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Bien vieillir au Québec, un combat appelé à devenir plus difficile

Un homme âgé seul regarde depuis une fenêtre vers l'extérieur.

Plusieurs facteurs vont influencer la qualité de vie des aînés, notamment les inégalités présentes durant la vie active d'une personne, indique le rapport.

Photo : Radio-Canada

Plus du quart de la population du Québec pourrait avoir 65 ans et plus en 2050, indique le plus récent rapport de l'Observatoire québécois des inégalités, qui évoque l'exacerbation de problèmes déjà vécus par les aînés.

Le document en question, intitulé Bien vieillir au Québec – Portrait des inégalités entre générations et entre personnes aînées, est présenté comme un premier grand portrait du vieillissement au Québec et de ses enjeux par ses auteurs.

On y mentionne d'abord que la proportion de personnes âgées continuera de croître lentement au Québec; si, en 2020, un Québécois sur cinq (20 %) a 65 ans et plus, cette proportion devrait passer à 27 % en 2050.

Au total, 2,6 millions de Québécois auront dépassé l'âge de la retraite au milieu du siècle, comparativement à 1,7 million en ce moment.

Ce faisant, le Québec se retrouverait en quatrième position du palmarès des Nations unies des endroits de la planète ayant la plus grande proportion de personnes âgées, derrière le Japon (38 %), l'Italie (36 %) et la France (28 %). Si les données du Québec sont intégrées dans celles de l'ensemble du Canada, le pays compterait 25 % d'aînés en 2050, à égalité avec le Royaume-Uni et la Suède.

Sans grande surprise, les personnes âgées sont actuellement plus nombreuses dans les régions où la densité de population est plus importante, et où les services sont généralement mieux adaptés aux populations vieillissantes.

Ainsi, en 2019, Montréal accueillait 21 % des aînés, contre 19 % en Montérégie et 10 % dans la région de la Capitale-Nationale.

Pourtant, précise bien l'un des deux chercheurs responsables de la rédaction du rapport, Elmer Van Der Vlugt, les aînés ne forment pas un bloc monolithique, loin de là.

Ce qui devient très apparent, c'est que les personnes âgées [...] ont une réalité très différente les unes des autres, mentionne-t-il au bout du fil.

Des inégalités qui coûtent cher

L'un des aspects importants du rapport, note le chercheur, est cet impact des inégalités, à l'âge adulte, sur les conditions de vie une fois passé le seuil des 65 ans. Par exemple, si le revenu est plus faible durant la carrière, cette personne recevra moins de prestations par la suite, et disposera de moins d'appuis financiers.

La question du revenu aurait aussi un grand impact sur la santé des aînés, poursuit M. Van Der Vlugt. De fait, les statistiques sont frappantes : Chez les 20 % de personnes ayant les plus faibles revenus, l'espérance de vie est réduite de six ans chez les hommes et de cinq ans chez les femmes, comparativement aux 20 % d'aînés aux revenus les plus élevés, dit-il.

Cette disparité financière se répercute aussi du côté de l'endettement : si 20 % des ménages aînés les plus riches détiennent près des deux tiers de l'ensemble du patrimoine appartenant aux personnes âgées, 40 % de tous les ménages de 65 ans et plus sont endettés, une tendance qui s'accroît au Québec comme au Canada, indique le rapport.

Par ailleurs, le quart des personnes de 70 ans et plus qui travaillent le font par nécessité. Paradoxalement, cependant, ce sont les personnes les mieux éduquées, les plus en santé et celles qui occupaient déjà un emploi payant qui continueront généralement à travailler, notamment parce qu'elles seront en mesure de le faire. Un autre poids à porter pour les aînés à la santé plus fragile, qui sont parfois obligés d'arrêter de travailler, et qui devront vivre de leur retraite et des prestations gouvernementales.

La question des revenus des régimes de retraite vient aussi pénaliser les gens ayant occupé des emplois moins payants, ou qui ne peuvent se permettre de continuer à travailler après l'âge de la retraite, mentionne encore le rapport.

Est-ce parce que le coût de la vie a augmenté, ou parce que l'espérance de vie s'est accrue, ce qui signifie plus d'années à devoir payer des factures? Quoi qu'il en soit, entre 2000 et 2018, la proportion des personnes aînées sur le marché du travail a triplé, soulignent les chercheurs.

Des données pour guider les gouvernements

Outre les questions financières, le rapport de l'Observatoire québécois des inégalités met notamment de l'avant la question des aménagements urbains, qui ne répondent souvent pas aux besoins d'une population vieillissante, d'autant plus que celle-ci ne se retrouve plus nécessairement concentrée dans les centres-villes, près des services, mais est davantage éparpillée sur le territoire, y compris dans des banlieues qui ne disposent parfois pas de commerces ou de services de proximité.

Pourtant, M. Van Der Vlugt et son collègue, Vincent Audet-Nadeau, ne présentent pas de recommandations dans la foulée de leurs travaux.

C'est un rapport pour aider les gouvernements à prendre des décisions, mentionne M. Van Der Vlugt. Je suis un chercheur, pas un politicien. On pourrait ensuite évaluer les politiques publiques en place à l'aide des données que nous avons en main, ajoute-t-il, en évoquant la nécessité de rassembler les données disponibles en un seul endroit.

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