•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mise à jour économique fédérale : des attentes élevées pour la suite

Chrystia Freeland marche avec un parapluie dans une rue d'Ottawa.

Après la mise à jour économique présentée par la ministre Freeland, des groupes comme Greenpeace et Équiterre attendent maintenant avec impatience le plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre du gouvernement Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Subvention de rénovation, financement pour les véhicules électriques et argent pour planter des arbres : les mesures vertes contenues dans l'énoncé économique du gouvernement Trudeau ont reçu un accueil tiède des groupes environnementaux.

Certains d'entre eux ont accueilli chaleureusement les mesures gouvernementales.

Il est certes encourageant de constater que les investissements annoncés nous aideront à répondre en même temps à la double crise à laquelle nous sommes confrontés : la pandémie et l’effondrement écologique, a écrit Ian Bruce, directeur général par intérim de la Fondation David Suzuki.

D'autres sont plus nuancés. Équiterre, par exemple, a salué les mesures comme la création d'un nouveau fonds pour trouver des solutions climatiques naturelles pour l’agriculture.

Par contre, l'organisme note que la proportion d'investissement en relance verte est faible par rapport au budget des dépenses globales.

Le gouvernement aurait pu faire le choix de dire : on se concentre sur la pandémie, on verra au budget. Mais non, ils ont décidé de marcher et mâcher de la gomme en même temps, illustre Marc-André Viau, porte-parole d'Équiterre. Bon, c'est une toute petite gomme qui perd rapidement de la saveur, mais c'est une gomme quand même.

Il note toutefois qu'il en faudra plus, et ce, très rapidement, afin d'atteindre les objectifs du Canada.

Le problème avec l'annonce de lundi, c'est que les attentes étaient importantes, selon Greenpeace.

Il manque de viande autour de l'os, explique Patrick Bonin, responsable des politiques climatiques pour l'organisme.

Ce ne sont pas de mauvaises mesures, mais on s'attendait à beaucoup plus, comme des investissements supplémentaires en transports collectifs et actifs.

Patrick Bonin, responsable des politiques climatiques pour Greenpeace

Selon M. Bonin, le gouvernement aurait pu envoyer davantage de signaux au sujet de ses futurs investissements verts et sur son plan pour une relance plus équitable et solidaire.

Le gouvernement a tendance à faire monter les attentes dans la population, puis à faire des propositions en deçà de ses promesses et de ses engagements, déplore M. Bonin.

Greenpeace et Équiterre attendent maintenant avec impatience le plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui devra permettre d'atteindre et même de dépasser la cible de 2030, comme l'assure Justin Trudeau.

Ils espèrent que le gouvernement fera des annonces significatives au cours des prochains jours et qu’il ne repoussera pas les principales mesures après les prochaines élections, ce qui ferait perdre de précieux mois dans la lutte contre les changements climatiques, selon eux.

Un ancien conseiller libéral très critique

L'ancien conseiller de Justin Trudeau et de Bill Morneau, Robert Asselin, est quant à lui resté sur sa faim.

M. Asselin, maintenant vice-président au Conseil canadien des affaires, s'attendait à ce que la ministre des Finances présente un plan beaucoup plus détaillé sur la direction que le pays compte prendre et qu’elle se donne de véritables ancrages fiscaux pour rassurer les investisseurs.

On n'a pas de mesures pour le contrôle des dépenses publiques et on n'a pas de plan de relance comme d'autres pays, souligne-t-il.

Il rappelle que d'autres pays ont annoncé depuis un bon moment la direction qu'ils comptent suivre pour sortir de la crise économique. Radio-Canada avait d'ailleurs fait un survol de certaines de ces propositions.

M. Asselin déplore aussi que les annonces faites par le gouvernement ne rendront pas nécessairement l’économie canadienne plus productive.

Subvention pour la rénovation : ça fonctionne?

Le gouvernement a promis 2,6 milliards de dollars sur sept ans afin de faire des rénovations vertes dans 700 000 foyers, grâce à une subvention de 5000 $.

L'Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec a accueilli favorablement la mesure, tout comme l'Association de la construction du Québec, qui espère toutefois qu'elle ne se limitera pas au secteur résidentiel.

Nous souhaitons que les petits commerces comme les dépanneurs, les salons de coiffure, par exemple, puissent avoir accès à ce type de crédit d’impôt, explique Guillaume Houle, responsable des Affaires publiques à l'ACQ. Cela aiderait grandement toutes ces petites PME et aurait un effet très positif pour nos membres.

Pour Brendan Haley, directeur des politiques à Efficacité énergétique Canada, la subvention est une bonne mesure, mais n'est qu'un outil dans un coffre beaucoup plus gros. Et si le gouvernement Trudeau veut avoir un réel impact sur le secteur résidentiel, qui représente 17 % des émissions de GES, il va devoir faire d'autres propositions.

Seule, une subvention de 5000 $ n'aura pas un effet draconien sur l'économie d'énergie nécessaire pour atteindre nos cibles, explique M. Haley. Une vraie rénovation écoénergétique peut coûter de 30 000 $ à 70 000 $. Il y a donc un danger qu'en mettant en place des mesures superficielles, on rate une occasion de bien rendre nos bâtiments carboneutres.

Il faudra selon lui d'autres mesures comme celle promise par les libéraux en campagne électorale : un prêt de 40 000 $ sans intérêt pour les rénovations vertes. M. Halay espère aussi que le gouvernement mette en place un programme pour aider les foyers moins nantis.

En Europe, les gouvernements ont décidé de changer la nature même du marché pour les rénovations vertes, en choisissant des quartiers entiers ou des types de bâtiments à rénover d'un coup, afin de générer des économies d'échelle et faciliter la vie des gens vivant dans ces bâtiments.

Brendan Haley, directeur des politiques à Efficacité énergétique Canada

Brendan Haley espère surtout que le gouvernement présentera une stratégie à long terme en ce qui concerne la rénovation verte. En plus des avantages pour le climat, cela permettrait de créer de l'emploi à long terme dans le secteur de la construction, qui risque d'être aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre une fois la pandémie terminée.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !