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Francis Bouillon, conseiller psychologique

Gros plan sur son visage

Francis Bouillon

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Peut-être était-ce inscrit en petits caractères au bas de son contrat. Psychologue. Il ne croyait pas en faire sa spécialité. D’autrefois connexe, cette tâche, pour Francis Bouillon, est aujourd’hui principale. Voire unique.

Le responsable du développement des joueurs du Canadien passe essentiellement ses journées au téléphone. C’est que les joueurs ne se développent pas beaucoup ces temps-ci ou, s’ils le font, c’est souvent dans un sous-sol, loin des conseillers et des préparateurs physiques de l’équipe, néanmoins mis à contribution.

Normalement, Bouillon se promène d’un bout à l’autre du continent pour surveiller la progression des joueurs repêchés par le CH. Les encadrer un peu, leur parler, les conseiller beaucoup. S’assurer qu’ils sont en confiance, que leur jeu ne prend pas de mauvais plis, de mauvaises habitudes risquant de ralentir leur transition vers les circuits professionnels.

Il se sert de son expérience personnelle, jonchée d’embûches, comme chacun sait.

Là, c’est plus compliqué. Ceux qui jouent sont surtout en Europe, territoire de prédilection de son superviseur Rob Ramage. Il y a bien la conférence Big Ten, dans la NCAA, le réseau universitaire américain, où le Tricolore compte quelques espoirs comme Cole Caufield ou Brett Stapley, mais on y trouve peu de défenseurs, spécialisation de Bouillon.

Les espoirs Jordan Harris, Jayden Struble, Kaiden Guhle, Jacob LeGuerrier sont tous privés de hockey, tout comme d’autres jeunes plus près de la LNH comme Cale Fleury et Josh Brook.

Au lieu de vivre un rêve éveillé et de voyager de Prince Albert à Sault-Sainte-Marie à Madison, les grandes aventures de Bouillon se résument à des sauts de puce à Brossard pour repartir en vitesse avec quelques séquences vidéo de ses poulains à leur faire parvenir.

Il écarte les bras.

Francis Bouillon

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Il faut les aider psychologiquement autant que physiquement. Il y en a pour qui c’est dur. Joue, joue pas. Certains ont de l’équipement, d’autres moins, il faut les aider du mieux qu’on peut, a indiqué Bouillon mercredi en visioconférence.

Alors, les préparateurs physiques du Tricolore gardent le contact avec les jeunes joueurs. Ils ébauchent des plans, les aident à s’entraîner avec les moyens du bord. Vous n’avez que peu d’équipement? Pas de problème. Un peu de callisthénie. Après tout, bien des champions se sont ainsi bâti un corps d’Apollon.

Des joueurs ont moins d’équipement. Des joueurs ont accès à des glaces, d’autres non. On essaie de les accompagner là-dedans. Ce n’est vraiment pas évident. On a des ressources avec le Canadien. On a nos préparateurs qui vont parler à leur préparateur physique. On a vu (Rafaël) Harvey-Pinard s’entraîner dans la cour avec Joël (Teasdale) pendant plusieurs mois. Il y a des choses qu’ils peuvent faire quand même. Pierre Allard est souvent en communication avec les joueurs. Rob (Ramage) et moi, psychologiquement, on essaie de les conseiller. Dernièrement, on a eu un séminaire avec un nutritionniste pour savoir si les gars se nourrissent adéquatement, raconte-t-il.

Il faut vérifier le moral aussi. Décembre, grisaille, pandémie, alouette. Pour citer François Pérusse : C’est sûr que c’est pas drôle pour personne.

Il est bon (le moral). Semble-t-il.

C’est pas mal tout positif. Il n’y a pas un joueur qui est plus down. C’est sûr qu’on n’est pas à côté d’eux autres, on ne le sait peut-être pas. Mais il n’y a pas eu de cas plus grave que ça, a assuré l’ancien défenseur.

Certains se trouvent des emplois, comme Jacob LeGuerrier, choix de cinquième tour de l’équipe en 2019, établi dans la région d’Ottawa.

Gianni Fairbrother, de son côté, normalement tête d’affiche des Silvertips d’Everett dans la Ligue junior de l’Ouest, joue à Nanaimo dans la BCHL, un calibre inférieur. Comme il avait été blessé en janvier dernier, l’arrière aurait été écarté de la glace pendant au moins un an s’il avait attendu davantage.

C’était important pour lui de jouer. Je lui ai parlé la semaine passée. Il se sent vraiment bien, il avait hâte de jouer, raconte Bouillon.

Patience, patience

Le monde n’avait pas connu une crise de cette ampleur depuis fort longtemps. Rien ne s’y compare, d’accord. Mais l’attente, l’incertitude? Bouillon connaît.

L’ancien défenseur du Canadien a traversé deux conflits de travail dans la LNH.

On vit dans l’inconnu, c’est ce qui est dur présentement […] J’ai passé par la East Coast League pour faire le saut dans la Ligue américaine. Présentement, on voit des équipes de l’East Coast annuler leur saison. C’est difficile.

Francis Bouillon, responsable du développement des joueurs du Canadien

On est quand même chanceux, plusieurs gars de l’organisation ont la chance de jouer. C’est une question de temps. Il n’y a pas de secret ou de recette miracle, c’est de rester alerte, ajoute-t-il.

Rien pour écrire à sa mère, direz-vous? Quoique, ces temps-ci, ça lui ferait certainement plaisir.

Les commentaires de Bouillon

À propos de Kaiden Guhle : Habituellement, je serais déjà allé le voir deux ou trois fois. Présentement, j’ai parlé avec un dépisteur dans l’Ouest qui l’a suivi beaucoup, j’ai parlé avec Trevor (Timmins). J’ai vu des clips sur le jeune. Je lui ai parlé à quelques reprises au téléphone. D’habitude, je suis plus proche du joueur. Mon but est de bâtir une relation avec le jeune. C’est à venir. Je n’ai entendu que de bonnes choses sur lui.

Cale Fleury : C’est une question de confiance dans son cas. Quand il a fait le saut du junior à la Ligue américaine, il était un peu gêné, mais il veut apprendre. Il veut s’améliorer. Quand il était à Montréal, il jouait vraiment bien pendant la première moitié de saison, après, on aurait dit qu’il avait perdu confiance. Il gardait la rondelle trop longtemps avant de faire ses jeux. C’est une bonne affaire qu’on l’ait renvoyé à Laval. De ce que je vois, c’est peut-être juste un manque de confiance présentement, mais je suis pas mal certain qu’il sera un défenseur partant dans la Ligue nationale sous peu.

Jayden Struble : Quand je l’ai vu jouer l’année dernière, je ne le connaissais pas. J’ai été très impressionné par sa mobilité en dépit de son gabarit. C’est ce que j’ai écrit dans mon rapport. Ce que j’aime : il est très confiant. Même lors de sa première année l’an dernier, il était très confiant. Il a une belle maturité pour son âge. Il va jouer encore quelques années à l’université. Il a un bel avenir devant lui.

Jordan Harris : Il a eu une très bonne progression. Entre la première année et sa troisième maintenant, il est devenu le meilleur défenseur de son équipe. Il a pris de la maturité, il joue bien. Quand je le vois après les matchs, il n’est pas fatigué même s’il a joué plus de 30 minutes. Il est bon défensivement, il a aussi un bel avenir.

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