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Pillage d’artéfacts archéologiques au Centre-du-Québec

Certaines découvertes feront appel à l'expertise d'archéobotanistes  en raison de la présence de grains carbonisés trouvés près du moulin.

Archives

Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon

Radio-Canada

Le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki de Wôlinak s’inquiète du pillage archéologique qui se déroule sur le territoire de la MRC de Bécancour.

Selon l’archéologue du bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki de Wôlinak, Geneviève Treyvaud, des collectionneurs et marchands d’artéfacts arpentent les différents sites d'intérêt archéologique de la région munis de détecteurs de métal afin de maximiser leur collecte d’objets anciens.

Les chercheurs se rendent notamment près de l’île Montesson, du lac Saint-Paul et de la rivière Saint-François où se trouvent des artéfacts abénaquis. Le phénomène durerait depuis quelques années.

Plusieurs objets et pièces de monnaie ayant une grande valeur patrimoniale manqueraient donc maintenant à l’appel.

Les conséquences du pillage

Le pillage détache l’objet de son contexte archéologique et entraîne ainsi la perte de données scientifiques qui permettraient d’en savoir plus sur son origine et son milieu, souligne Geneviève Treyvaud.

Un artéfact qu'on sort du sol n'a pas d'histoire, explique l’archéologue.

On va savoir qu'il est fait en métal, en alliage cuivreux, on va savoir de quand il date, s'il a une date dessus, mais on ne sait pas à quoi il appartient, déplore Geneviève Treyvaud. Est-ce un poste de traite, une mission, un campement, une maison? On ne le sait pas.

Elle ajoute que c'est pour ça que les archéologues n'aiment pas quand les gens vont faire du pillage sur les sites, parce ce qu'on perd le contexte.

Geneviève Treyvaud dans un marée touchant des longues tiges de feuilles aquatiques

Geneviève Treyvaud est archéologue au Bureau du Ndakina, au Grand Conseil de la Nation Waban-Aki de Wôlinak (Archives)

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Lemay

Une loi méconnue

Au Québec, la Loi sur le patrimoine culturel encadre les fouilles archéologiques. Toute intervention nécessite l’obtention d’un permis délivré par le ministère de la Culture et des Communications.

Souvent, les propriétaires ne sont pas au courant de la Loi sur le patrimoine culturel. Quelqu'un cogne à leur porte et demande : ''est-ce que je peux aller dans votre champ pour faire de la détection de métal?''. Je comprends les propriétaires, affirme Geneviève Treyvaud. Ils ne sont pas au courant. Ils vont dire : ''allez-y, il n'y a pas de problème ou bien ''non, je ne veux pas'', mais vous n'avez pas le droit de faire ça.

Informée de la situation, la MRC de Bécancour prévoit sensibiliser les citoyens à la protection du patrimoine.

Elle envisage un partenariat avec les archéologues du bureau du Ndakina, qui souhaitent offrir une formation à la population sur les bonnes pratiques à adopter.

D'après les informations de Jacob Côté

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