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Québec accueille favorablement l'énoncé économique fédéral, mais craint de l’ingérence

Le ministre des Finances Eric Girard remercie Ottawa pour son aide économique tout en insistant sur l'importance des transferts en santé.

Eric Girard, le ministre des Finances du Québec.

Le ministre Eric Girard prévient Ottawa que le gouvernement québécois n'entend pas sacrifier de compétences en retour d'une aide fédérale.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Au lendemain de l’énoncé budgétaire du gouvernement Trudeau, le ministre québécois des Finances, Eric Girard, a remercié Ottawa pour certaines de ses décisions à saveur économique tout en lançant un avertissement : il n’est pas question que le fédéral se confère des pouvoirs accrus dans des domaines de compétence provinciale.

Ce sont les mesures d’aide aux entreprises et celles visant le domaine de la santé, sans surprise, qui ont retenu le gros de son attention. Si les premières ont fait son affaire, il en va autrement des secondes.

Lors d’une brève allocution mardi matin, le ministre Girard a commencé par les fleurs.

« J’aimerais remercier Mme Freeland parce que j’ai fait beaucoup de demandes pour qu’on impose la TPS et la TVQ sur les biens et services étrangers et ce sera le cas à partir de juin 2021, et ça, c’est positif. Je pense que c’est une question d’équité envers les entreprises du Québec et du Canada. »

— Une citation de  Eric Girard, ministre québécois des Finances

Cette décision que louange le ministre affectera notamment les géants du web. Elle marque l’adoption d’une taxe Netflix par le Canada, une mesure déjà adoptée par le Québec.

Cet alignement législatif et économique entre la province et le pays est, selon lui, une question d’équité envers les entreprises du Québec et du Canada, qui notamment dans les domaines des médias et du commerce numérique font face à une concurrence internationale importante.

La revue à la hausse de la subvention salariale d’urgence, de 65 % à 75 %, est aussi pour lui une excellente mesure, surtout pour les travailleurs, les familles.

Le risque d'ingérence dérange

Le ministre Girard aimerait bien, toutefois, qu’Ottawa fasse preuve de la même générosité en matière de transferts en santé, qui font l’objet de négociations encore embryonnaires entre le gouvernement fédéral et ceux des provinces et des territoires.

Ottawa, qui assume 22 % des dépenses des provinces et des territoires en matière de santé, n’est pas chaud à l’idée d’y contribuer davantage sans obtenir quoi que ce soit en retour.

Certaines personnes [souhaiteraient] qu'on envoie tout simplement des transferts en argent au Québec, et des chèques en blanc, des chèques pour les provinces, pour leur système de santé… Ça n'aurait pas aidé!, avait réagi Justin Trudeau, fin septembre, lorsque questionné à ce propos par un député bloquiste.

Les premiers ministres provinciaux et territoriaux exigent en chœur depuis un moment que ces transferts – qui historiquement ont déjà atteint 50 % – s’établissent à l’avenir à 35 %. Il n’a pas été question de ces transferts dans l’énoncé économique de la ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland.

Le désir du fédéral d’imposer des normes nationales sur les soins de longue durée, c’est inacceptable, a toutefois déclaré sans hésitation le ministre québécois. C’est inacceptable pour le Québec et pour les autres provinces.

Eric Girard a aussi prévenu que le Québec n’entendait prendre part à aucune initiative conférant plus de pouvoir au gouvernement fédéral dans des champs de compétence provinciale.

« Si le fédéral va de l’avant – parce que c’est des intentions à ce stade-ci, il n’y a pas de somme – avec un programme national des garderies et un programme d’assurance-médicaments, le Québec exercera son droit de retrait avec pleine compensation financière. »

— Une citation de  Eric Girard, ministre québécois des Finances

À ce propos, le ministre Girard bénéficie d’un consensus à l’Assemblée nationale. Tous les partis d’opposition appuient ouvertement ses revendications.

Même dans le camp fédéraliste, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, a insisté que les champs de compétence doivent être protégés tout en constatant que ça met encore plus de pression sur les rencontres à venir à ce sujet.

Une de ces rencontres aura lieu la semaine prochaine, le 10 décembre. Justin Trudeau n’a pas voulu commenter la position de son gouvernement et les possibilités en matière de transferts en santé avant cela.

Le Bloc québécois, par l’entremise de son chef Yves-François Blanchet, a accusé les libéraux de Justin Trudeau de vouloir prendre en otage les systèmes de santé des provinces et des territoires.

Avec les informations de Louis Blouin

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