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Déçu de Nétanyahou, Gantz prône une dissolution du Parlement israélien

Les deux politiciens en conférence de presse.

Benny Gantz (à gauche) et Benyamin Nétanyahou (droite) en juillet dernier.

Photo : Associated Press / Tal Shahar

Agence France-Presse

Le partenaire du premier ministre Benyamin Nétanyahou dans le gouvernement d'union israélien, Benny Gantz, a annoncé mardi soir son intention de voter dès mercredi en faveur d'une motion de l'opposition demandant la dissolution du Parlement et la tenue de nouvelles élections.

Le parti centriste Bleu-Blanc votera demain en faveur de la dissolution du Parlement, a déclaré M. Gantz, chef de cette formation, lors d'une allocution télédiffusée à la veille d'un vote préliminaire sur une motion de l'opposition demandant la dissolution de la Chambre.

Mais M. Gantz, actuellement ministre de la Défense dans le gouvernement d'union, a dans le même temps appelé M. Nétanyahou à faire voter le budget par le gouvernement afin que les citoyens d'Israël ne se retrouvent pas aux urnes en mars.

Il a ainsi exhorté le premier ministre, qu'il a accusé notamment de faire valoir son intérêt personnel avant celui d'Israël, à en arriver à un compromis afin d'adopter le budget pour l'année 2020, où le pays n'a toujours pas de ligne directrice pour ses finances publiques, et 2021.

Le temps n'est pas aux élections, mais à l'unité, avait déclaré Benyamin Nétanyahou, quelques minutes avant l'allocution de Benny Gantz, affirmant que la classe politique devait se souder face à la pandémie de COVID-19 qui a notamment fait exploser le chômage en Israël.

Un quatrième scrutin en deux ans?

Accusant l'actuel gouvernement d'union d'être le pire de l'histoire d'Israël et de ne pas avoir su gérer la crise du coronavirus, le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, a ainsi demandé la tenue d'un vote mercredi pour dissoudre la Knesset, le Parlement.

Une dissolution du Parlement provoquerait la tenue de nouvelles élections nationales, les quatrièmes en moins de deux ans, en Israël, après trois scrutins ayant placé les troupes du premier ministre Benyamin Nétanyahou et de l'ex-chef de l'armée Benny Gantz au coude-à-coude.

Après trois scrutins n'ayant permis à aucun des deux de rallier une majorité de députés sur les 120 de la Knesset, ils s'étaient entendus au printemps pour former un gouvernement d'union et de crise en pleine période de coronavirus.

Mais ces derniers mois, la presse locale a fait état de nombreuses dissensions entre Benyamin Nétanyahou et Benny Gantz, qui a donc annoncé mardi soir qu'il allait voter pour la dissolution de la Knesset.

Encore un peu de temps pour négocier

Le vote de mercredi est un vote préliminaire. Et une dissolution de la Chambre exige que le projet de l'opposition soit adopté en troisième lecture.

Selon des commentateurs politiques, en votant cette motion visant à dissoudre la Knesset, Benny Gantz ne chercherait pas nécessairement à provoquer des élections, mais à faire pression sur Benyamin Nétanyahou afin de rétablir la coalition.

Si la Knesset était dissoute, des élections seraient convoquées 90 jours plus tard avec un possible changement de configuration politique en Israël.

Les derniers sondages créditent le Likoud de Benyamin Nétanyahou de la première place, devant la formation de droite radicale Yamina (opposition) de Naftali Bennett, le parti Yesh Atid Telem du centriste Yaïr Lapid et la formation Bleu-Blanc de Benny Gantz.

Lors des trois derniers scrutins, ces deux derniers partis avaient uni leurs forces dans une coalition, mais Benny Gantz avait fait éclater ce pacte pour rejoindre Benyamin Nétanyahou et ainsi mettre fin à la plus longue crise politique de l'histoire d'Israël.

L'accord de gouvernement entre MM. Nétanyahou et Gantz prévoit un partage des ministères et une rotation pour le poste de premier ministre qui doit échoir dans un an à l'ancien chef de l'armée.

Quatrième dans les sondages, et promis dans un an de diriger le gouvernement, Benny Gantz n'aurait pas avantage à provoquer de nouvelles élections, selon la presse israélienne.

Hormis cette motion de l'opposition, si aucun consensus n'intervient sur l'adoption du budget d'ici le 23 décembre prochain, la Knesset sera dissoute et de nouvelles élections seront convoquées en mars 2021.

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