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Tensions et invectives à la traverse Matane–Côte-Nord

Un panneau arrêt bloque l'entrée du traversier Saaremaa, dont la porte est ouverte.

Les nombreux arrêts de service du traversier entre Matane et la Côte-Nord provoquent de plus en plus de frictions entre passagers et employés (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les employés qui doivent gérer tous les changements générés par les avaries du traversier F.-A.-Gauthier doivent aussi composer avec une clientèle de plus en plus impolie et injurieuse.

Trop souvent, lorsqu’ils annoncent à des voyageurs qu’ils doivent rebrousser chemin à cause d’un arrêt de service du F.-A.-Gauthier, les travailleurs sont victimes d’injures.

"Bande de caves, vous êtes juste des privilégiés de la société". Bref, on jette le dévolu sur des employés qui n’ont aucune responsabilité sur le fait que le navire traverse ou non, rapporte Charles-Étienne Aubry, vice-président côte est du Syndicat international des marins canadiens (SIMC).

Les employés ressentent de l’impuissance et de la frustration, raconte M. Aubry.

Ils ne méritent d’aucune façon des commentaires si désobligeants, ajoute le responsable syndical.

Les travailleurs veulent que ça cesse.

Le député de René-Lévesque et leader parlementaire du Parti québécois, Martin Ouellet, trouve cette attitude inacceptable. Il rappelle que les travailleurs de la traverse Matane–Côté-Nord ne sont pas responsables des problèmes de la Société des traversiers du Québec (STQ).

Martin Ouellet observe que les travailleurs de la traverse vivent aussi leur part de stress et de bouleversements.

Ce n’est pas plaisant pour eux de réapprendre à travailler avec un autre bateau, le Saaremaa I, de ne pas savoir quand le F.-A.-Gauthier va être de retour, le CTMA Vacanciers qui vient par la suite, illustre-t-il.

Le député appelle à la solidarité des gens entre eux.

Ils sont aussi victimes que nous.

Martin Ouellet, député péquiste de René-Lévesque

Le maire de Matane, Jérôme Landry, souligne lui aussi que les employés font de leur mieux pour adapter le service.

Pour eux, c’est déjà extrêmement difficile, et qu’en plus, que des clients protestent, mais d’une façon vraiment maladroite, désagréable, inacceptable. On ne doit pas accepter cette situation-là, dénonce M. Landry.

Des passagers sont assis dans des fauteuils sur deux étages devant une grande baie vitrée.

L'intérieur du traversier F.-A.-Gauthier, qui relie Matane et la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

Le climat tendu entre la clientèle et les employés a déjà fait l’objet d’une sortie du député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, à l’Assemblée nationale à la suite de la publication d’un communiqué syndical qui dénonçait les invectives de certains clients et qui sollicitait le soutien de la population.

Pascal Bérubé offre à nouveau tout son appui. Les travailleurs de chez nous, dit-il, il faut les soutenir, les encourager, comprendre dans quelle situation ils évoluent.

C’est difficile, ce qui se passe avec le F.-A.-Gauthier. Avec ce qu’on a appris hier, on est dans un cauchemar dont on ne sort pas. Il faut continuer de vivre ensemble, ajoute le député en faisant référence à l'envoi du traversier en cale sèche pour plusieurs semaines.

La STQ prête à intervenir

Le porte-parole de la STQ, Alexandre Lavoie, précise que l'organisation ne tolérera pas les insultes.

Il indique que la Société pourrait intervenir pour protéger ses employés. On exige de nos employés qu’ils soient polis et courtois avec la clientèle. Ils sont en droit d’obtenir la même chose. On pourrait aller jusqu’à refuser le passage d’un client qui s’en prendrait à nos employés. On l’a déjà fait par le passé.

Du soutien est offert aux employés qui en éprouveraient le besoin. La STQ réfléchit également à une campagne de sensibilisation pour inciter les usagers au civisme.

Avec les informations de Jean-François Deschênes

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