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Faible notoriété de GNL Québec : l'échec des campagnes négatives, selon l'entreprise

Deux hommes et une femme regardent une carte illustrant l'usine Énergie Saguenay.

Des employés de GNL Québec observent la carte de l'usine Énergie Saguenay.

Photo : Radio-Canada

L'entreprise GNL Québec estime que les campagnes menées par des opposants au projet Énergie Saguenay n'ont pas porté leurs fruits.

Un sondage Léger commandé par des groupes environnementaux, dont les résultats ont été publiés mercredi, indique que seulement 31 % des Québécois ont entendu parler du projet de GNL Québec au cours des derniers mois.

De l'avis du sondeur, ceci prouve que l’actualité est accaparée par la COVID-19. Le promoteur est plutôt d'avis que les résultats témoignent du fait que les campagnes déployées par des groupes qui s'opposent au projet n'ont tout simplement pas eu l'impact désiré.

Le sondage démontre que 34 % des Québécois sont favorables au projet, contre 46 % qui sont opposés. Toujours selon le coup de sonde, commandé par Nature Québec, Greenpeace et Équiterre, 21 % des répondants ont indiqué qu’ils ne savaient pas ou qu’ils refusaient de répondre.

La question portant sur l’appui au projet expliquait aux répondants que le projet GNL Québec/Gazoduq est un projet d’exportation de gaz de l’Ouest canadien qui serait transporté par un pipeline en traversant le Québec de l’Abitibi jusqu’au Saguenay, puis acheminé outre-mer par des navires, qui passeraient sur le fjord du Saguenay et sur le fleuve Saint-Laurent.

Une année dominée par la COVID

Le vice-président exécutif de la firme de sondage, Christian Bourque, estime que les informations liées à la COVID-19 prennent toute la place dans l’intérêt du public.

Ce que ça nous dit, c’est que dans une année qui est totalement dominée par la COVID, sinon par l’élection américaine, il n’y a comme plus de place pour d’autres thématiques dans les nouvelles, ou il y a peu d’autres choses à l’extérieur de la COVID qui ont attiré l’attention du public québécois, a-t-il mentionné en entrevue à l'émission C'est jamais pareil, mercredi matin.

Christian Bourque au micro de Stéphan Bureau.

Christian Bourque est vice-président exécutif chez Léger.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Pour Stéphanie Fortin, directrice principale aux affaires publiques et relations avec les communautés de GNL Québec, la faible notoriété du projet de liquéfaction de gaz naturel dans la province signifie que les groupes militants n'ont pas atteint leur objectif.

Stéphanie Fortin base son analyse sur des sondages internes réalisés pour l'entreprise.

La notoriété du projet de GNL Québec était à 24 % avant qu'il y ait toute cette série-là d'actions systématiques des groupes dirigés contre le projet. On était à 24 % de notoriété à l'extérieur de la région et là on est à 30 %. Il y a quand même un constat-là, c'est que les gens ne se préoccupent pas beaucoup du projet à l'extérieur de la région.

Stéphanie Fortin, porte-parole, GNL Québec

L’entreprise est sortie du mutisme médiatique qu’elle s’imposait depuis le début des audiences du BAPE sur GNL Québec, par respect pour le processus d'analyse en cours. Le rapport de la commission, dirigée par Denis Bergeron, doit être soumis au ministre de l’Environnement, Benoit Charette, au plus tard le 13 janvier. C'est le Conseil des ministres qui statuera sur l'avenir du projet.

Un sondage réalisé par Segma pour GNL Québec avant le début des audiences du BAPE cet automne témoignait d'un appui à 85 % de la part des résidents du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Plus précisément, 52 % s'étaient dits favorables à la réalisation du projet et 32 %, potentiellement favorables, mais à certaines conditions.

La directrice principale des Affaires publiques de GNL Québec, Stéphanie Fortin

La directrice principale des Affaires publiques de GNL Québec, Stéphanie Fortin, répondait aux questions posées par les participants aux audiences du BAPE.

Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay

Hausse des appuis, croit GNL Sag-Lac

Le porte-parole du groupe GNL Sag-Lac, Yvon Laprise, estime que le sondage Léger démontre une hausse des appuis à l'égard du projet au Québec.

Bonne nouvelle, le soutien au projet fait un bond de 11 % au Québec [...]. Il s'agit d'une nette progression par rapport à l'an dernier. Le sondage SOM de l'automne 2019 montrait un appui de 23 %, a-t-il fait savoir par voie de communiqué. Selon Yvon Laprise, le groupe Facebook GNL Sag-Lac compte 37 000 membres.

L'analyse de la Coalition Fjord va dans le sens contraire.

La Coalition Fjord n’est pas surprise de ces résultats qui reflètent la mobilisation pan-québécoise contre le projet. Notre pétition, signée à ce jour par plus de 97 000 personnes à travers le Québec, démontre aussi fortement la non-acceptabilité sociale du projet , a souligné, lui aussi par voie de communiqué, Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de la Coalition Fjord.

Un projet comme les autres, dit Fitzgibbon

Le sondage sur Énergie Saguenay a fait l'objet de discussions à l'Assemblée nationale, mercredi. La députée de Québec solidaire dans Mercier, Ruba Ghazal, a questionné le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, au sujet du projet. Elle lui a demandé pourquoi le gouvernement continue d'accorder sa confiance à GNL Québec, alors que selon elle, il n’y a pas d’acceptabilité sociale.

Depuis deux mois, j’ai passé zéro temps sur GNL Québec. C’est un projet comme les autres. Si le projet a l’accord du BAPE, si le projet, des gens voudraient le faire un jour, on le regardera. Pour l’instant, le gouvernement a mis zéro sous dans le projet et il ne fait aucun effort présentement, a répondu le ministre.

Lors d’une visite dans la région à la mi-septembre, Pierre Fitzgibbon avait invité les personnes qui sont pour le projet à se manifester. Ceci avait été interprété comme une prise de position par certains opposants au projet.

Six personnes à une table.

Le premier ministre François Legault avait rencontré l'équipe de GNL Québec composée du président du conseil d'administration, Jim Illich, du président, Pat Fiore, et de la directrice des affaires publiques, Stéphanie Fortin.

Photo : Tirée du compte Twitter de François Legault

En janvier, le premier ministre du Québec, François Legault,avait rencontré les promoteurs, dont le président du conseil d’administration, Jim Illich, et avait vanté Énergie Saguenay dans un gazouillis publié sur Twitter.

Récemment, les présidents des deux entités à l'origine du projet, GNL Québec pour l'usine et Gazoduq pour la conduite de gaz naturel, ont quitté leurs fonctions pour devenir de simples consultants.

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