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La Première Nation de Shamattawa veut l’aide de l’armée pour combattre la COVID-19

L'enseigne des Forces armées sur la manche d'un uniforme militaire.

Le chef de la Première Nation de Shamattawa espère recevoir l'appui des militaires.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Aux prises avec une éclosion de COVID-19, la Première Nation de Shamattawa a recensé 30 nouveaux cas dans la communauté dimanche. Pour faire face à cette situation, les responsables demandent l’intervention des Forces armées canadiennes.

Ces nombres sont vraiment, vraiment très effrayants pour nous, souligne Eric Redhead, chef de la Première Nation de Shamattawa. Nous sommes un peu perdus. Nous avons déployé toutes les ressources dont nous disposons et, vraiment, cela ne va nulle part.

Selon lui, il y a en tout 60 cas de COVID-19 dans la communauté. Entre 30 et 35 d’entre eux sont placés en isolement hors réserve.

La Première Nation de Shamattawa se situe à 745 kilomètres au nord-est de Winnipeg. Elle n’est accessible que par les airs. Elle compte un peu plus de 1000 résidents.

Couvre-feu, masques obligatoires, limitation du nombre de personnes dans les épiceries ou encore fermetures des écoles et de bureaux font partie des mesures d’urgence qui y ont été mises en place pour limiter la propagation du virus.

Selon le chef, des responsables ont même prêté main-forte pour le contrôle des ordonnances ou pour la désinfection des maisons des personnes qui ont été déclarées positives à la COVID-19.

Les logements, facteur de propagation

Certains de nos membres se sont vraiment pliés aux restrictions et ont pris la chose très sérieusement, explique le chef. Mais il y en toujours qui refusent de prendre la menace au sérieux et qui compliquent la situation.

Selon lui, les conditions de logement des membres sont aussi un facteur de la propagation du virus. Dans plusieurs cas, une douzaine de personnes vivaient sous le même toit et ont été forcées de quitter leur habitation car elles ont été testées positives et devaient s’isoler ailleurs selon le chef.

Je pense vraiment que si nous avions des logements adéquats et que nous étions capables de garder une distance de sécurité entre nous, la situation ne serait pas aussi mauvaise.

Eric Redhead, chef de la Première Nation de Shamattawa

La Croix-Rouge est dans la communauté et aide aussi les personnes à s’isoler dans des hôtels en dehors de la Première Nation, indique le chef.

Eric Redhead souhaite une intervention militaire à l’image de celle qui a eu lieu dans la Nation crie d’Opaskwayak. Il souhaite la création d’hôpitaux militaires et de l’aide pour surveiller et isoler les patients atteints de la COVID-19.

Eric Redhead note que les autres communautés ont eu des nombres similaires à ceux de Shamattawa mais, selon lui, ces communautés sont 4 à 5 fois plus grandes.

Ce dernier indique aussi que, en plus de la COVID-19, sa communauté a fait face à une augmentation des cas de tuberculose l’été dernier.

Soutien de Niki Ashton

Lundi, la députée néo-démocrate fédérale de Churchill Keewatinook Aski, Niki Ashton, a envoyé une lettre au ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, pour appuyer cette demande.

Je voudrais soutenir l’appel d’urgence de la Première Nation pour que les Forces armées canadiennes interviennent et viennent lui prêter main-forte dans ce combat pour sauver des vies, écrit la députée, qui décrit la situation comme particulièrement inquiétante.

Niki Ashton explique aussi que l’augmentation du nombre de personnes avec la tuberculose lui fait craindre que les membres de la Première Nation soient plus vulnérables face la COVID-19.

Shamattawa a besoin d’aide maintenant des Forces armées canadiennes, insiste-t-elle. De l’aide est nécessaire pour le dépistage et le traçage des contacts. De l’aide est nécessaire pour organiser la logistique concernant l’isolement et la communication des ordonnances de santé publique.

Les Premières Nations très touchées

Plus de la moitié des 63 Premières Nations au Manitoba ont des cas de COVID-19.

Les membres des Premières Nations comptent pour 19 % du total des cas actifs dans la province, un quart des hospitalisations et 17 patients sont aux soins intensifs selon les derniers chiffres du bulletin des Premières Nations du Manitoba publié lundi.

Le bulletin, daté de ce week-end, note que six membres de Premières Nations font partie des morts annoncés ce week-end par la province, dont un garçon de moins de 10 ans qui vivait à Winnipeg.

Avec les informations de CBC

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