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COVID-19 : les dortoirs pour sans-abri sont-ils sécuritaires?

Des lits séparés par un muret dans un dortoir.

L'intérieur d'un dortoir dans un refuge pour femmes à Scarborough avant la pandémie. La Ville continue à utiliser des dortoirs comme celui-ci.

Photo : CBC

Radio-Canada

Des militants et un expert pressent Toronto de cesser de loger des sans-abri dans des dortoirs, afin de limiter les risques de propagation de la COVID-19.

Les autorités de la santé publique au Canada reconnaissent que le coronavirus peut se transmettre par aérosols.

Aux États-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) avertissent que les particules microscopiques contenant le virus peuvent demeurer en suspension dans l'air à l'intérieur pendant des heures.

Autant d'arguments qui contredisent la décision de Toronto de continuer à avoir des dortoirs dans les refuges pour sans-abri, selon Zoe Dodd, de l'organisme Overdose Prevention Society.

Nous devrions être très préoccupés du fait que les refuges continuent à avoir des dortoirs, dit-elle.

Le professeur en génie civil Jeffrey Siegel de l'Université de Toronto est d'accord. Selon lui, le risque de transmission de la COVID-19 par aérosols dans les refuges est un problème « critique » que la Ville devrait régler immédiatement.

Il cite les exemples des dortoirs pour travailleurs agricoles et des chambres à occupation multiple dans certains centres de soins de longue durée, des espaces confinés où s'est propagé le virus par le passé.

Les aérosols de longue portée présentent un risque de transmission substantiel dans certains espaces.

Jeffrey Siegel, professeur à l'Université de Toronto

Pour lui, trois facteurs sont en jeu en matière de risque de transmission de la COVID-19 à l'intérieur, soit la concentration des personnes présentes, la période de temps passée dans le lieu en question et la ventilation.

Il affirme « qu'au moins deux sinon trois » de ces facteurs de risque sont présents dans les refuges.

Toronto se défend

La Ville rétorque qu'elle a loué des milliers de chambres dans des hôtels et des motels cette année pour désengorger les refuges.

Le service municipal du logement précise que même dans les dortoirs, il y a toujours au moins 2 m entre les lits.

La responsable du service, Mary-Anne Bedard, soutient que la Ville a eu d'assez bons résultats en limitant à 659 le nombre de cas jusqu'à maintenant chez les utilisateurs des refuges. On ne sait pas combien de ces individus ont été infectés dans un refuge.

De son côté, la médecin hygiéniste en chef de Toronto, la Dre Eileen de Villa, a admis en point de presse, lundi, qu'il y avait eu de la transmission par aérosols dans la Ville, mais seulement de façon « relativement limitée ». Les contacts étroits entre personnes demeurent la source principale d'infection, note-t-elle.

Pour sa part, le professeur Siegel affirme que la Ville pourrait tout de même munir les refuges de purificateurs d'air et y accroître la ventilation pour réduire le risque de transmission.

Mme Dodd affirme elle que la Ville devrait louer au moins 2000 chambres de plus dans des hôtels pour loger les sans-abri et fermer carrément les dortoirs.

Avec les informations de CBC News

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