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Zones COVID-19 au Nouveau-Brunswick : un sujet épineux

Deux personnes qui se promènent portant un masque au centre-ville de Moncton.

Plusieurs zones sont encore en phase orange au Nouveau-Brunswick, dont Moncton.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Le découpage des zones pour savoir où se trouvent les cas de COVID-19 au Nouveau-Brunswick suscite énormément de commentaires, soulevés parfois avec passion.

Cette semaine, une femme de 68 ans de Paquetville, Annette Haché, a exprimé dans un reportage un questionnement qu'elle entend beaucoup autour d'elle : où sont les cas de COVID-19 dans la zone 6?

Une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux s'en est suivie. Plusieurs des messages étaient peu flatteurs envers la population de la Péninsule acadienne et sa soif présumée de curiosité mal placée.

Annette Haché, de Paquetville

Annette Haché croit que les autorités provinciales contribuent à alimenter la confusion dans la zone 6.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Mme Haché assure qu'elle n'était pas motivée par une curiosité mal placée. Elle admet qu'elle et ses voisines sont très anxieuses même si elles suivent les règles sanitaires à la lettre. Elle voulait se rendre dans des magasins et elle se demandait si elle devait se diriger vers Bathurst, à l'ouest, ou vers Tracadie, à l'est, deux municipalités aux extrémités de la même zone.

Les propos de cette femme ont cependant eu un écho différent auprès de Marcel David, originaire de Saint-Simon, dans la Péninsule acadienne. Il réside à Rimouski, au Québec, une région qui n'est pas épargnée par la pandémie de COVID-19.

Un piéton traverse la rue Saint-Germain Est au centre-ville de Rimouski.

Un piéton traverse la rue Saint-Germain Est au centre-ville de Rimouski.

Photo : Radio-Canada / Alain Fournier

Mme Haché fait valoir un point valide en voulant plus de précisions sur les cas de COVID dans une région sanitaire, a-t-il exprimé. D'ailleurs, le Bas-St-Laurent, dont la population est d'environ 200 000 personnes, est divisé en 8 municipalités régionales de comtés.

De grandes zones

Le découpage de la province en sept zones servant à répertorier les cas de COVID-19 au Nouveau-Brunswick est inspiré des zones de santé communautaire. Elles sont identiques à quelques exceptions près. La zone 3, qui inclut la région de Fredericton, est la plus grande.

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord, qui a fait des études en géographie, dit qu'il a beaucoup réfléchi à la question des zones en mettant son chapeau de géographe.

Il devient de plus en plus évident que la gestion de cette pandémie, avec la grandeur de ces zones, n'est peut-être pas optimale, affirme-t-il. Le questionnement des zones est partout au Nouveau-Brunswick. On ne peut pas gérer des zones en faisant une carte et en traçant simplement des lignes. J'avais proposé, entre autres, d'avoir des sous-zones à l'intérieur des grandes zones. Pourquoi n'aurait-on pas, dans la zone 6 par exemple, les zones 6A, 6B ou 6C, pour tenir compte des communautés d'intérêts?

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord.

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord.

Photo : Radio-Canada

Il donne un exemple hypothétique pour illustrer également la vaste étendue des zones et les différentes réalités entre un milieu urbain et rural.

S'il devait y avoir une éclosion de cas à Pointe-Sapin alors qu'il n'y en aurait pas à Moncton, c'est difficile d'imaginer que Moncton devrait basculer dans une autre phase de santé publique en raison de ce qui se produirait à Pointe-Sapin.

Kevin Arseneau, député

La communauté rurale de Pointe-Sapin se situe à environ une heure et demie de route de Moncton.

Deux coiffeuses, deux réalités

Le député de Kent-Nord estime que les incohérences dans le découpage des zones peuvent contribuer à miner la confiance du public envers les autorités.

Ça démontre aussi un problème systématique d'une mauvaise compréhension géographique de nos territoires.

Kevin Arseneau, député de Kent-Nord
3 chaises vides dans un salon de coiffure

Un salon de coiffure

Photo : Gracieuseté Salon M Coupe Beauté

Quand la zone 1 [Moncton] est passée à la phase orange la première fois, ici dans le village de Rogersville, il y avait une coiffeuse qui pouvait garder son commerce ouvert, raconte-t-il. Mais, à moins d'un kilomètre, une autre coiffeuse devait fermer boutique. Ça démontre un faux sens de sécurité aussi parce que le virus ne va pas nécessairement s'arrêter à une ligne qui a été tracée sur une carte par quelqu'un à Fredericton.

La frontière entre les zones 1 et 7 découpe effectivement Rogersville en deux. La deuxième fois que la région de Moncton est passée en phase orange, Rogersville et Acadieville, entre autres, sont restés en phase jaune.

Pourquoi des zones?

Kevin Arseneau comprend bien que toutes les zones établies pour lutter contre la COVID-19 au Nouveau-Brunswick sont liées à un hôpital régional.

L'Hôpital régional Chaleur, à Bathurst au Nouveau-Brunswick

L'Hôpital régional Chaleur, à Bathurst au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

Elles ont peut-être une utilité pour ce qui est de donner les services, reconnaît-il. Mais, des communautés sont à plus de 150 km de l'hôpital régional. Si on veut faire une gestion dynamique de la pandémie, je pense qu'on a ce qu'il faut au plan technologique pour y aller par communautés d'intérêts. Ne pas se permettre de contester les zones actuelles... on est aussi bien de dire que le Nouveau-Brunswick va devenir une seule grande zone. Il faut tout le temps être vigilants, peu importe la zone.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Réaction sur les médias sociaux

Ainsi, les craintes et les questions soulevées par Annette Haché sur l'étendue de la zone 6 (Bathurst), pourtant l'une des moins grandes, ont fait réagir des internautes qui n'ont pas mis de gants blancs.

Ils veulent savoir où sont les cas pour avoir une autre histoire à raconter au Tim, écrit l'un d'eux.

Juste des curieux, ajoute un autre.

Kevin Arseneau, lui, pousse un soupir.

Des commères, il y en a partout, dans toutes les cultures et dans toutes les régions. Et il y en aura tout le temps. Mais, au-delà de ça, l'objectif premier reste le bien public, la sécurité publique.

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