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Vaccination contre la COVID-19 : le « oui, mais » des Manitobains

Une personne tient un contenant en plastique où se trouve un vaccin.

66 % des Manitobains et Saskatchewanais se disent favorables à se faire inoculer le vaccin contre la COVID-19.

Photo : afp via getty images / Daniel Mihailescu

Radio-Canada

Se faire vacciner? Oui, mais avec une bonne dose de précaution. Voici comment les résidents du Manitoba et de la Saskatchewan perçoivent le vaccin contre la COVID-19, selon une enquête Ipsos commandée par Radio-Canada.

Je n’ai pas de conditions de santé particulières, qui me mettent en danger… Mais j'ai 70 ans alors, le risque est là.

Juliette Casson assure qu’elle n’hésitera pas un instant à se faire vacciner, quand cela sera possible, et une fois que les travailleurs de la santé l’auront été.

Cette dernière fait partie des 66 % de Manitobains et Saskatchewanais favorables au vaccin contre la COVID-19. Mais cette approbation ne vient pas sans condition. Il faudra d’abord que Santé Canada approuve un des vaccins toujours en développement.

Des questions en suspens

D’autres répondants indiquent en revanche qu’ils ne se précipiteront pas sur les premières doses.

D'après le sondage, 18 % des résidents des deux provinces des Prairies ne savent pas s'ils se feront vacciner.

Éric Kennedy, professeur assistant en gestion d'urgences à l’Université York, mène une enquête sur la perception des Canadiens sur la pandémie pour le compte du Conseil de recherches en Sciences humaines. Il estime que le sondage démontre une certaine confiance dans les autorités et les institutions du pays. Mais, selon lui, il reste encore de nombreuses questions en suspens.

Les gens se posent de bonnes et d'importantes questions sur la façon dont on peut garantir leur sécurité et que cela se base sur des conseils crédibles. Ils veulent en savoir plus sur l'efficacité des vaccins, souligne-t-il.

Réactions naturelles

Pour le Dr Philippe Lagacé-Wiens, microbiologiste médical à l’Hôpital Saint-Boniface, ces réactions face au vaccin sont naturelles. Selon lui, il y a toujours 3 groupes de personnes dans cette situation.

Il y a le groupe qui veut se faire vacciner immédiatement, qui a confiance dans le vaccin et dans la science. Il y a le groupe d'indécis, qui va peut-être attendre un peu et qui va ensuite se faire convaincre par ses proches. Et enfin il y a un groupe qui est vraiment résistant à la vaccination, détaille-t-il.

Le but de l’expert sera de travailler avec les personnes qui forment ce dernier groupe. Pour le Dr Lagacé-Wiens, la non-vaccination présente un risque pour une immunisation rapide de la population et un ralentissement de la propagation du virus.

Selon les résultats du sondage, 16 % des répondants au Manitoba et en Saskatchewan ne sont pas favorables à la vaccination.

Ghislaine Boga ne se sent pas rassurée par rapport aux possibles effets secondaires du vaccin. Je ne pense pas que je voudrais le prendre volontairement si le gouvernement disait que c'était optionnel, explique cette mère de quatre enfants.

Sur la question de la vaccination obligatoire, le sondage révèle que 57 % des répondants sont d’accord avec cette pratique, alors que 34 % s'y opposent.

Pour le professeur associé à l’Université de York, la vaccination onligatoire pourrait être contre-productive.

Ce dernier rappelle d’ailleurs : Nous ne pouvons pas prédire le futur avec ces sondages. Ce que les gens pensent maintenant peut être différent de ce qu’ils feront plus tard.

Faut-il regarder dans le passé pour dessiner une tendance?

La grippe, un exemple?

Au plus fort de la crise du H1N1, plus de 10 000 Manitobains se faisaient vacciner par jour.

Le Dr Lagacé-Wiens pense qu'un tel nombre pourrait être atteint pour la vaccination contre la COVID-19.

Une fois que le vaccin sera disponible de façon plus globale, on verra certainement des nombres comme ça, avance-t-il.

Avec les informations de Julien Sahuquillo et Abdoulaye Cissoko

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Méthodologie

Le sondage d’Ipsos a été mené sur le web, du 20 au 25 novembre 2020.

Un échantillon de 3001 Canadiens âgés de 18 ans et plus a été sondé à travers le pays. Des suréchantillonnages ont été réalisés en Ontario, au Québec, en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et dans les provinces de l’Atlantique.

Afin que l’échantillonnage soit représentatif de l’ensemble de la population canadienne, une pondération a été appliquée en fonction de l’âge, du sexe, de la région et du niveau d’éducation des participants.

Les résultats sont précis à plus ou moins 2,0 points de pourcentage (19 fois sur 20) de ce qu’ils auraient été si tous les Canadiens avaient pris part au sondage.

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