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La ministre Christine Tell s'explique mal les éclosions dans les prisons en Saskatchewan

Affiche du centre correctionnel de Saskatoon.

La situation dans les prisons de la province, comme au centre correctionnel de Saskatoon, est difficile à gérer, malgré les mesures mises en place pour prévenir les foyers de contagion. (archives)

Photo : Radio-Canada / Matthew Garand

Radio-Canada

Alors que le nombre de cas de COVID-19 dans les centres correctionnels de la province augmente de manière inquiétante, la ministre des Services correctionnels, de la Police et de la Sécurité publique de la Saskatchewan, Christine Tell, dit qu'elle s'explique mal la situation.

Christine Tell affirme que de nombreuses mesures sont en place depuis longtemps pour prévenir la propagation de la maladie et protéger la communauté dans les centres de détention de la province. Malgré tout, un nombre croissant de cas d’infections se sont déclarés dans les prisons.

Tout ce qui pouvait être fait pour prévenir ce type de situation a été fait. Je ne sais pas comment nous en sommes arrivés à ce point, explique la ministre.

Elle indique que les mesures mises en place étaient suffisantes et qu’il n’était pas possible de trouver de réponse pour expliquer la situation. Christine Tell ajoute que le Ministère ne compte pas étudier la question davantage.

La ministre provinciale des services correctionnels, Christine Tell, répond aux questions des reporters.

La ministre provinciale des Services correctionnels, de la Police et de la Sécurité publique de la Saskatchewan, Christine Tell, reconnaît ne pas avoir de réponse pour expliquer la situation dans les centres de détention de la province. (archives)

Photo : Radio-Canada

En date de mardi, plus de 130 employés et détenus du centre correctionnel de Saskatoon ont été déclarés infectés par la COVID-19 au cours des 10 derniers jours.

Une situation alarmante, selon Chantelle Reimer, dont le mari est en détention provisoire à la prison de Saskatoon.

Elle faisait du piquetage mardi devant la porte principale de la prison afin que le gouvernement réduise le nombre de détenus en prison.

C'est pour cette raison que je vais rester ici, parce que personne ne les écoute à l’intérieur. Ils ont besoin de quelqu'un pour les aider, dit-elle.

Selon Chantelle Reimer, les mesures sanitaires à l’intérieur de la prison sont souvent déficientes.

Il n'y a pas de distanciation physique possible, et les lits sont espacés d'à peine un demi-mètre.

Mme Reimer n’est pas la seule à croire que la situation dans les centres correctionnels de la province est inquiétante.

Le syndicat qui représente le personnel de l'aide juridique déclare que les personnes en détention provisoire sont injustement mises en danger, et d’autres organismes qui militent pour un accès abordable à la justice, comme la société John Howard, la société Elizabeth Fry, et les organisations Pro Bono Law Saskatchewan et le service d'assistance juridique de la Ville de Saskatoon (CLASSIC) ont envoyé mardi une lettre au ministère de la Justice et au ministère des Services correctionnels de la province afin de se faire entendre.

Nous appelons à la libération immédiate de tous les prisonniers, les condamnés et les personnes placées en détention provisoire qui sont âgés, immunodéprimés, non violents, à faible risque de récidive ou susceptibles de souffrir de manière disproportionnée de complications de la COVID-19, dit-on dans la lettre.

Selon Christine Tell, son ministère n’a pas le pouvoir de prendre une telle décision.

Nous n’avons aucun pouvoir de libérer les personnes en détention provisoire. [...] Elles ne peuvent pas prendre congé de la loi.

Le NPD dit que Christine Tell doit revoir ses propos

La députée du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan (NPD) Nicole Sarauer est peu surprise de la réponse de la ministre lorsque celle-ci a affirmé qu’elle s'expliquait mal les raisons qui ont mené à la situation dans les centres correctionnels, comme celui de Saskatoon.

Nicole Sarauer dans un couloir de l'Assemblée législative parle devant les micros des journalistes.

La députée du NPD Nicole Sarauer a dit que la réponse de la ministre n'était pas à la hauteur de quelqu'un qui est à la tête d'un ministère. (archives)

Photo : CBC / Mike Zartler

Ce n’est pas surprenant de la part d’une ministre qui est la plupart du temps mal renseignée au sujet de ses dossiers. Si cela ne l’intéresse pas de comprendre la situation et les faiblesses du système, je me demande si elle se soucie réellement de la sécurité des employés et des détenus, dit-elle.

C’est la réponse d’une ministre qui ne devrait plus être à la tête d’un ministère, ajoute Mme Sarauer.

Nous étions tous au courant qu’on ferait face à une seconde vague cet automne. C’était son rôle de mettre en place un système efficace pour prévenir la situation d’aujourd’hui. Elle aurait dû s'y préparer et elle ne l’a pas fait. Maintenant, on fait face à un important foyer de contagion.

Avec des informations de Dan Zakreski

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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