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Pénurie d'électroménagers et de pièces au Québec

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Une série de réfrigérateurs.

Une série de réfrigérateurs.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Maxime Denis

En 2020, la pénurie d'électroménagers liée à la pandémie a fait en sorte que davantage de gens se sont tournés vers la réparation. Depuis deux ans déjà, certains réparateurs de Québec constatent une hausse de la demande en raison de soucis financiers ou écologiques.

Chez Monfette Service dans Limoilou, le téléphone ne cesse de sonner. Son propriétaire, Marco Bussières, constate une hausse d'au moins 10 % des ventes depuis le début de la crise de COVID-19.

On se rend compte que les appareils neufs sont plus difficiles d'accès, donc les gens vont se tourner davantage vers la réparation. Dans les pièces, on a depuis le mois de septembre des pièces en rupture de stock pour la majorité de nos fabricants. Des pièces courantes avec lesquelles on n'avait pas ce problème-là avant, explique M. Bussières.

Les ventes explosent

Même son de cloche chez Lévesque Électroménagers dans Saint-Sauveur, où les ventes ont explosé depuis le printemps.

La COVID a affecté toute la chaîne d'approvisionnement, à partir du manque de la disponibilité de la matière première, les pièces dans les usines, la fabrication, et maintenant c'est la distribution aussi, lance le propriétaire de Lévesque Électroménagers, Karl Desbiens.

Le protectionnisme des fabricants basés en sol américain aurait contribué au manque d'appareils disponibles ici.

Les usines ont aussi diminué leur gamme de produits. Ce qui fait en sorte que, présentement, il y a des produits qu'on ne peut avoir seulement dans deux, trois, quatre mois, même six mois, résume Karl Desbiens.

Il estime à 20 % la hausse des ventes d'électroménagers au Québec.

On est l'un de ces secteurs d'activités, au même titre que les piscines, les vélos, les ski-doos, la rénovation dans les maisons, dans les quincailleries. On a "profité" un peu de cette masse-là de clients.

Des ensembles de laveuses-sécheuses.

Des ensembles de laveuses-sécheuses

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

En plus de problèmes d'approvisionnement en électroménagers et en pièces, les appareils neufs ajoutent une pression de plus sur le marché de la réparation puisqu'ils ne sont plus aussi durables que ceux du passé.

Aujourd'hui, tout est électronique, avec plein de capteurs et de fonctions. Tout ça fait qu'il y a plus de composantes, donc plus de risques qu'ils brisent, informe M. Bussières.

Prendre son mal en patience

La patience est de mise puisque le retour à la normale n'est pas prévu avant plusieurs mois.

L'industrie dit l'été prochain. Mais d'après moi, avant que tout se remette en branle, que tout le monde soit vacciné et que la machine reparte, la disponibilité des pièces, je ne pense pas avant 2022, songe M. Desbiens.

Même prévision chez Maufette Service.

D'après moi, un bon six mois avant que tout revienne. Parce qu'il a fallu ça six mois avant que l'effet se fasse sentir. Car ils ont des réserves. D'après moi pour refaire tout le processus de fabrication et que ça suffise à la demande, on va encore vivre ça pour l'hiver, estime Marco Bussières.

Si Lévesque Électroménagers a observé une forte demande pour les ensembles cuisinière-réfrigérateur-lave-vaisselle, Monfette Services a surtout vu une augmentation pour un produit en particulier qui démontre le retour aux fourneaux de bien des Québécois.

On n'a jamais vendu autant d'éléments de poêles, même qu'on en a manqué!

Marco Bussières, propriétaire, Clément Monfette Service
Un mur d'un magasin montrant une série d'éléments de cuisson.

Des éléments de cuisson dans un magasin

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Nouveau règlement

Québec obligera les fabricants d'électroménagers à s'assurer de la fin de vie de leurs produits. Le règlement étant initialement prévu pour le samedi 5 décembre, une tolérance sans sanction sera permise aux intervenants concernés jusqu'au 1er avril 2021, en raison de la pandémie.

Les réfrigérateurs, congélateurs, cuisinières, climatiseurs, lave-vaisselle, laveuses et sécheuses devront être récupérés ou valorisés par les manufacturiers.

Cette modification au Règlement sur la récupération et la valorisation de produits par les entreprises réduirait de 200 000 tonnes les émissions de gaz à effet de serre par an.

Québec investira un total de 90 millions $ sur 10 ans pour ne pas refiler la facture aux consommateurs.

Selon Recyc-Québec, un réfrigérateur désuet et mal récupéré peut équivaloir aux émissions d'une voiture qui parcourt 17 000 km par an, soit 3 tonnes de CO2.

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