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Deux ans plus tard, le sort de Meng Wanzhou et des « deux Michael » demeure incertain

Les arrestations de la directrice financière de Huawei et des « deux Michael » continuent de créer de vives tensions entre le Canada et la Chine.

Portrait de Meng Wanzhou portant un masque.

Meng Wanzhou, la directrice financière et fille du fondateur de Huawei, à la sortie de la Cour suprême de la Colombie-Britannique à la fin du mois de septembre.

Photo : Reuters / JENNIFER GAUTHIER

Radio-Canada

Le 1er décembre 2018, Meng Wanzhou descend d'un vol en provenance de Hong Kong à l’aéroport de Vancouver, où elle fait escale en direction du Mexique.

Des membres de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) l'interceptent et placent ses téléphones dans des sacs tandis que des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) surveillent la scène.

La veille, les autorités canadiennes avaient obtenu un mandat provisoire pour l'arrestation de la directrice financière du géant des télécommunications chinois, Huawei, à la demande du département américain de la Justice.

Les États-Unis demandent alors l'extradition de Meng Wanzhou vers New York pour des accusations de fraude.

Après deux ans de saga judiciaire devant la Cour Suprême de la Colombie-Britannique, l’affaire continue de créer de vives tensions diplomatiques entre le Canada et la Chine.

Meng Wanzhou porte une oreillette et regarde vers sa droite.

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée le 1er décembre 2018 lors d'une escale à l'aéroport de Vancouver.

Photo : Reuters / Alexander Bibik

Des arrestations « en guise de représailles »

À l’avant-scène du conflit, l’arrestation de deux Canadiens, Michael Spavor et Michael Kovrig, par les autorités chinoises, neuf jours après l'arrestation de Meng Wanzhou.

De nombreux analystes estiment que leur détention constitue une forme de représailles et que les bases des accusations d'espionnage auxquelles ils font face sont sans fondement.

La femme de Michael Kovrig, Vina Nadjibulla, suit de très près l'affaire d'extradition de Meng parce qu'elle est inextricablement liée à la détention injuste de Michael en Chine, dit-elle.

« Je crois que la fin de son cas d'extradition, par un moyen ou un autre, ouvrirait également la voie à la libération de Michael. »

— Une citation de  Vina Nadjibulla, femme de Michael Kovrig
Le bracelet électronique attaché à la cheville de Meng Wanzhou.

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, sort d'une voiture à la Cour suprême de la Colombie-Britannique, le 29 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms/CBC

Une défense minutieuse

Meng Wanzhou est accusée par la justice américaine d’avoir menti à des cadres de la Banque HSBC à propos des liens unissant Huawei et la société Skycom, qui faisait affaire avec l'Iran, lors d’une rencontre à Hong Kong, en août 2013.

Mme Meng nie les accusations portées contre elle.

L'équipe juridique de cette dernière expose chaque élément de l'affaire à un examen minutieux, et ce, dès ses premiers pas en sol canadien.

Ses avocats affirment que la GRC et l'Agence des services frontaliers ont conspiré avec le FBI pour que les douaniers l'interrogent pendant des heures sans avocat en violation de ses droits.

Les agents impliqués dans l'arrestation ont été à la barre ces dernières semaines. Ils ont tous nié tout acte répréhensible ou toute collusion.

Plusieurs personnes montrent leur pouce en l'air, souriantes, devant un photographe.

Meng Wanzhou était accompagnée de 11 proches à Vancouver pour une prise de photo.

Photo : Ben Nelms/CBC

Guerre commerciale

Meng Wanzhou est la fille du fondateur milliardaire de Huawei, Ren Zhengfei.

La défense veut aussi faire valoir que le président américain, Donald Trump, l'utilise comme monnaie d'échange et que les États-Unis ont délibérément induit le Canada en erreur dans l'extradition en omettant des faits clés qui ont miné la solidité de l'affaire.

Son arrestation est survenue alors que les États-Unis entamaient une campagne pour exclure Huawei de la prochaine génération de technologie sans fil du pays, connue sous le nom de 5G.

Les États-Unis ont qualifié le géant des télécommunications de menace pour la sécurité et ont appelé leurs alliés à faire de même.

Le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont bloqué l'utilisation de la technologie de Huawei. Le Canada n'a toujours pas pris de décision à cet égard.

Le premier ministre Justin Trudeau lors d'une rencontre avec des journalistes

Le premier ministre Justin Trudeau soutient que le gouvernement ne doit pas se mêler des affaires judiciaires.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Le Canada devrait-il intervenir?

Le ministre de la Justice fédéral, David Lametti, a le pouvoir d'intervenir pour mettre fin à l'affaire.

Il est très clair que le ministre de la Justice a un contrôle complet sur qui est envoyé dans un pays étranger à la suite d'une demande d'extradition, explique l’avocat Gary Botting.

Il peut dire non à tout moment.

M. Botting, qui a écrit un livre sur le droit de l'extradition, pense que c'est la chose à faire. Il se dit troublé par le fait que le Canada est entraîné dans une affaire concernant une ressortissante chinoise, une banque britannique et un mensonge présumé qui aurait eu lieu à Hong Kong.

De son côté, le gouvernement libéral de Justin Trudeau répète l'importance de la primauté du droit et dit que l'affaire doit se jouer devant les tribunaux.

Le dessin d'une femme seule avec une robe à pois, qui tient des documents dans ses mains.

Un dessin de Meng Wanzhou, dans le box des accusés, le 20 janvier au matin.

Photo : La Presse canadienne / Jane Wolsak

En l'attente d'un dénouement incertain

Vina Nadjibulla continue de suivre les procédures contre Meng Wanzhou, dans l'espoir d'un développement qui pourrait aider à faire libérer son mari détenu en Chine.

Compte tenu de la complexité de cette demande d'extradition et en l'absence d'intervention des autorités américaines ou canadiennes, le processus judiciaire prendra probablement des années, dit-elle.

La Chine n'a fourni aucune preuve des allégations formulées à l'encontre de Michael Kovrig. Aucune date n'a été annoncée pour la tenue d'un procès.

Contrairement aux procédures contre Meng Wanzhou cependant, le résultat d'un éventuel procès en Chine ne fait aucun doute, puisque les experts affirment que la Chine a un taux de condamnation de 99,9 %.

Des informations de Jason Proctor, CBC

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