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Célibataire en temps de pandémie : entre forte consommation et résilience, selon une étude

Affiche à l'entrée du campus où on peur lire le nom de l'établissement.

Une chercheuse de l'Université Carleton d'Ottawa s'est penchée sur le quotidien des célibataires en période de pandémie.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

Quand la chercheuse à l’Université Carleton, Cheryl Harasymchuk, a entendu parler pour la première fois des consignes de distanciation sociale au début de la pandémie, elle a immédiatement pensé aux personnes célibataires vivant seules et aux conséquences que les mesures sanitaires pourraient avoir sur elles.

Le concept selon lequel les humains sont des animaux sociaux avec le besoin inné d’appartenance est au cœur de la science des relations, souligne la professeure de psychologie.

Les restrictions de distanciation sociale associées à la pandémie de COVID-19 menacent potentiellement ce besoin, particulièrement pour les célibataires vivant seuls, a-t-elle indiqué en entrevue à l’émission Ottawa Morning à la radio de CBC.

Au printemps et à l’été, sa petite équipe de recherche a étudié comment ces célibataires ont fait face aux contraintes dans l’espoir d’identifier les facteurs psychologiques qui rendent les gens résilients à l’isolement social.

Des abus de consommation

Personne ne gère le stress de l’isolement de la même façon, estime la professeure. Certains utilisent des stratégies d’adaptation négative, comme la consommation excessive d’alcool, de nourriture et de jeux vidéo.

Environ les deux tiers des participants ont déclaré en avoir abusé à un certain moment pendant les six semaines de l’étude et qu’ils avaient de la difficulté à s’arrêter. Ils ont aussi indiqué que ces comportements ont influé négativement sur d’autres aspects de leur vie.

Plus ils allaient chercher des contacts et du soutien auprès d’amis en ligne, mieux ils se sentaient. La satisfaction était encore plus grande quand ces rencontres virtuelles impliquaient de s’engager avec des amis de façon ludique ou amusante, comme une soirée costumée sur Zoom, par exemple.

La plupart des célibataires sont assez résilients

Ce n’était pas juste à propos du soutien émotionnel qui était important en période de besoin, a lancé Mme Harasymchuk. C’était aussi pour répondre aux autres besoins liés au plaisir et à la positivité.

Les personnes extraverties de l’échantillon étaient plus susceptibles de contacter des amis alors que les autres tendaient davantage à se tourner vers des stratégies d’adaptation négatives.

Même si ce n’est pas tout le monde qui se porte bien pendant la pandémie, Cheryl Harasymchuk croit que la personne seule moyenne interrogée s’est montrée très résiliente au cours de la dernière année.

Le message que j’aimerais faire passer, c’est que les gens peuvent se débrouiller pendant cette période, a-t-elle lancé.

Des situations amplifiées par le confinement

Le psychologue et auteur Yvon Dallaire croit pour sa part que le confinement imposé par la pandémie a pu avoir pour effet d’amplifier des situations préexistantes.

Si pour les couples, tout allait bien […] à ce moment-là, [le confinement] a permis à ces couples-là de se retrouver et de faire plus de choses ensemble. […] Les célibataires qui étaient bien dans leur peau […] à ce moment-là, [ils] ont pu passer de façon beaucoup plus positive à travers cette période, dit-il.

Par contre, les célibataires qui pour eux solitude signifiait isolement, bien ils se sont peut-être retrouvés encore plus isolés, soutient M. Dallaire.

Lorsque les besoins de l’humain ne sont pas satisfaits, un grand vide se crée chez l’individu et il cherche à combler ce vide par différents moyens, ajoute le psychologue.

Plus la période, elle est longue […] plus les effets secondaires peuvent être intenses, prévient-il.

Selon lui, l’idéal est de garder contact avec des proches, et cela est possible grâce à la technologie en période de pandémie. On peut quand même garder des contacts même s’ils ne sont pas physiques, de garder des contacts relationnels, conseille M. Dallaire.

Avec les informations de CBC et de Claudine Richard

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