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Énoncé économique : Tourisme Outaouais reste sur sa faim

La directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle, aurait aimé des mesures pour une plus longue période.

La présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Tourisme Outaouais reste sur sa faim après la présentation de l’énoncé économique du gouvernement fédéral lundi. Selon sa présidente-directrice générale, France Belisle, il faut d’abord assurer la survie des entreprises avant d’entrevoir la relance économique.

Le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles mesures de soutien aux familles qui ont de jeunes enfants ainsi qu'aux entreprises les plus touchées. Le pays connaîtra un déficit historique d’au moins 381,6 milliards de dollars pour l’année financière en cours.

Parmi les nouvelles mesures pour les entreprises durement touchées dans le secteur du tourisme, de l’hébergement et des arts et du divertissement, on compte un nouveau programme de crédit en vertu duquel le gouvernement garantira à 100 % un prêt d’un million de dollars à faible taux d’intérêt offert par les grandes banques.

Mme Bélisle est d’avis que ce programme est une bonne nouvelle pour les entreprises qui peuvent envisager une reprise de leurs activités. Pour celles qui sont au bord du gouffre, envisager un prêt est plus risqué, soutient-elle.

On a des entreprises qui ne voient pas la relance, parce qu’elles sont en mode survie à l’heure actuelle. C’est difficile quand tu es en mode survie d’aller chercher un prêt qui va te mettre dans une situation financière encore plus précaire parce que tu vas emprunter, parce qu’il y aura des intérêts et parce que tu tombes encore plus dans l’endettement, explique-t-elle.

Elle croit aussi que les restrictions sanitaires en zone rouge viennent brouiller les cartes dans une perspective de relance économique.

S’il n’y a pas d’aide directe aux entreprises touristiques, on va les voir mourir, lance France Bélisle. Avant de parler de relance, il faut parler de survie, et les décisions, les annonces [et] l’aide doivent aussi aller dans ce sens-là.

Au final, on ne l’aide pas, on lui donne un plaster, on le met sur un ventilateur pendant un petit bout de temps, mais on ne l’aide pas à concrètement garder la tête hors de l’eau et à se relancer.

France Bélisle, présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais

La prolongation de la Subvention salariale d’urgence offerte aux employeurs est quant à elle bien accueillie par Tourisme Outaouais.

Cette dernière a coûté jusqu’ici plus de 50 milliards de dollars et soutient près de 4 millions de travailleurs. Elle passera de 65 % à 75 % du 20 décembre 2020 au 13 mars 2021. Cette prolongation coûtera 14,8 milliards de dollars supplémentaires, pour un total de 83,5 milliards.

Chrystia Freeland, portant un masque et se tenant debout à la Chambre des communes, tient une pile de documents.

La ministre Freeland a présenté une mise à jour économique qui propose aussi certaines mesures supplémentaires.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Mme Bélisle estime qu’il s’agit d’une bonne nouvelle, mais souhaiterait qu’elle soit offerte sur une plus longue période. Pour les industries touristiques, la subvention salariale est déterminante, dit-elle.

Si l’industrie touristique était déjà touchée par la rareté de la main-d’œuvre avant la pandémie, la subvention salariale peut certainement faire une différence notamment pour la rétention de personnel, selon la PDG.

La subvention salariale peut donner un coup de pouce sans faire de miracle à retenir certains de nos employés qui sont toujours en emploi, parce qu’on a un taux de chômage qui reste encore très important, ajoute-t-elle.

On ne sera pas capable de faire de la relance si on n’est pas capable d’assurer la survie des entreprises.

France Bélisle, présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais

Excellentes nouvelles dans le secteur aérien

Le secteur du transport aérien régional a eu droit à d’excellentes nouvelles, selon le président du conseil d’administration de l’aéroport de Gatineau, Gilles Lalonde.

L’énoncé prévoit du soutien au secteur aérien, qui passe pour l’instant par le transport aérien régional. Les aéroports pourront obtenir près d’un milliard de dollars d’aide sur deux ans.

M. Lalonde espère que l’aéroport de Gatineau pourra toucher une partie de ces fonds, notamment pour son programme de formation de pilotes.

Si on regarde le rôle que joue l’aéroport de Gatineau dans le monde du transport aérien, on a une vocation d’entraînement de pilotes professionnels, dit-il.

Avec la COVID-19, bon nombre de pilotes ont pris leur retraite en raison de la COVID-19, selon le président. Les pilotes qui étaient sur le bord de la retraite, qui ont été mis un petit peu au rancart à cause de la COVID-19, ont pris leur retraite, donc il va y avoir une grande pénurie de pilotes qui s’en vient, explique-t-il.

Selon lui, la formation d’un équipage professionnel peut prendre 2 ans. Il faut s’adresser à ça tout de suite si on pense que la relève va être importante quand le trafic aérien va reprendre en grande pompe.

Gilles Lalonde en entrevue à la caméra de Radio-Canada sur la piste de décollage de l'aéroport de Gatineau.

Gilles Lalonde, le président du conseil d'administration de l'aéroport de Gatineau (archives)

Photo : Radio-Canada

Si c’est simplement pour financer des billets d’avion, bien on règle juste une partie du problème, on ne règle pas le problème de la pénurie de pilotes qui s’en vient.

Gilles Lalonde, président du conseil d’administration de l’aéroport de Gatineau

Bien que l’aéroport de Gatineau ait les infrastructures pour former de nouveaux pilotes, M. Lalonde croit qu’elles doivent être améliorées. On n’est pas vraiment focusé sur le transport de passagers comme tel, mais on fournit les pilotes qu’il va manquer pour le transport aérien, souligne-t-il.

Quant aux grandes compagnies aériennes, l’aide financière escomptée devra encore attendre, puisque les Canadiens devront être, en contrepartie, remboursés de leurs vols annulés.

Optimisme prudent à l’AFPC

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) se dit encouragée par les mesures prévues par Ottawa pour aider les travailleurs.

Les employés en télétravail pourront déduire jusqu’à 400 $ de frais modestes engagés pour travailler et n’auront pas à fournir un formulaire signé de leur employeur pour ce faire.

C’est une bonne nouvelle. On est encouragé que le gouvernement prend des démarches pour supporter les Canadiens et Canadiennes qui ont été frappés dur par la pandémie, indique Alex Silas, vice-président exécutif régional de la région de la capitale nationale pour l’AFPC.

L’Alliance aurait toutefois souhaité que l’énoncé économique comprenne plus de mesures concrètes vers un système pancanadien de garde d’enfants.

Sans un investissement important et immédiat dans un plan national de service de garde d’enfants, il n’y aura pas de relance économique équitable, prévient M. Silas.

Selon lui, plusieurs femmes ont dû quitter leur lieu de travail de façon disproportionnée en raison du manque de service de garde.

Avec les informations de Julie-Anne Lapointe

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