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Après 107 ans au Canada, une statue volée de la déesse Annapurna rentre en Inde

Une statue en pierre d'une divinité hindoue.

La statue de la déesse Annapurna a été dérobée ans un temple en Inde en 1913.

Photo :  Don Hall

Le retour d’une statue volée en Inde il y a plus de 100 ans suscite de nombreuses réactions dans ce pays et au Canada. La statue de la déesse Annapurna a été retrouvée dans les réserves du Musée d’art Mackenzie de Regina, en Saskatchewan, par l’artiste Divya Mehra, qui a déclenché le processus de rapatriement.

La petite statue de pierre était située dans un temple sur les bords du Gange lorsque l'avocat et collectionneur d’art canadien Norman MacKenzie l’a vue pour la première fois en 1913. Ce dernier a écrit dans son journal de voyage qu’un étranger avait volé la statue du temple pour la lui remettre.

À son décès, en 1936, la collection d'œuvres d’art de Norman MacKenzie a été léguée à l’Université de Regina, qui a ensuite partagé cette collection avec une galerie d’art créée en son honneur, le Musée d’art MacKenzie.

Plus récemment, l’artiste Divya Mehra a découvert la statue dans les salles de conservation du Musée lorsqu'elle a été invitée pour y présenter une exposition.

Le directeur du Musée d’art MacKenzie, John Hampton, estime que les démarches pour la rapatrier ont vraiment débuté grâce à Divya Mehra. Elle est venue rechercher la façon dont les établissements artistiques représentent les autres cultures, et c'est au cours de son travail qu’elle a découvert cette statue dans notre collection , dit-il.

Il ajoute qu’il était crucial pour le Musée de rendre la statue de la déesse. L'immoralité du vol de cet objet sacré d'un temple était incompatible avec notre mission.

L’artiste Divya Mehra nous a beaucoup poussés pour réparer cette injustice.

John Hampton, directeur du Musée d'art MacKenzie

Le premier ministre indien se réjouit du retour de la déesse Annapurna

Le premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, a exprimé sa joie à ce sujet lors d’une allocution radiophonique dimanche dernier. Tous les Indiens seront heureux d'apprendre que la statue de la déesse Annapurna revient du Canada, a-t-il dit. Selon lui, le retour de la statue est un grand honneur pour la ville de Varanasi, l'endroit où elle a été dérobée en 1913.

Narendra Modi lors d'une allocution.

Le premier ministre de l'Inde, Narendra Modi, lors d'une allocution le 11 novembre dernier. (archives)

Photo : Associated Press / Manish Swarup

Le premier ministre a encore pris la parole lors du festival Dev Deepawali, la célébration des lumières divines, où il a fait part de l’importance des biens culturels du pays. Nous sommes très chanceux que nos précieuses statues soient récupérées. Tant d'artefacts ont été volés dans le passé et, si nous avions été vigilants, cela ne serait pas arrivé, a-t-il déclaré devant une foule importante.

Selon le représentant de l'Inde au Canada, le haut-commissaire Ajay Bisaraia, son pays est ravi de la décision du Canada de reconnaître que la statue est la possession légitime de l’Inde. Notre gouvernement a pour politique de retrouver notre patrimoine ancien et de rechercher des artefacts, nous sommes très heureux de les récupérer chaque fois que nous le pouvons, a souligné le diplomate.

Une statue politisée

Le conservateur de l'art indien et sud-asiatique du Peabody Essex Museum, au Massachusetts, Siddhartha Shah, a identifié la statue comme étant la déesse hindoue Annapurna.

Celui-ci craint que le rapatriement de l'objet ancien ne soit politisé par le gouvernement indien. Le rapatriement ressemble souvent à une opération de poignée de mains et de photos, le gouvernement en étant très fier. Or, le rapatriement n'est pas seulement le retour de l'objet dans son pays, mais bien le retour de l'objet sur son site originel.

Ajay Bisaraia a quant à lui promis que la statue retournera dans sa ville d'origine. Nous sommes ravis que la statue revienne. Elle ira dans la ville de Varanasi, car la déesse Annapurna est particulièrement attachée à cette ville. C'est là qu'elle a sa place, c'est là qu'elle ira, a-t-il assuré.

Siddhartha Shah croit que l’événement est important, bien au-delà d'un geste diplomatique. Il s’agit d'un geste de reconnaissance d'une erreur commise, c'est une forme d'excuse de la part du Canada, a-t-il dit tout en saluant le travail de l’artiste Divya Mehra.

Une nouvelle acquisition pour remplacer l'objet retourné

Pour remplacer le trou laissé par la statue dans la collection du Musée d’art Mackenzie, Divya Mehra a créé une toute nouvelle œuvre inspirée du héros de film Indiana Jones : un sac de sable qui a exactement le même poids que la statue. Une façon de rappeler la façon dont le musée a acquis l'œuvre sacrée, dérobée dans un temple.

Un sac de sable sur de la sphaigne devant un fond vert.

L'oeuvre de Divya Mehra, prendra la place de la statue de la déesse hindoue Annapoorna dans la collection du musée réginois.

Photo : Sarah Fuller

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