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Une mère soupçonnée d'avoir enfermé son fils pendant près de 30 ans en Suède

Une porte sur laquelle des policiers ont posé un ruban bleu et blanc et un avertissement.

Des scellés ont été placés sur la porte de l'appartement et des spécialistes des scènes de crime ont été vus quittant les lieux par un photographe de l'AFP.

Photo : AFP / Jonathan Nackstrand

Agence France-Presse

Les autorités suédoises ont annoncé mardi l'arrestation d'une septuagénaire soupçonnée d'avoir enfermé pendant près de 30 ans son fils, découvert dans leur appartement en banlieue de Stockholm avec des plaies infectées, sous-alimenté et ayant perdu presque toutes ses dents, selon plusieurs médias.

La mère, âgée de 70 ans, est soupçonnée de privation illégale de liberté et d'avoir provoqué des blessures physiques, a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, Ola Österling.

Selon les journaux populaires à grand tirage Expressen et Aftonbladet, cette femme a maintenu son fils quasiment intégralement reclus pendant 28 ans, après l'avoir retiré de l'école quand il en avait 12.

Ce dernier, désormais âgé de 40 ans, a été enfermé pendant très longtemps dans l'appartement familial, a seulement voulu commenter le porte-parole de la police.

Les versions de la mère et du fils doivent encore être entendues.

Les faits se sont déroulés au premier étage d'un immeuble quelconque de briques jaunes situé à Haninge, dans le quartier modeste de Handen, à une vingtaine de kilomètres du centre de la capitale suédoise.

C'est une femme membre de la famille qui a donné la première alerte.

Dimanche, elle a pu entrer dans l'appartement où se trouvait le fils, profitant de l'absence de la mère, hospitalisée, a raconté Expressen.

Une camionnette de la police suédoise devant un modeste immeuble jaune et gris.

C'est dans ce bloc-appartements qu'a été trouvé l'homme.

Photo : AFP / Jonathan Nackstrand

Je suis choquée, écoeurée, mais en même temps soulagée. J'attendais ce jour depuis 20 ans parce que j'avais réalisé qu'elle contrôlait complètement sa vie, mais je n'aurais jamais imaginé cette ampleur, a-t-elle dit anonymement au tabloïd.

Le fils avait des blessures qui s'étaient infectées aux jambes, il pouvait à peine marcher ou parler et n'avait pratiquement plus aucune dent. La police n'a pas confirmé ces détails, mais a précisé qu'il avait dû être hospitalisé.

Il y avait de l'urine, de la saleté et de la poussière. Ça sentait le moisi [...] Personne n'a pu avoir fait le ménage depuis des années, a dit la proche qui l'a découvert. En raison de la présence d'amas de détritus, on pouvait à peine se faufiler dans l'appartement.

Quelle a été la motivation de la mère? Selon ce membre de la famille, elle avait convaincu son fils que tout le monde était contre eux et qu'elle était la seule à pouvoir les protéger.

Cette proche affirme avoir alerté à plusieurs reprises les services sociaux ces dernières années, mais personne ne m'a cru, personne, dit-elle, notamment parce que le fils pouvait, semble-t-il, très occasionnellement sortir.

Une voisine a ainsi raconté au tabloïd Aftonbladet l'avoir croisé au supermarché il y a quelques mois.

Des techniciens de la police entrant dans un appartement.

Une équipe scientifique spécialisée dans l'analyse de scènes de crimes a été dépêchée sur place.

Photo : AFP / Jonathan Nackstrand

Mais la plupart des voisins interrogés par l'AFP ou cités dans la presse affirment quant à eux ne pas l'avoir vu pendant des années, voire jamais.

Tove Boman, une femme de 24 ans vivant dans l'immeuble voisin, ne connaissait ainsi que la mère. J'ai grandi ici, donc j'ai toujours su qui elle était, un peu bizarre, a-t-elle déclaré à l'AFP.

Kenth Svedberg, un travailleur social à la retraite de 73 ans, avait bien remarqué une odeur désagréable en provenance de l'appartement, mais ne s'en était pas alarmé.

Avec la mère, on parlait de choses sans importance, comme il est d'usage, explique une autre voisine à Aftonbladet. Parfois, je demandais des nouvelles du garçon, elle me disait qu'il allait bien, elle ne parlait jamais vraiment de lui.

Elle trouvait toutefois étrange que leur fenêtre ne soit jamais ouverte et que ce soit toujours le même chandelier qui se soit trouvé devant pendant 30 ans.

Mais que faire? Comment savoir ce qui se passe derrière la porte? C'est affreux, on ne peut pas croire que cela soit vrai, se désole-t-elle.

La mère conteste les chefs d'accusation. Elle doit être entendue et présentée à un juge d'ici à jeudi.

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