•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des organismes de la région demandent plus d'investissements pour le dépistage du VIH

Une femme tient dans ses mains un ruban rouge.

Le ruban rouge est devenu le symbole de la lutte contre le VIH/sida. (archives)

Photo : La Presse canadienne / AP/Alvaro Barrientos

Radio-Canada

Alors que la COVID-19 fait les manchettes tous les jours, une autre pandémie fait des ravages, mais en silence. En cette journée mondiale du Sida, des organismes demandent plus d'argent aux gouvernements pour enrayer le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

Sylvain Laflamme directeur général du Bureau régional d'action sida (BRAS) Outaouais ne peut s'empêcher d'établir un lien avec la pandémie actuelle et le VIH qui afflige 60 000 Canadiens.

Regardez la belle mobilisation qui se fait actuellement tant au niveau de la communauté internationale qu’au niveau politique, au niveau scientifique, sur la COVID-19, fait-il remarquer. Ce dernier souligne que dans les dernières décennies, il y a eu beaucoup de recherche pour le VIH, mais qu'il ne faut pas s'arrêter là. C'est comme si on était arrivés presque au fil d'arrivée et qu'on arrêtait la course, illustre-t-il.

Sylvain Laflamme, en entrevue.

Sylvain Laflamme explique que depuis le début de la pandémie de COVID-19, le BRAS Outaouais répond de plus en plus à des besoins de base chez sa clientèle.

Photo : Radio-Canada

M. Laflamme demande plus de financement de la part des gouvernements pour la prévention et le dépistage du virus. Il faut mettre de l’argent dans le dépistage [...] il y a une faille à ce niveau-là et je pense que les gouvernements doivent s’attarder aux soins de santé, ajoute-t-il.

« Oui c’est possible de mettre fin à une épidémie, mais il faut des ressources financières et ça, ça manque actuellement à travers le monde, au Québec. »

— Une citation de  Sylvain Laflamme, BRAS Outaouais

Ce dernier estime que sans amélioration du côté du dépistage, le risque de voir plus de cas augmente et que, dans un contexte de pandémie, les personnes qui contractent le VIH pourraient décider de se tenir loin des hôpitaux.

Il reste plusieurs mythes à défaire concernant le VIH, selon M. Laflamme. Il y a encore des gens qui pensent qu'on peut attraper le VIH sur le bol de toilette, souligne-t-il d'abord avant d'ajouter que la population homosexuelle n'est pas la seule à être touchée par le virus.

Un meilleur accès au dépistage

L'organisme Max Ottawa tente d'augmenter l'accès au test de dépistage. Les résidents de la capitale nationale peuvent se faire livrer à la maison, une trousse permettant de se tester soi-même.

On croit vraiment que ça va surtout aider plusieurs populations qui avant n'accédaient pas au testing de pouvoir maintenant commander en ligne, mentionne Matthew Harding, en entrevue.

Cette initiative pourrait d'ailleurs être exportée vers d'autres provinces, selon lui. Comme il ne faut pas attendre un vaccin contre le VIH, l'option du dépistage reste la meilleure.

Entre temps, les acteurs du milieu souhaitent la fin de la stigmatisation des personnes atteintes du VIH. Des personnes qui sont séropositives peuvent vivre une vie complètement normale avec un niveau sérologique qui est indétectable, qui veut dire qui est intransmissible, poursuit M. Harding.

Qu’on arrête de nous discriminer, ça donne quoi ? On est des êtres humains comme tout le monde, demande Michel Charron, lui-même atteinte de VIH.

Lorsque celui-ci a reçu un diagnostic positif au VIH, les médecins lui ont annoncé qu'il ne lui restait pas plus de six mois à vivre. C'était il y a 33 ans.

C'est comme un coup de poing que tu reçois dans la face. Tu te dis il me reste six mois, qu'est ce que je fais, se rappelle-t-il. Et je me suis dit à l'époque : "ce n'est pas cette maladie-là qui va m'emmener". Et vois-tu ? Je suis encore là.

Michel Charron, en entrevue à l'extérieur. Derrière lui, une rangée de grands feuillus dénudés

Michel Charron souhaite que l'on fasse plus de sensibilisation, particulièrement auprès des jeunes.

Photo : Radio-Canada

Ce dernier soutient que la médication a beaucoup évolué au courant des 30 dernières années, c'est ce qui lui a permis de vivre toutes ces années.

« Moi à l'époque, quand j’ai été diagnostiqué, il n’y en avait qu’un seul [médicament], mais par la suite ça a augmenté. Je pense qu’on est rendu pratiquement à 55 médicaments différents. »

— Une citation de  Michel Charron

M. Charron soutient que la stigmatisation est toujours bien présente dans la population, mais qu'elle est plus insidieuse. C’est plus caché, on n’en parle plus, commente-t-il, espérant que la population sera davantage sensibilisée sur le sujet.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et d'Ismaël Sy

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !