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« Il faut de l’aide » : le CIUSSS manque d'infirmières pour les RPA

Une infirmière portant un équipement médical de protection entre dans la chambre d'une patiente dans un établissement de soins pour personnes âgées à Seattle le 17 avril 2020.

En date du 1er décembre, 99 ressources de la Capitale-Nationale prêtent main-forte dans des RPA en éclosion.

Photo : Associated Press / Ted S. Warren

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale affirme qu’il manque tout près de 100 infirmières pour répondre aux besoins des résidences privées pour aînés (RPA) en situation d’éclosion.

Mercredi en conférence de presse, Christian Dubé rappelait que les RPA n’ont pas les ressources nécessaires pour offrir des soins lorsque survient une éclosion de cas de COVID-19. À Québec, 56 % des milieux de vie en éclosion sont des RPA.

Il va falloir de l’aide. Notre personnel est extrêmement dédié. On y arrive en utilisant le temps supplémentaire et en faisait de la réorganisation du travail, mais il y a des limites, fait valoir Christian de Beaumont, coordonnateur à la direction des ressources humaines du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

En date de mardi, ce sont 99 infirmières ou infirmières auxiliaires qui sont envoyées en renfort dans les RPA ou dans les centres désignés de convalescence. De ce nombre, la majorité des ressources proviennent du CIUSSS.

Il nous faut des ressources additionnelles d’ici la fin de semaine, soutient M. de Beaumont. Sans quoi, il faudra procéder à d’autres délestages d’activités, mais ce sont toujours des questions difficiles.

Au cours des deux prochaines semaines, le CIUSSS prévoit un manque à gagner de 96 infirmières qui seront nécessaires semaines pour répondre aux besoins des RPA.

La façade du Manoir Sully. On y voit une entrée, ainsi que de nombreux balcons, sur quatre étages.

La résidence Manoir Sully est l'une des récentes éclosions déclarées dans des RPA de Québec.

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

De son côté, le CHU de Québec-Université Laval mentionne que cinq infirmières font partie des équipes en renfort dans les milieux de vie et centre de convalescence.

À l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, on confirme que huit personnes volontaires, incluant des infirmières, des infirmières auxiliaires et des préposés, prêtent main-forte dans des RPA. Ce nombre pourrait augmenter, écrit le porte-parole Joël Clément.

Les trois partenaires de la région de Québec disent être en communication constante pour trouver une solution.

Aide du CIUSSS dans les RPA

Dès qu’une éclosion est confirmée, une équipe d’une douzaine de personnes du CIUSSS est déployée dans le milieu, incluant des experts en prévention et contrôle des infections, en soins cliniques, en hygiène et en logistique. Le CIUSSS accompagne les RPA jusqu’à la levée de l’éclosion et se retire de façon progressive. 

Puisque les employés des RPA sont aussi souvent touchés par la COVID-19, le CIUSSS peut venir en aide en ce sens-là, également.

source : CIUSSS de la Capitale-Nationale

On n’a pas de marge de manoeuvre

En cognant à la porte du CHU de Québec, force est de constater que le manque de main-d’oeuvre est déjà palpable, selon la présidente-directrice adjointe.

On est à moins 400 quand on pense à nos besoins d'infirmière. C’était comme ça avant la pandémie et ça s’est détérioré. On n’a pas de marge de manoeuvre, affirme Lucie Grenier.

Elle explique que le CHU tente d’aider au maximum, mais que la pression est déjà très élevée au sein des équipes soignantes des principaux hôpitaux de Québec. Il ne faut pas oublier qu’on est une unité dédiée COVID à l’Enfant-Jésus. Il faut qu’on arrive à trouver un équilibre entre les besoins de la population en générale, et les besoins COVID, si on ne veut pas placer plus de gens sur les listes d’attente.

Plan rapproché de Lucie Grenier, debout, à l'extérieur, le jour, l'hiver

Lucie Grenier du CHU de Québec

Photo : Radio-Canada

Si on doit prêter main-forte à tout prix, ce sera un choix qu'on fera comme société. Ça veut dire qu’on ne pourra pas accueillir autant de patients COVID. Qu’il y aura des bris de service.

Lucie Grenier

Au Regroupement québécois des résidences pour aînés, le président-directeur général rappelle que l’enjeu de la main-d'oeuvre ne date pas d’hier. Ça fait trois ans qu’on le dit. Et avec la pandémie, on l’a vu encore plus. Les RPA font affaire avec les agences de placement, mais tout le monde puise au même endroit, explique Yves Desjardins.

Mardi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a néanmoins laissé entendre qu'une partie de la solution est entre les mains des responsables des RPA. Les propriétaires demandent à l'établissement aux CISSS et CIUSSS d'envoyer du personnel infirmier dans une situation où la responsabilité relève des propriétaires et non du ministère, a-t-il affirmé.

Avec la collaboration de Pierre-Alexandre Bolduc

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