•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des symptômes d'anxiété ou de dépression chez près de la moitié des jeunes adultes

Près de la moitié des jeunes adultes québécois présentent des symptômes d’anxiété ou de dépression, selon une enquête de l'Université de Sherbrooke.

The image displays an upset girl sitting in the dark while using her smartphone. The light from the screen is illuminating her face.

L'année 2020, particulièrement riche en mauvaises nouvelles, a été propice au «doomscrolling».

Photo : getty images/istockphoto / Moore Media

Radio-Canada

La deuxième phase d’une enquête sur les impacts psychosociaux de la pandémie, effectuée par une chercheuse de l’Université de Sherbrooke, révèle entre autres que la santé mentale des jeunes adultes québécois s’est empirée depuis le début de la deuxième vague.

La première phase de l'enquête avait été publiée en septembre et montrait déjà que les taux d’anxiété et de dépression des Québécois étaient plus élevés qu’à l’ordinaire.

Or les résultats de la nouvelle phase, révélés mardi matin, montrent que 46 % des répondants âgés de 18 à 24 ans montrent maintenant des symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété ou une dépression.

J’en perds mon latin, indique la Dre Mélissa Généreux, qui est derrière cette étude.

Ils [les jeunes] étaient déjà plus à risque. On parlait de 37 % des jeunes de 18 à 24 ans qui déjà, en septembre, affichaient des symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété ou une dépression, et cette proportion-là a grimpé à près de la moitié. [...] Je ne croyais jamais arriver un jour dans ma carrière à estimer une telle ampleur d’une problématique, s’est-elle exclamée à Par ici l’info.

Pour les travailleurs de la santé, la prévalence de symptômes de dépression et d’anxiété est également élevée. C’est sûr qu’on n’est pas dans le même ordre de grandeur que ce qu’on observe chez les jeunes de 18 à 24 ans, mais toujours est-il qu’on dépasse les 30 % des travailleurs de la santé. C'est près du tiers qui est affecté de manière significative soit du côté de l’anxiété ou de la dépression, remarque la chercheuse.

Ça vient tous nous chercher, car on parle de travailleurs absolument essentiels pour lutter contre la crise en cours.

Une citation de :La Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke

Méthodologie :

Entre le 6 et le 18 novembre 2020, 8500 adultes de partout au Québec ont participé à l'enquête.

Les gens en télétravail aussi touchés

Les gens en télétravail sont aussi touchés par des problèmes de santé mentale : 27 % d'entre eux ont aussi déclaré montrer des symptômes d’anxiété ou de dépression.

On constate que la proportion de gens affectés qui sont en télétravail n’est pas de la même ampleur que ce qu’on observe chez les travailleurs de la santé, mais on est quand même à des proportions plus élevées que chez d’autres travailleurs ou au sein de la population en général [...]. Ça sonne une cloche, comme quoi on doit quand même porter attention et porter un certain soutien aux télétravailleurs, dont certains semblent plus affectés que les autres, explique la Dre Généreux.

Les idées suicidaires sérieuses sont aussi deux fois plus élevées qu’avant la pandémie, selon l'enquête.

On est à 6 % de la population qui rapporte avoir eu de telles idées suicidaires sérieuses [au cours des 12 derniers mois], mais 6 %, c’est énorme, et surtout deux fois plus élevé que ce qu’on observait dans les grandes enquêtes avant la pandémie, s'inquiète la chercheuse.

Pour Tania Boilar, directrice générale du centre de prévention du suicide JEVI de l'Estrie, l’aide aux personnes suicidaires est aussi compliquée pendant la pandémie.

Souvent on va travailler avec les proches des personnes suicidaires, on va les impliquer, on va demander aux personnes suicidaires d’aller quelques jours chez un ami pour prendre une pause. Ce sont des choses qu’on ne peut plus utiliser comme stratégie pour l'instant, donc c’est sûr que ça amène des difficultés en intervention.

Une citation de :Tania Boilar, directrice générale du centre de prévention du suicide JEVI de l'Estrie

La Dre Généreux demande au gouvernement d’agir le plus tôt possible pour améliorer la santé mentale des Québécois, en déployant par exemple des équipes d’intervention psychosociale ressemblant à celles qui avaient été envoyées à Lac-Mégantic après la tragédie de 2013.

Besoin d'aide?

D’après les informations de Brigitte Marcoux

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !