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Tous les membres d’une famille d’Edmonton sont atteints de la COVID-19

Georgia, Sadie,  et leurs parents Renée et Curtis devant leur maison.

La famille Englot pose devant la maison familiale en avril 2020.

Photo : Mike Isaak

Camille Renarhd

Plus de 16 000 Albertains ont présentement la COVID-19. Derrière ces données, il y a de vraies personnes dont la vie a été bouleversée.

Nos amis me disaient : "Tu es la première personne que je connais qui l'a", et peut-être devrions-nous plus dire : "J'ai la COVID-19", afin que les gens réalisent qu'il ne s'agit pas seulement de chiffres, mais aussi de personnes et probablement de personnes qu’ils connaissent , dit Renée Englot, la mère de Georgia, 20 ans, et de Sadie, 17 ans.

Mme Englot est toujours en convalescence après avoir contracté la COVID-19.

Depuis la mi-novembre, la famille de quatre personnes est en confinement. C'est Mme Englot qui a eu des symptômes en premier et qui, après un test de dépistage, a appris qu'elle était infectée. Un deuxième test de dépistage révélait que son mari et Sadie avaient aussi contracté le virus. À ce moment-là, seule Georgia semble épargnée.

Georgia est l’aînée des filles. Elle étudie en sciences politiques à l’Université de l’Alberta. Studieuse et engagée, elle a à cœur les droits de la personne. Elle participe aux marches pour le climat, défend les droits des personnes LGBTQ2+ et a incité les jeunes à voter aux dernières élections provinciales.

Les malades d'un côté, la résistante de l'autre

Initialement, les trois membres de la famille infectés sont restés ensemble dans la chambre des parents, qui a une salle de bain indépendante. Renee Englot explique que c'était logique que la personne qui n’était pas malade [Georgia] touche la nourriture.

C’était vraiment stressant!

Georgia Englot

Au bout d’une journée, la famille a constaté que Georgia ne pouvait cuisiner trois repas par jour et mener à bien ses travaux universitaires de fin de semestre. Les camps ont donc changé de place.

Pendant une semaine, Georgia est restée isolée dans la chambre principale. Ses parents déposaient ses repas devant sa porte en s’assurant de porter un masque et des gants.

C'était vraiment un peu bizarre, j'avais la même table pour les travaux scolaires et pour manger, et pour tout.

Georgia Englot

Isolée en isolement

Elle avoue s’être sentie très isolée et que son seul moment où elle voyait quelqu'un, c'était le soir lorsqu’elle avait une discussion avec ses parents, tous portant un masque et séparés de 2 mètres de part et d’autre de la porte de la chambre.

Elle s’est crue épargnée, mais le verdict est arrivé au neuvième jour : un troisième test de dépistage s'est avéré positif. Georgia avait été infectée, malgré les précautions prises par sa famille.

Sa petite soeur, Sadie, en 12e année, avoue être aussi très stressée par la situation. Je vois le nombre de cas positifs continuer à augmenter, et cela me fait vraiment peur, dit-elle. Et je n'ai aucune idée du moment où ĵe pourrai sortir de la maison parce que les directives sont très confuses.

Certains des symptômes sont très communs, et c’est déconcertant, comme la fatigue, le manque d'énergie et les maux de tête.

Sadie Englot

Sadie a le droit de sortir, mais pense que ce n’est pas sécuritaire, car elle n’est pas certaine que tous ses symptômes aient disparu.

Qu'as-tu fait de mal?

Renée Englot explique que, lorsqu’elle a reçu le résultat positif de son test par texto, il était 2 heures du matin.

Impossible de se rendormir après cette nouvelle, avoue-t-elle. Elle se posait mille questions : Qu'est-ce que cela signifie? Ma famille va-t-elle s'en sortir? Avec qui ai-je été en contact? À qui d'autre ai-je fait prendre des risques? Est-ce que j'ai passé la maladie à quelqu'un d'autre? Comment allons-nous nous en sortir?

Elle trouve que les instructions du gouvernement ne sont pas claires et qu’il est très difficile de savoir quoi faire lorsque toute la famille est malade et qu'on essaye soi-même de combattre les effets de la maladie.

Il est risqué d'avoir des personnes malades et pas forcément d’instructions claires.

Renée Englot

Renée, Georgia et Sadie Englot admettent se sentir démunies devant la situation. Elles n’ont aucune idée de la façon dont elles ont été infectées.

Parfois, on se demande si on a fait quelque chose de mal. Pourtant, on suivait toutes les recommandations et on ne sait pas où on a attrapé la maladie. Je suis même surprise de l'avoir. C'est vraiment étrange, et j'espère que mes symptômes disparaîtront bientôt, dit Georgia, la voix éraillée par la toux.

Renée explique que les membres de la famille ont reçu beaucoup d’attention et de marques de gentillesse, mais qu’il y a eu des sous-entendus : Pas de blâme direct, mais beaucoup de : "Qu'avez-vous fait pour que cela arrive?"

Je pense que les gens seront probablement moins ouverts et honnêtes si, lorsqu'ils contactent des personnes pour les prévenir qu’ils ont la COVID-19, leurs réactions, c'est : "Vous avez fait une erreur, c'est pour ça que vous êtes tombé malade."

Renée Englot

Georgia trouve qu’il y a quand même des moments positifs qui ponctuent cette traversée familiale éprouvante. Elle passe plus de temps avec les membres de sa famille et a le temps de prendre des repas avec eux, alors que, d’habitude, la fin de l’année est une période où ils ne font que se croiser, car chacun d'eux est occupé.

Nous prenons tous soin les uns des autres.

Georgia Englot

Elle a même eu le temps de jouer de la viole pendant son confinement, car elle fait partie d’un orchestre, et les répétitions continuent en ligne.

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