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Santé mentale : une méthode d'opération efficace, selon la police de Trois-Rivières

Deux policiers interviennent auprès d'une personne qui est assise sur le trottoir.

Les interventions policières auprès des personnes vulnérables ont plus que doublé dans les dernières années.

Photo : St. Thomas Police Service

Comme partout au Québec, la police de Trois-Rivières constate chaque année une hausse significative des appels liés à de la détresse psychologique ou un état mental perturbé. Une nouvelle façon de travailler, qui permet aux policiers de collaborer directement avec une travailleuse sociale du CIUSSS MCQ, facilite grandement ces interventions, selon son directeur général.

Entre 2015 et 2019, le nombre d'interventions effectuées a plus que doublé, passant de 428 à 838 appels.

À son arrivée en poste, Marylène Ménard, qui travaille depuis le quartier général de la police de Trois-Rivières, s'est penchée sur les nombreux appels reçus par les policiers afin d'identifier les besoins récurrents.

En dressant un profil individualisé des gens qui reçoivent régulièrement l'aide des patrouilleurs, elle a pu guider les policiers vers de meilleures techniques d'intervention et proposer différents services d'aide et de soutien pour les personnes souffrant de détresse psychologique.

Dans la centaine de cas où j'ai été appelée, plus de la moitié étaient des cas récurrents. L'avantage qu'on a, c'est qu'en tant qu'employée du réseau de la santé, j'ai accès à l'information inscrite dans le dossier du patient. Je peux donc savoir si la personne est connue de nos services et si un intervenant de chez nous assure présentement un suivi avec elle. S'il y a transport à l'hôpital, je vois qui l'a pris en charge à l'urgence. Ça me permet de voir de quelle façon je peux assurer un suivi, explique Marylène Ménard.

Plusieurs d'entre eux lui ont donné la permission de partager des informations importantes avec les policiers. Elle a donc créé des fiches personnalisées pour ces gens, ce qui permet aux agents d'intervenir de façon plus adéquate avec la personne en crise.

Seulement les policiers ont accès à cette fiche. Elle contient de l'information qui peut les guider dans leur dialogue. Quelle est la vulnérabilité de cette personne? Quelles sont ses forces qui nous permettent de réussir une intervention constructive? Si la personne vit avec une déficience intellectuelle ou de l'autisme, il peut arriver qu'elle ait de la difficulté à maintenir un contact visuel avec les agents. Si elle est anxieuse, elle peut faire du mutisme. Dans cette fiche, on donne aux policiers des lignes directrices. Comment peut-on rassurer la personne? Dites pourquoi vous êtes là. Qui vous a appelé. Proposez d'appeler quelqu'un de la famille ou un intervenant. Ça permet aux policiers de développer des stratégies pour éviter que la situation se détériore ou que l'anxiété de la personne augmente.

Marylène Ménard assise à son bureau devant un ordinateur, en souriant à la caméra.

Marylène Ménard est la travailleuse sociale du CIUSSS MCQ associée à la police de Trois-Rivières.

Photo : Police de Trois-Rivières

L'intervenante n'accompagne pas les policiers sur la route, sauf dans de rares exceptions. Mon rôle, c'est de faire le pont entre les policiers et le système de la santé.

Pour écouter l'entrevue du chef de la police de Trois-Rivières, René Martin, à l'émission Toujours le matin, cliquez ici.

Vers une mesure permanente?

Ce projet-pilote est d'une durée de deux ans. Le directeur du service de police de Trois-Rivières, René Martin, n'exclut pas que cette façon de travailler devienne permanente. Il précise attendre les recommandations du ministère de la Sécurité publique qui travaille actuellement à une réforme du modèle québécois de la police.

Les constats identifiés jusqu’à maintenant nous démontrent l’importance de maintenir des liens étroits entre les organismes qui doivent intervenir dans un contexte psychosocial, à différents niveaux, afin que les compétences de chacun soient mises à contribution pour assurer un meilleur service à la population. À cet effet, le projet pilote mis en place répond à plusieurs besoins identifiés depuis quelques années sur le territoire de Trois-Rivières, mentionne René Martin.

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