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Internet haute vitesse : un service essentiel en période de pandémie

L'entrée du chemin Saint-Étienne en hiver.

L’entrée du chemin Saint-Étienne à Petit-Saguenay

Photo : Radio-Canada / Mélissa Savoie-Soulières

Le développement du télétravail et de l'école en ligne depuis le début de la pandémie font de l'Internet à haute vitesse un service essentiel et les petites municipalités qui sont privées d'un accès fiable s'en trouvent pénalisées.

À Petit-Saguenay par exemple, de 15 % à 20 % de la population n'a pas accès à un réseau fiable et sécuritaire, ce qui compromet le développement de certains secteurs du village.

Christine Tremblay habite le chemin Saint-Étienne, un des secteurs de la municipalité où la fibre optique n'est pas accessible. Elle doit se rabattre sur Xplornet, un fournisseur Internet par satellite qui coûte cher, environ 100 $ par mois, et qui n'est pas performant.

Une dame assise devant son écran d'ordinateur.

Christine Tremblay, une citoyenne de Petit-Saguenay, éprouve quotidiennement des problèmes avec son accès Internet.

Photo : Radio-Canada

Encore ce matin, je voulais juste aller voir Météomédia puis ça me prend cinq minutes avant que ça charge. Quand ça veut charger, parce que s'il y a plus de nuages que ça, il y en a carrément pas, déplore-t-elle.

Employée d'Hydro-Québec à Saguenay, elle a adopté le télétravail quand cette option lui a été proposée par son employeur, afin d'arrêter de parcourir les 100 kilomètres entre son domicile et son bureau. Mais la piètre qualité du réseau a fini par lui coûter cher.

Pour pouvoir travailler à domicile, il a fallu que j'aille me payer un logement au village, à 8 km d'ici , explique-t-elle. Ça me coûtait 7000 $ à 8000 $ par année pour faire mon travail à domicile.

Elle a finalement décidé de prendre sa retraite plutôt que de continuer à payer pour travailler.

Cette réalité freine le développement de certains secteurs du village, selon le maire, Philôme Lafrance.

Le rang Saint-Étienne, le rang Saint-Louis, ce sont deux secteurs qui sont vraiment intéressants pour s'établir. C'est de toute beauté, c'est près de la plage Saint-Étienne, c'est super beau, mais c'est sûr que ça [l'accès à Internet] c'est un problème pour l'attractivité, admet-il.

Le maire de Petit-Saguenay, Philôme Lafrance

Le maire de Petit-Saguenay, Philôme Lafrance

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

L'école en ligne est un autre exemple. Pour une famille qui habite les chemins Saint-Louis ou Saint-Étienne et dont les enfants doivent se brancher en même temps sur une plateforme comme Zoom ou Teams, c'est mission impossible.

Philôme Lafrance assure que la MRC du Fjord-du-Saguenay a un plan pour doter toutes les municipalités de la fibre optique. Le problème, c'est qu'il n'existe pas encore de programme fédéral où ce projet pourrait être présenté.

Il y a deux éléments qui bloquent. C'est que le fédéral n'a pas encore débloqué les sommes, de un. Puis de l'autre, c'est au niveau de l'entreprise privée qui bloque le développement de la fibre optique sur ses infrastructures, explique M. Lafrance.

Selon lui, l'accès à Internet haute vitesse devrait être considéré comme un service essentiel, au même titre que l'électricité et la téléphonie l'ont été par le passé.

Moi ce que je pense, c'est que c'est un service public qui aurait dû être développé par l'État, au même titre que Hydro-Québec a fait le développement de l'électricité à une autre époque, au même titre que les entreprises d'État ont développé le téléphone à une autre époque. Je pense que c'est l'État qui aurait dû prendre ça en charge il y a longtemps pour pouvoir brancher l'ensemble du pays à Internet haute vitesse. Ça aurait dû être fait depuis longtemps, mais ce n'est pas le modèle qui est proposé présentement.

En attendant, Christine Tremblay a un peu l'impression d'être une citoyenne de seconde zone.

C'est certain que des fois on se fait dire "ben approchez-vous de la ville", mais un pays qui n'est plus habité, ce n'est plus un pays. Il faut l'habiter notre pays si on veut qu'il se développe, conclut-elle.

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