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Pourquoi le nord-est de Calgary compte-t-il autant de cas de COVID-19?

Un autocollant apposé au sol dans un supermarché demande aux clients de respecter les mesures de distanciation physique.

Un supermarché de Calgary encourage ses clients à respecter les mesures de distanciation physique.

Photo : Radio-Canada / Dan McGarvey

Radio-Canada

Les quartiers situés dans le nord-est de Calgary, qui accueillent de nombreuses communautés immigrantes, sont les plus touchés par la COVID-19 en Alberta depuis plusieurs semaines.

La situation s’expliquerait entre autres par les types d’emplois occupés par la population locale, les foyers multigénérationnels et les barrières linguistiques et culturelles, selon des membres de ces communautés.

Dimanche, les quartiers du nord-est de Calgary comptaient 1194 cas de COVID-19, pour une population d’environ 115 000 résidents.

Selon le conseiller municipal, George Chahal, la situation s’explique en partie par le type d’emplois occupés par les habitants de la région.

Beaucoup de gens dans cette partie de la ville ont plusieurs emplois de première ligne et sont en contact avec beaucoup de personnes,

George Chahal, conseiller municipal de Calgary

Il y a un risque d’exposition plus élevé, mais je crois que tout le monde fait de son mieux pour s’assurer d’être en sécurité et de protéger les autres, ajoute-t-il.

George Chahal

George Chahal connait bien les communautés du nord-est de Calgary.

Photo : Radio-Canada / Dan McGarvey

L’agent immobilier et animateur d’une émission de radio hebdomadaire en punjabi, Dan Sidhu, vit dans le nord-est de Calgary depuis 25 ans.

Selon lui, beaucoup de résidents sont des immigrants et de nouveaux arrivants qui travaillent dans des usines, occupent des emplois en entretien ménager ou dans le transport, comme chauffeur de taxi.

Il ajoute que la plupart n’ont pas la chance de travailler à la maison.

Nous devons sortir pour gagner notre vie et payer nos factures. Nous n’avons pas le choix.

George Chahal, conseiller municipal de Calgary

Il y a un nombre disproportionné de nouveaux arrivants qui travaillent dans des industries où les risques d’exposition au virus sont plus élevés, confirme Anila Lee Yuen, la PDG du Centre for Newcomers à Calgary.

Foyers multigénérationnels et liens communautaires

Dan Sidhu croit que les maisons multigénérationnelles, où plusieurs membres d’une même famille vivent sous le même toit, expliquent aussi la propagation du virus dans les communautés.

La majorité des familles vivent en groupe, avec les aînés, les parents et les enfants. Il peut facilement y avoir six ou sept personnes sous un même toit, dit-il.

Les loyers plus abordables ainsi que la concentration de ressources pour les nouveaux arrivants font partie des facteurs qui expliquent la présence de communautés immigrantes dans cette partie de la ville.

La population y est plus dense donc même lorsque les gens adhèrent aux protocoles sanitaires, il peut y avoir des problèmes, explique Anila Lee Yuen.

Selon elle, le tissu social de plusieurs de ces groupes ethniques est souvent construit autour de la communauté, ce qui explique pourquoi les nouveaux arrivants sont parfois exposés à plus de gens. Les rassemblements religieux par exemple, très importants dans les communautés d’Asie du Sud comportent des risques.

Des personnes religieuses sont agenouillées sur leur tapis de prière dans un sanctuaire en gardant de l'espace entre eux.

Plusieurs lieux de culte, comme les mosquées, organisent des séances de prière virtuelles depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Jayanta Chowdhury et sa famille sont parmi la trentaine de personnes qui ont été contaminées en mars lors d’une séance de prière animée par un pasteur atteint de la COVID-19 en provenance de Singapour.

Le problème dans nord-est, c’est que les gens ne se rendent pas compte de la sévérité [de la maladie NDLR], déplore-t-il.

Anila Lee Yuen souligne d’ailleurs que les concepts comme celui de bulle sociale sont encore plus difficiles à comprendre pour les personnes qui ne parlent pas anglais.

Selon elle, les médias publiés par les communautés culturelles ainsi que les organismes communautaires font du mieux qu’ils peuvent pour traduire et diffuser les directives de la province.

Le principal problème est que les gens sont confus par rapport à ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire.

Anila Lee Yuen, Centre for Newcomers

La province s’inquiète

La semaine dernière, le premier ministre, Jason Kenney, a participé à une émission de radio diffusée sur les ondes RED FM, une station du nord-est de Calgary qui cible les communautés sud-asiatiques, afin de parler des nouvelles restrictions en Alberta.

Nos recherches démontrent que la principale source des cas de COVID-19 est les rassemblements sociaux privés, a-t-il expliqué en précisant qu’il ne sert à rien de stigmatiser les communautés.

Jason Kenney.

Selon Jason Kenney, les rassemblements privés sont la principale source de contamination à la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

La ministre des Services sociaux et communautaires et députée de Calgary Nord-Est, Rajan Sawhney, affirme que la province a fourni du financement aux organismes communautaires afin de les aider à sensibiliser les nouveaux arrivants et les aînés aux risques de la COVID-19.

Elle s’est également adressée à ses électeurs en punjabi sur Facebook pendant le week-end.

Il est important d’expliquer ces mesures dans différentes langues et de travailler avec nos partenaires communautaires et les institutions religieuses, a-t-elle déclaré.

Il ne sert à rien de pointer les gens du doigt, de les blâmer ou de les humilier. [...] La dynamique est tout simplement différente et les gens vivent différemment, a-t-elle ajouté.

Avec les informations de Dan McGarvey

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