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Déblocage dans les négociations de paix entre Kaboul et les talibans

Six hommes afghans portant des tenues traditionnelles sont debout dans une salle de conférence.

Les membres de la délégation talibane qui participe aux négociations à Doha, au Qatar, lors d'une rencontre avec le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, le 21 novembre 2020. Le chef de la diplomatie américaine avait pressé les deux parties d'accélérer les pourparlers.

Photo : Reuters / Patrick Semansky/Pool

Radio-Canada

Le gouvernement afghan et la haute direction des talibans ont conclu mercredi une entente sur les modalités qui encadreront leurs négociations de paix. L’entente écrite, finalisée à Doha, au Qatar, est une première depuis le début de la guerre, en 2001.

Il s’agit d’une percée importante dans la mesure où les discussions entre les deux parties, lancées en septembre, étaient considérées comme embourbées depuis plusieurs semaines, faisant craindre un effondrement du processus de paix.

La procédure de négociation, y compris le préambule, a été finalisée et, à partir de maintenant, la négociation va s'engager sur (les questions à) l'ordre du jour, a confirmé Nader Nadery, membre de la délégation gouvernementale.

Mohammad Naïm, un porte-parole des talibans, a également tweeté que les procédures pour les pourparlers avaient été finalisées et que les négociations sur l'ordre du jour vont commencer.

Réagissant lui aussi sur Twitter, le président du Haut Conseil pour la réconciliation nationale du gouvernement afghan, Abdullah Abdullah, s'est félicité d'une première étape essentielle.

L'émissaire américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, grand architecte de l’accord conclu le printemps dernier entre les talibans et le gouvernement américain, a pour sa part salué une étape importante.

Dans un message publié sur Twitter, il affirme que l’entente entre les deux parties tient sur trois pages codifiant les règles et les procédures pour les négociations sur une feuille de route politique et un cessez-le-feu global.

Cette entente démontre que les parties peuvent s’entendre sur des enjeux difficiles. Nous félicitons les deux parties pour leur persévérance. […] Le peuple afghan peut maintenant espérer des progrès rapides sur une feuille de route politique et un cessez-le-feu.

Zalmay Khalilzad, émissaire des États-Unis pour l'Afghanistan

M. Khalilzad ajoute que les États-Unis entendent travailler avec le gouvernement et les talibans pour parvenir à une réduction importante de la violence et même à un cessez-le-feu pendant cette période de négociations. C’est ce que le peuple afghan veut et mérite, conclut-il.

Deux hommes se serrent la main.

L'émissaire américain Zalmay Khalilzad et le cofondateur des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, se serrent la main après avoir signé un accord de paix lors d'une cérémonie à Doha, au Qatar, le 29 février 2020

Photo : Getty Images / Giuseppe Cacace

Malgré les pourparlers de paix en cours à Doha, les talibans n'ont pas déposé les armes. Il y a dix jours, le ministère de l'Intérieur afghan leur imputait 53 attaques suicides et 1250 attentats ayant fait 1210 morts et 2500 blessés parmi les civils au cours des six derniers mois.

La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en Afghanistan, la Canadienne Deborah Lyons, a aussi salué un développement positif, sur Twitter. Cette percée devrait servir de tremplin pour parvenir à la paix que veulent tous les Afghans, a-t-elle commenté.

Les négociations entre le gouvernement afghan et les talibans ont commencé le 12 septembre, au lendemain du 19e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, qui ont entraîné l'intervention internationale menée par les États-Unis pour chasser du pouvoir les talibans, protecteurs du commanditaire des attaques, Oussama ben Laden.

Elles se déroulent dans l'hôtel de luxe ayant accueilli en février la signature de l'accord historique entre Washington et les talibans, qui a entériné le départ des forces étrangères d'Afghanistan d'ici mi-2021 en échange de garanties de sécurité, de progrès dans les pourparlers de paix et d'une réduction de la violence.

Le Pentagone a annoncé il y a deux semaines qu'environ 2000 des 4500 soldats américains actuellement déployés en Afghanistan seront rapatriés au plus tard le 15 janvier, quelques jours avant l'investiture du président désigné, Joe Biden.

La guerre en Afghanistan est la plus longue intervention militaire de l'histoire des États-Unis.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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