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Les urgences débordent déjà dans la région de Montréal

L'urgence de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le taux d’occupation de l’urgence à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal est actuellement de 137 %.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Devant les urgences qui débordent déjà dans de nombreux hôpitaux de la province, mais tout particulièrement dans les régions de Montréal, la Montérégie, Lanaudière, Laval et les Laurentides, les médecins craignent encore plus que d’habitude l’arrivée du mois de janvier, traditionnellement très achalandé.

L’hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal, dont le taux d’occupation de l’urgence est actuellement de 137 %, n’échappe pas à cette affluence, qui est due indirectement à la COVID-19, selon l’urgentologue Bernard Mathieu.

En entrevue à Tout un matin, le médecin explique que bien que l’hôpital ait reçu beaucoup moins de patients COVID que lors de la première vague, la maladie a tout de même des conséquences importantes sur l’urgence, puisque, pour créer des zones d’isolation, elle a forcé la fermeture de multiples lits à travers l’hôpital dans lesquels on ne peut plus envoyer de patients provenant de son département.

Il y a énormément de lits qui sont fermés à cause de la COVID, en particulier parce qu’il y a des chambres doubles qu’on a transformées en chambres simples pour isoler des gens, pour prévenir des éclosions. Ce qui fait que notre parc de lit actif a beaucoup diminué. On a perdu 120 lits actifs dans notre hôpital. Ce que ça veut dire, c’est que les patients ne montent pas, indique-t-il.

L’urgence de Maisonneuve-Rosemont déborde depuis quelques semaines déjà, dit le médecin. Et le manque d’infirmières crée une situation potentiellement explosive, puisque le personnel n’est pas suffisant en temps normal pour combler tous les besoins.

La pénurie de personnel est majeure et n’est pas causée seulement par des gens qui sont absents à cause de la COVID. Il y a beaucoup d’absences à long terme qui sont surtout des dossiers d’épuisement professionnel. Ça, c’est un fléau dans le système de la santé actuellement. Ce n’est pas nouveau d’aujourd’hui, mais c’est probablement pire à cause de la pandémie et du stress que ça occasionne chez les soignants, avoue le Dr Mathieu.

En fait, selon les dires du premier ministre François Legault lui-même, plus de 6500 employés du réseau de la santé étaient mardi en congé de maladie ou en retrait préventif.

François Legault et le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, ont d’ailleurs dit s’inquiéter de la capacité du réseau de la santé à absorber plus de patients et songent à interdire les rassemblements de Noël pour éviter des éclosions incontrôlées de COVID-19. Ils doivent annoncer leur décision le 11 décembre.

Mais dans la tête du Dr Mathieu, la question est déjà réglée, comme pour la plupart de ses collègues.

Si c’était à moi de décider, je dirais que Noël, ça va aller en 2021. Le réseau est vraiment trop fragilisé pour se permettre d’avoir des éclosions en chaîne à partir du 24 décembre et d’avoir un mois de janvier qui dépasse toutes les limites, avec des patients hospitalisés pour la COVID qui augmentent en flèche. Actuellement, on a déjà une tendance à la hausse qui est vraiment régulière, déplore-t-il.

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