joliette, devant laquelle se trouve un stationnement. Un drapeau du Québec flotte au-dessus du stationnement.

Le centre hospitalier régional de Lanaudière, à Joliette, est la cible de critiques depuis la mort de Joyce Echaquan.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a annoncé mercredi la nomination d'une nouvelle PDG au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière. Il s'agit de Caroline Barbir, qui remplacera Daniel Castonguay, dont les déclarations dans l'affaire Joyce Echaquan ont été vivement critiquées.

Cette nomination s'inscrit donc dans le sillage de ce drame qui a secoué le Québec le 28 septembre dernier. Une Atikamekw de 37 ans est décédée de façon troublante, sous des insultes racistes du personnel, à l'hôpital de Joliette. Peu de temps avant sa mort, cette mère de sept enfants avait filmé et diffusé en direct ses appels à l'aide.

Pour tenter de faire la lumière sur ce tragique événement, Québec a alors nommé Lise Verreault comme observatrice ministérielle au CISSS de Lanaudière, à la mi-novembre.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, l'observatrice a constaté que le lien de confiance avec la communauté atikamekw avait été brisé. Bien que le gouvernement ne doute pas des compétences de Daniel Castonguay, il n'était plus à sa place, a fait savoir une source proche du dossier.

Un pas dans la bonne direction

En entrevue à Tout un matin, le grand chef du Conseil de la Nation atikamekw, Constant Awashish, a fait savoir qu’effectivement, le congédiement de Daniel Castonguay faisait partie des demandes de la communauté de Manawan, où habitait Joyce Echaquan.

Cette demande avait été relayée par M. Awashish au ministre de la Santé, Christian Dubé, au ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, et au premier ministre François Legault lors d’une rencontre avec lui après la tragédie.

Le grand chef considère donc que ce licenciement va dans le bon sens, mais revient sur la notion de racisme systémique, qui est niée par Québec. Il pense que Daniel Castonguay a été lui aussi en quelque sorte une victime du système. Je ne pense pas qu’il soit nécessairement raciste personnellement, dit-il.

Le grand chef attend maintenant de la nouvelle PDG Caroline Barbir qu’elle prenne rendez-vous avec le chef de Manawan, Paul-Émile Ottawa, et qu'elle démontre qu’elle a un plan concret pour faire changer les choses, notamment par l’entremise d’un programme de formation du personnel, à l’élaboration duquel, croit-il, la communauté de Manawan devrait participer.

Des propos controversés

Après la mort de Joyce Echaquan, l’ex-PDG du CISSS de Lanaudière avait affirmé être consterné par les faits. Mais il avait aussi prétendu ignorer les problèmes de mauvais traitements et de propos racistes envers les membres de la communauté de Manawan dans les services publics au Québec, plus précisément à l’hôpital de Joliette.

Or, les plaintes sont nombreuses et connues depuis des années, contrairement à ce qu’a laissé entendre M. Castonguay. Des témoignages faisant état de l’insatisfaction généralisée des Atikamekw à l'encontre de l'hôpital de Joliette ont notamment été entendus lors de la commission Viens.

Questionné sur ce point, l'ex-PDG avait alors assuré qu’une employée du CISSS chargée de lui rapporter ce qui s’était dit à la commission Viens ne l’avait pas fait. Ce que l’employée en question s'était empressée de démentir, soutenant que Daniel Castonguay était bien au fait des griefs des Autochtones.

Plusieurs voix se sont alors élevées pour dénoncer les déclarations de M. Castonguay, dont celle de Sébastien Brodeur-Girard, qui a agi en tant que juriste et codirecteur de l’équipe de recherche aux travaux de la commission Viens, affirmant que le PDG du CISSS ne pouvait ignorer le problème.

Je ne peux pas croire que le PDG d’un CISSS n’ait pas regardé les audiences de sa représentante qui était appelée à témoigner devant une commission d’enquête publique au nom de l’établissement, avait-il dénoncé lors d'une entrevue à Radio-Canada. Selon lui, le PDG a tenté de minimiser les choses. Visiblement, il semble avoir – et je pense que les mots ne sont pas trop forts – menti par rapport à cette absence de connaissance des enjeux.

Le premier ministre François Legault s'était lui-même dit agacé par les déclarations de Daniel Castonguay.
On va aller fouiller complètement le dossier, avait-il assuré en conférence de presse à la fin octobre, alors qu’on le questionnait pour savoir s’il jugeait que M. Castonguay était toujours l’homme de la situation à la direction du CISSS de Lanaudière.

Dans la tourmente, Sylvie D’amours a d'ailleurs perdu son titre de ministre responsable des Affaires autochtones, le 9 octobre. Elle a été remplacée par Ian Lafrenière.

Au front contre la COVID-19

Caroline Barbir, qui a été directrice générale de plusieurs établissements, dont le Centre hospitalier régional de Lanaudière et le Centre de santé et de services sociaux Pierre-Boucher, entrera en fonction le 3 décembre.

La feuille de route de Mme Barbir témoigne de sa grande expérience à titre de gestionnaire de haut niveau dans le domaine de la santé et des services sociaux. Je suis persuadé qu’avec sa connaissance approfondie des enjeux de notre réseau, son leadership éprouvé ainsi que ses qualités interpersonnelles, elle saura notamment rétablir la confiance avec les communautés autochtones.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Daniel Castonguay a été appelé à prêter main-forte aux équipes ministérielles pour différents mandats stratégiques liés à la pandémie. Il se greffera notamment en tant que contractuel à l'équipe du sous-ministre adjoint Jérôme Gagnon pour la campagne de vaccination contre la COVID-19.

Avec des informations de Sébastien Bovet

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