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La vaccination, de la grippe H1N1 à la COVID-19

Il y a 11 ans, le Canada entreprenait une campagne de vaccination massive, mais ratait sa cible.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une jeune femme, sa petite fille d'environ 4 ans sur ses genoux, reçoit le vaccin administré par une infirmière.

La vaccination contre le H1N1 en octobre 2009 (archives).

Photo : Reuters / Fred Thornhill

Radio-Canada

Si tout se passe bien, les Canadiens pourront dans quelques semaines être vaccinés contre la COVID-19.

La maladie pulmonaire causée par le coronavirus SARS-CoV-2 a contribué à la mort de plus de 12 000 personnes au pays. Le gouvernement fédéral ambitionne de vacciner au moins 3 millions de personnes entre janvier et mars 2021. Le Nouveau-Brunswick souhaite vacciner 70 000 personnes durant la même période.

Si on prévoit déjà la plus importante campagne de vaccination de l’histoire du pays, il faut remonter à moins d’une douzaine d’années pour assister à une opération d’une envergure qui s’en approche.

Une infirmière s'apprête à vacciner quelqu'un, qui est de dos.

Suzanne Brewer, une infirmière de la santé publique au Nouveau-Brunswick, administre un vaccin contre la grippe A (H1N1) le 26 octobre 2009 à l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers, à Fredericton.

Photo : La Presse canadienne / David Smith

En 2009, le pays entreprenait l’immunisation contre la grippe A (H1N1). Les sondages d’opinion indiquaient que les deux tiers des Canadiens doutaient, dans les premiers mois de cette pandémie, de l’utilité de se faire vacciner contre ce qui était au départ appelé grippe porcine.

Le 26 octobre 2009, les cliniques de vaccination contre le H1N1 ouvrent au Nouveau-Brunswick.

Le soir même, Evan Frustaglio, un adolescent ontarien de 13 ans que l’on disait jusque-là en parfaite santé, meurt de cette grippe, selon la santé publique de Toronto et le bureau du coroner. Cela contribua à faire changer d’avis une partie de la population au sujet des risques associés au H1N1.

Les parents très émus s'approchent du corbillard lors de la procession funéraire.

Anne Marie et Paul Frustaglio le 2 novembre 2009 à Toronto lors des funérailles de leur fils Evan Frustaglio, emporté à 13 ans par la grippe A (H1N1).

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Au Nouveau-Brunswick, le vaccin contre le H1N1 devait être administré aux groupes jugés prioritaires ou vulnérables, comme les enfants, les habitants des communautés autochtones et les travailleurs de la santé.

Une infirmière prépare une dose du vaccin.

Christine Melanson, une infirmière praticienne, prépare une dose du vaccin contre la grippe A (H1N1) le 26 octobre 2009 à Fredericton au Nouveau-Brunswick.

Photo : La Presse canadienne / David Smith

Mais plusieurs individus ne faisant pas partie de ces groupes s’étaient quand même rués vers les cliniques pour le vaccin, causant par endroits d’importantes files d’attente.

Des gens font la file dehors.

Des gens font la file pour être vaccinés contre la grippe A (H1N1) en octobre 2009 au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Cet empressement n’a toutefois pas été partagé par tout le monde au Canada. Après deux mois de campagne, seulement 40 % des Canadiens avaient reçu le vaccin, soit environ 14 millions de personnes, mais bien loin de la cible de 70 % d’immunisation que visait le gouvernement Harper.

Certains groupes étaient moins enclins que d’autres à vouloir le vaccin. Moins du tiers des hommes du Nouveau-Brunswick, par exemple, l’ont reçu.

Un homme est assis et reçoit dans son bras gauche le vaccin administré par l'infirmière.

Suzanne Brewer, une infirmière de la santé publique au Nouveau-Brunswick, administre à Karl Stewart, un travailleur de la santé, le vaccin contre la grippe A (H1N1) le 26 octobre 2009 à l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers, à Fredericton.

Photo : La Presse canadienne / David Smith

Les provinces de l’Atlantique ont quand même fait meilleure figure que la moyenne nationale.

À Terre-Neuve-et-Labrador, 66 % de la population avait été vaccinée, 62 % au Nouveau-Brunswick, 60 % en Nouvelle-Écosse et 53 % à l’Île-du-Prince-Édouard.

Robert Strang et un drapeau de la Nouvelle-Écosse derrière lui.

Le docteur Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, confirme lors d'une conférence de presse le 21 octobre 2009 à Halifax que la province a reçu une première livraison de 52 000 doses du vaccin contre la grippe A (H1N1).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

De 428 morts à plus de 12 000

D'avril 2009 à avril 2010, la grippe A (H1N1) a fait 428 morts au Canada, dont 18 à Terre-Neuve-et-Labrador, 8 au Nouveau-Brunswick et 7 en Nouvelle-Écosse. Plus de 8000 personnes au pays avaient été hospitalisées. 

Les personnes à risque n'étaient cependant pas les mêmes que pour une grippe saisonnière. Le virus H1N1 s'attaquait davantage aux jeunes. Un tiers des morts avaient ainsi moins de 45 ans, alors que pour la grippe saisonnière, 90 % des victimes ont plus de 65 ans.

En date du 1er décembre 2020, plus de 387 000 Canadiens ont été infectés par le SRAS-Cov-2, le virus qui cause la COVID-19 et a été associé à au moins 12 300 décès. En Atlantique, on déplore jusqu'ici la mort de 65 personnes en Nouvelle-Écosse, 7 au Nouveau-Brunswick et 4 à Terre-Neuve-et-Labrador.

D’après le reportage de Marie-Ève Brassard

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