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Eau potable : des chefs autochtones continuent d'exiger un soutien à long terme d'Ottawa

Une main tient un verre et le remplit d'eau du robinet.

Plusieurs communautés autochtones n'ont toujours pas accès à l'eau potable du robinet.

Photo : Autre banques d'images / Guy R. Leblanc

Radio-Canada

Des leaders autochtones ontariens disent bien accueillir la nouvelle enveloppe de plus de 1,5 milliard promise par Ottawa pour enrayer les avis d'ébullition d’eau à long terme dans les communautés autochtones. Ils réclament tout de même qu’Ottawa s’engage à « accroître et maintenir » son appui financier avec le temps pour s’assurer que de tels avis ne ressurgissent pas même après avoir été levés.

Mercredi, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a reconnu que le gouvernement de Justin Trudeau ne réussirait pas à éliminer les 59 avis d'ébullition d’eau à long terme qui sont toujours en vigueur dans les réserves autochtones du pays d’ici mars 2021, comme il l’avait promis en 2015.

L’échéance était ambitieuse dès le départ, a-t-il indiqué en conférence de presse.

La déclaration a profondément déçu, mais n’a pas surpris la chef ontarienne de l’Assemblée des Premières Nations, Roseanne Archibald.

À mesure qu’on s’approchait de cette échéance, [...] nous étions très conscients qu’elle ne serait pas réaliste, note-t-elle.

Une femme autochtone debout devant les personnes qui l'ont élue

RoseAnne Archibald est la chef régionale de l'Assemblée des Premières Nations.

Photo : Laura Barrios

En ce moment, il y a 59 avis d'ébullition d’eau à long terme dans 41 communautés autochtones et les trois quarts des avis se trouvent en Ontario.

Le gouvernement fédéral s’engage à déployer 1,5 milliard de dollars pour terminer les travaux nécessaires. De cette enveloppe, plus de 616,3 millions de dollars serviront, sur six ans, à accroître le soutien au fonctionnement et à l’entretien de l’infrastructure d’approvisionnement en eau potable et de traitement des eaux usées dans les réserves.

Roseanne Archibald dit bien accueillir cet investissement, qui aurait dû être fourni depuis longtemps, souligne-t-elle.

L’une des raisons principales pour lesquelles nous avons des avis d'ébullition d’eau est que les usines de traitement d’eau ne sont pas entretenues convenablement et les gens n’ont pas la formation nécessaire, explique la chef autochtone.

Ce nouvel investissement permettra de régler cet aspect-là des avis d’ébullition d’eau, mais la réalité, c’est qu’à long terme, on a vraiment besoin d’une augmentation et d’un maintien du financement pour les infrastructures afin de garder les avis d’ébullition d’eau à zéro si jamais nous y arrivons, quand nous y arriverons.

Roseanne Archibald, chef régionale ontarienne de l’Assemblée des Premières Nations

Le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler, rappelle aussi que le financement de l’entretien des usines de traitement des eaux est une demande de longue date des communautés qu’il représente, où on recense 14 avis d'ébullition d'eau à long terme.

Alvin Fiddler à son bureau.

Le grand chef de la nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

On ne peut pas simplement construire une usine à North Caribou Lake ou à Neskantaga et partir. Il faut s’assurer qu’il y ait des soutiens adéquats ou une capacité au sein des communautés pour qu’elles soient capables de gérer ces systèmes convenablement, fait-il savoir.

J’espère que dorénavant, le travail sera fait de manière collaborative pour s’assurer que les besoins des communautés soient intégrés et reflétés dans les politiques, que les structures de financement, par exemple, correspondent réellement aux besoins des communautés à long terme.

Alvin Fiddler, grand chef de la Nation Nishnawbe Aski

Pas de nouvelle échéance pour l’instant

Pour justifier la promesse non tenue, le ministre Miller a montré du doigt la pandémie, qui a provoqué la perte d’une saison de construction, mais il a également souligné que certaines des communautés visées par les avis d'ébullition à long terme ont des priorités qu’elles veulent aborder avant de lever les avis d’ébullition d’eau.

Notre engagement, aujourd’hui, est de travailler avec elles pour nous assurer qu’elles aient accès à de l’eau potable de manière fiable.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones
Marc Miller s'adresse aux médias.

Marc Miller est le ministre des Services aux Autochtones.

Photo : Radio-Canada

Appelé à expliquer pourquoi il n’avait pas fixé de nouvelle échéance pour mieux garder son imputabilité, le ministre Miller a indiqué que le gouvernement demeurait conscient de l’urgence de la situation.

Marc Miller pense que 20 avis d’ébullition d’eau pourraient être levés d’ici la fin de l’année et qu’une douzaine d’autres s’étendront au-delà du printemps prochain.

J’espère être en mesure de fournir aux communautés autochtones et aux Canadiens une mise à jour sur les dates prévues d’achèvement des travaux pour ces communautés en particulier, estime le ministre.

Depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux en 2015, 97 avis d’ébullition à long terme ont été levés dans des communautés autochtones, selon Services aux Autochtones Canada.

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