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Sans déconfinement, les producteurs d'œufs du Québec craignent des surplus

Des oeufs

Les producteurs d'œufs du Québec ont été obligés d'ajuster leur production en raison de la fermeture des restaurants.

Photo : iStock

Depuis le début de la pandémie, la fermeture des salles à manger au Québec bouscule l'industrie agroalimentaire. Si le gouvernement n'allège pas les mesures sanitaires après le temps des Fêtes, les producteurs d'œufs du Québec craignent de se retrouver avec des surplus.

Quand la COVID-19 a provoqué une première période de confinement en mars, les habitudes des consommateurs ont changé. Les salles à manger des restaurants étant fermées, les Québécois ont été nombreux à cuisiner, souligne le porte-parole de l’Association des détaillants alimentaires du Québec, Stéphane Lacasse.

Il y a eu une pénurie d’œufs dans les magasins, les gens ont commencé à faire des pains, rappelle-t-il.

Les producteurs ont alors constaté un déplacement des marchés, en mars et en avril, du milieu de la restauration et des hôtels vers les ménages.

On a eu beaucoup de difficulté à rediriger ces œufs-là avec des emballages suffisants, avoir suffisamment de produits qui vont vers ces marchés-là, explique le président de la Fédération des producteurs d'œufs du Québec, Paulin Bouchard, propriétaire d'une ferme à Saint-Gédéon-de-Beauce.

Des poules dans des cages.

Les producteurs d’œufs du Québec vendent une partie importante de leur production aux restaurants et aux hôtels.

Photo : iStock

Adapter le marché

Mais la disparition quasi totale des achats provenant de secteurs fermés en raison du confinement a grandement touché le marché.

Les producteurs ont été obligés de diminuer leur production et de donner des œufs à des organismes. Les fermes du Québec, soumises à la gestion de l'offre, ont enregistré une baisse de production d'environ 10 % du marché pour s'adapter à la crise.

Au pire de la crise, on a donné des œufs, on a diminué la production d’environ 10 % pour une période déterminée et on a repris la production selon la reprise des marchés.

Une citation de :Paulin Bouchard, porte-parole de la Fédération des producteurs d'œufs du Québec

Les détaillants et les producteurs ont donc tenté de rediriger ces pertes de marché dans la vente en épicerie. Plusieurs détaillants ont alors offert davantage de trentaines d'œufs pour écouler la marchandise.

Paulin Bouchard devant le logo de sa ferme qui porte son nom.

Paulin Bouchard est président de la Fédération des producteurs d'œufs du Québec

Photo : Fédération des producteurs d'oeufs du Québec

Je vous dirais que changer les habitudes de consommateur, ce n'est pas évident, mais si ça peut aider l’industrie, nous on est là pour les accompagner là-dedans, souligne le porte-parole de l’Association des détaillants alimentaires du Québec, Stéphane Lacasse.

Même si cette baisse de production se traduit en pertes de revenus, la gestion de l'offre permet de diviser les impacts de la pandémie entre les différents membres de la Fédération, soulève M. Bouchard, propriétaire d'une ferme composée de 56 000 poules pondeuses.

Retour à l'équilibre?

Avec l'approche des Fêtes, les consommateurs sont au rendez-vous. Les producteurs ont retrouvé leur vitesse de croisière. Présentement, on est a pleine production, la même production que l’an passé avant la pandémie, affirme le président.

Par contre, le mois de janvier est marqué par une baisse de l'achat auprès des détaillants. Ce manque à gagner est normalement comblé par les restaurants déjeuners et l'industrie hôtelière, sans quoi les producteurs devront encore une fois ajuster leur production.

Le retour des restaurants déjeuners pour nous se serait vraiment salutaire. On comprend la situation, on comprend qu’il faut se confiner et faire attention, mais on souhaite un retour à la normale, soutient-il.

Malgré tout, il estime que peu importe les mesures mises en place, l'industrie saura s'adapter. On a mis en place des outils de diminution de la production [...] malgré tout, on est mieux préparé si ça nous arrive, ajoute M. Bouchard.

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