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Elliot Page : il faut savoir collectivement passer « à l’après », dit Pascale Drevillon

Elliot Page le 24 septembre 2015.

L'acteur Elliot Page.

Photo : Reuters / Vincent West

Angie Landry

La vedette de Juno, Elliot Page, a révélé mardi qu’il était une personne transgenre. L’actrice québécoise Pascale Drevillon se réjouit qu’une personnalité publique aussi populaire partage publiquement ce changement, et croit que le public et les institutions doivent maintenant emboîter le pas à cette évolution.

En entrevue avec la chroniqueuse culturelle à Tout un matin Eugénie Lépine-Blondeau, la comédienne trans Pascale Drevillon, connue pour son rôle dans Fugueuse, la suite et pour son travail dans le domaine du théâtre engagé, le dit d’emblée : c’est toujours positif quand il y a un nouvel allié qui se manifeste, et surtout quand c’est une personnalité [aussi] publique .

Selon elle, il est important que des vedettes – du monde des arts et du divertissement, mais aussi de tous les autres domaines – agissent à titre de modèles, surtout en ce qui a trait aux personnes transgenres. Ces dernières font encore face à de nombreux préjugés et beaucoup de violence.

On doit avoir des figures publiques qui nous ressemblent, qui ont des parcours qui s’apparentent aux nôtres. C’est toujours un baume sur nos plaies, ça fait toujours énormément de bien, autant individuellement, qu’à la communauté au sens large.

Pascale Drevillon

Un long processus

Dans son message publié sur les réseaux sociaux, Elliot Page mentionnait être profondément heureux de pouvoir faire cette annonce, mais qu’il appréhendait les réactions négatives.

Avant d’avoir eu le courage de nous le dire publiquement, et d’être prêt à assumer les réactions, ça doit faire des mois sinon des années qu’il pense à tout cela, avance Pascale Drevillon.

Le défi maintenant, c’est de parler de cette personne-là comme quelqu’un qu’on connaît, qu’on aime, qu’on a reconnue, sans insister sur le "avant", sans insister sur le caractère un peu spectaculaire de la transformation. Il faut se rappeler, dans nos têtes, que nous, on l’apprend là, maintenant. Mais [pas] Elliot.

Une jeune femme aux cheveux courts rigole dans un fauteuil.

Pascale Drevillon sur le plateau de l'émission Bonsoir bonsoir!

Photo :  La production est encore jeune inc. / Karine Dufour

Pour l’actrice Pascale Drevillon, la plus belle marque de respect que le public, les médias et les productions sur lesquelles il a travaillé peuvent offrir à Elliot Page, c’est de tout de suite changer son prénom et ses pronoms, et de faire le moins possible appel à une idée « d’avant, parce que ça ne sert pas du tout le débat ».

Par ailleurs, le magazine Variety mentionnait mardi qu’Elliot Page continuera à jouer dans la série Umbrella Academy, diffusée sur Netflix, dans laquelle il incarne le rôle de Vanya Hargreeves, une femme cisgenre ayant des superpouvoirs. Le géant de la diffusion en ligne a également spécifié qu’il s’affairait à retirer l’ancien nom de l’acteur pour y ajouter l’actuel.

Un rôle social et politique à jouer

Dans sa lettre publiée sur ses réseaux sociaux, l’acteur Elliot Page a souligné l’importance de continuer à faire de l’éducation populaire auprès du public, afin de mieux comprendre la réalité des personnes transgenres, surtout dans le contexte actuel où elles sont particulièrement soumises à d’extrêmes violences. Les femmes trans de couleur seraient d’ailleurs encore plus visées.

Elliot Page a également parlé du rôle des politiciens et politiciennes dans l’avancement des droits des personnes trans. Il a d’ailleurs critiqué ceux et celles qui travaillent à contre-sens, qui travaillent pour retirer les droits à l’assurance-santé aux personnes transgenres américaines. Vous avez du sang sur les mains, a-t-il écrit.

Les personnalités publiques transgenres ont-elles un devoir de politiser leurs discours en lien avec leur réalité?

En entrevue à l'émission Le 15-18, James Galantino, un homme trans, sexologue et coordonnateur de la Chaire de recherche sur l’homophobie à l’Université du Québec à Montréal, est d’avis que ce genre de prises de position soient essentielles, ne serait-ce que pour l’ensemble de la communauté LGBTQ+.

C’est tellement, tellement important. Ces personnes qui font un coming out sur la place publique, qui s’affirment, nous donnent le droit d’exister.

James Galantino

Dans un monde idéal, tout le monde devrait pouvoir tranquillement vivre sa vie subtilement avec ses propres contrastes, ses désirs, ses rêves, croit Pascale Drevillon. Mais la réalité, c’est qu’on est dans un monde très dur. Ça a été une année particulièrement meurtrière.

Avec les informations d'Eugénie Lépine-Blondeau et Annie Desrochers

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