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La sonde lunaire de la Chine en route vers la Terre

La face cachée de la Lune est marquée par de nombreux cratères profonds.

La face cachée de la Lune est marquée par de nombreux cratères profonds.

Photo : NASA

Agence France-Presse

La sonde chinoise Chang'e 5 a pris le chemin du retour après avoir collecté des échantillons lunaires.

Cette mission était très délicate techniquement. Son succès constitue une nouvelle réussite spatiale pour la Chine après l'alunissage réussi en 2019 d'un engin sur la face cachée de l'astre lunaire, une première mondiale.

Après son arrivée mardi, la sonde a achevé mercredi matin les opérations de perçage du sol lunaire et a recueilli, comme prévu, des échantillons à la surface de la Lune.

L'objectif de la mission de ramener sur Terre environ 2 kilos de roches lunaires est donc en voie de se réaliser. Après avoir été analysées par les scientifiques, ces roches permettront d'ajouter des pièces supplémentaires au grand puzzle de l'histoire lunaire.

Si le retour sur Terre se déroule sans encombre, la Chine deviendra le troisième pays à rapporter des échantillons lunaires, après les États-Unis et l'ex-URSS.

Décollage d'une fusée.

Le 24 novembre 2020, une fusée Longue Marche 5 transportant la sonde lunaire chinoise Chang'e-5 a été lancée du Centre spatial Wenchang, situé dans le sud de l'île de Hainan, en Chine.

Photo : Getty Images

La dernière tentative était soviétique, avec la mission inhabitée Luna 24 menée avec succès en 1976.

Soulignant le haut niveau de technicité de l'opération, la télévision publique chinoise CCTV a décrit Chang'e 5 comme l'une des opérations les plus compliquées et les plus délicates du programme spatial national.

CCTV a diffusé une vidéo montrant les scientifiques du centre de contrôle de la mission en train d'applaudir lorsque la sonde s'est posée au début de la mission.

Un écran géant au fond de l'immense salle affichait les premières images renvoyées par Chang'e 5, celle d'un paysage lunaire gris parsemé de cratères.

Le chef scientifique de la NASA, Thomas Zurbuchen, a félicité la Chine pour l'atterrissage réussi de la sonde.

Ce n'est pas une tâche facile, a-t-il indiqué sur Twitter.

Nous espérons que tout un chacun pourra être en mesure d'étudier ces précieux (échantillons), qui pourraient profiter à la communauté scientifique internationale. Thomas Zurbuchen Chang' e 5 avait été lancée le 24 novembre depuis l'île tropicale d’Hainan (sud de la Chine). Elle était entrée en orbite lunaire samedi après un voyage de 112 heures.

Des technologies mises à l'épreuve

Le retour des roches sur Terre devrait intervenir avant la mi-décembre, en Mongolie-Intérieure (nord de la Chine). Mais avant ça, la sonde devra encore mener une périlleuse manœuvre technique.

À la différence de la mission soviétique Luna 24 de 1976, où le trajet Lune-Terre était effectué directement, la Chine utilisera une méthode bien plus ardue.

Les roches devront tout d'abord être placées dans un module de remontée (lequel devra regagner l'orbite lunaire) puis transvasées dans une capsule de retour, qui effectuera le voyage vers la planète bleue.

Au-delà de l'intérêt scientifique de ramener des échantillons, cette mission permet à la Chine de tester des manœuvres et des technologies cruciales pour mener à bien son projet d'envoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2030.

Ce n'est pas la première fois que le géant asiatique lance un engin vers l'astre lunaire dans le cadre du programme Chang'e du nom d'une déesse de la Lune selon la mythologie chinoise.

Il y a déjà fait atterrir deux petits robots téléguidés (Lapins de jade) en 2013 et 2019.

La Chine investit des milliards d'euros dans son programme spatial, afin de rattraper l'Europe, la Russie et les États-Unis.

Elle a envoyé son premier astronaute dans l'espace en 2003. Le géant asiatique vient par ailleurs d'achever en juin la constellation de son système de navigation Beidou, rival du GPS américain.

La Chine a également lancé cet été une autre sonde pour un long voyage de plusieurs mois vers Mars, où elle ambitionne de faire rouler un petit robot téléguidé dans le courant de l'an prochain.

Elle prévoit également d'assembler une grande station spatiale d'ici 2022.

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