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Des stages en garderie virtuels loin de satisfaire les étudiantes

Des enfants dans une garderie

Les stages se font en ligne par le biais de vidéos.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

De futures éducatrices à la petite enfance déplorent le manque d'accès aux ressources en personne disponibles pour terminer leur formation.

Dévote Niyonizigiye est étudiante dans le programme Éducation en services à l'enfance au campus de Windsor du Collège Boréal.

Pour être diplômée, elle doit faire un stage en garderie. Or, la plupart des établissements du genre ne prennent pas de stagiaire à l'heure actuelle en raison de la pandémie. Son stage s'est donc transformé en période d'observation en mode virtuel.

Elle est loin d'être satisfaite de la formule actuelle.

On doit observer les enfants puis préparer des activités qui répondent à leurs besoins et intérêts, explique-t-elle. Des fois on éprouve des difficultés à choisir des activités et puis même si on choisit, on se demande comment est-ce que je vais évaluer que l’activité répond aux besoins et aux intérêts de l’enfant.

Je trouve que c'est très difficile de se rendre compte du niveau de développement de l'enfant que je dois observer à distance.

Dévote Niyonizigiye, étudiante à la petite enfance au Collège Boréal

Elle déplore non seulement le manque d'interaction avec les enfants, mais aussi le manque de directions pour rendre son stage profitable.

Portrait d'une jeune femme qui porte des lunettes

Eva Irie filme ses interactions avec des enfants en garderie et envoie les vidéos aux autres étudiantes inscrites à la formation.

Photo : Soumise par Éva Irie

Des vidéos mises à leurs dispositions

Éva Irie est inscrite à la même formation, mais à Sudbury. De son côté, elle a la chance de pouvoir s'approcher des enfants.

Le Collège Boréal a en effet établi un partenariat avec une garderie qui lui permet de venir observer tous les jours des enfants. C'est d'ailleurs elle qui est chargée de filmer ses activités avec eux et de les partager avec les étudiantes du reste du programme.

Elle admet qu'elle est avantagée par rapport à ses collègues, puisqu'elle a quelques moments privilégiés avec les enfants.

J’ai la chance d’interagir avec les enfants, quand je fais les vidéos. J'arrive à communiquer avec eux et je m’engage même aux yeux avec les enfants, c’est plus facile à mon niveau, explique Mme Irie.

La technologie est un autre défi auquel il faut faire face. Le transfert des vidéos est en effet souvent problématique et les étudiantes n'y ont accès souvent que très tard dans leur journée, ce qui retarde d'autant la remise de leurs travaux.

Des enfants jouent avec des blocs en mousse.

Les étudiantes doivent choisir des activités adaptées aux enfants qu'elles ont observés dans les vidéos.

Photo : iStock

Une formule mûrement réfléchie

Du côté du Collège Boréal, on admet que la situation n'est pas parfaite, mais les responsables affirment que la mise en place du stage virtuel est le résultat d'une longue réflexion.

Selon eux, cette approche permet d'offrir aux étudiantes un cadre qui leur permettra d'atteindre les mêmes résultats d'apprentissage que leurs collègues des promotions précédentes.

Pour Catherine Guthrie, enseignante au campus de Windsor et responsable des stages, le fait que toutes les étudiantes aient accès aux mêmes enfants pendant cinq semaines présente aussi des avantages.

Ce n'est pas idéal parce qu’ils ne sont pas avec les enfants en pratique ou ils n'ont pas la chance d' interagir et de vraiment créer des liens, mais au moins ils peuvent observer les mêmes enfants. Avec les connaissances acquises, ils ont l’idée de leurs besoins, affirme-t-elle.

Mme Guthrie se veut par ailleurs rassurante. Elle indique que même si les étudiantes visionnent les vidéos, ces dernières ne reflètent pas l'activité dans toute sa dimension et les évaluations en tiennent compte.

En attendant, Dévote Niyonizigiye estime qu'il est difficile à l'heure actuelle de se rendre compte où elle en est rendue dans sa formation.

Quand on est en stage, on apprend beaucoup des enfants [...] Il y a beaucoup de choses qui nous manquent dans le cadre virtuel, déplore-t-elle.

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