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Énoncé économique fédéral : réactions partagées des entreprises en Ontario

Assise à un bureau la tête appuyée dans la paume de sa main, Chrystia Freeland écoute la question d'un journaliste.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Les réactions à la mise à jour économique du gouvernement Trudeau, présentée lundi, sont mitigées au sein de la communauté d’affaires en Ontario.

Jasmin Guénette de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante se réjouit qu’Ottawa prolonge et bonifie sa subvention salariale, son aide aux loyers et son programme de prêts sans intérêt. Ce sont vraiment des programmes d’urgence qui aident les petites entreprises à traverser la pandémie, dit-il.

Il faut mettre nos énergies là où ça compte.

Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante
Jasmin Guénette en entrevue dans son bureau.

Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Photo : Radio-Canada

Il se dit toutefois déçu que le gouvernement fédéral augmente dès l’an prochain les cotisations au régime de pensions du Canada. Ça va alourdir le fardeau fiscal des entreprises au pire moment, affirme M. Guénette.

Un plan pour avoir des plans

Le maire de Toronto, John Tory, a également salué ces mesures d’aide aux entreprises.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a clairement indiqué que le gouvernement est prêt à tout pour aider les Canadiens et les entreprises à rester en santé, en sécurité et à demeurer solvables, affirme le maire, par voie de communiqué.

Nous avons bien travaillé avec le gouvernement fédéral tout au long de la pandémie afin de nous assurer que l’aide soit acheminée à ceux qui en ont besoin alors que nous faisons face à un défi sans précédent, dit-il.

Le président de la Chambre de commerce de l’Ontario, Rocco Rossi, de son côté, souhaite que le financement promis aux entreprises soit déployé plus rapidement.

Selon un récent sondage du regroupement d’affaires, le quart des entreprises de moins de 20 employés estiment ne pas pouvoir survivre à la deuxième vague de COVID-19. La fermeture forcée des commerces de Toronto et de la région de Peel exacerbe le problème, selon M. Rossi.

Après neuf mois, il ne reste plus de marge de manoeuvre. Je crois qu’on va perdre beaucoup plus d’entreprises.

Rocco Rossi, président de la Chambre de commerce de l’Ontario
La devanture d'un magasin où il est écrit que l'enseigne va fermer et que les articles y sont vendus à rabais.

Selon un sondage, un quart des membres de la Chambre de commerce de l'Ontario ayant 20 employés ou moins disent ne pas pouvoir survivre à un autre confinement.

Photo : CBC/Evan Mitsui

M. Rossi affirme que l’énoncé économique réitère beaucoup d’engagements annoncés lors du discours du Trône en septembre dernier. Mais le gouvernement reste avare de détails et en laisse beaucoup sur leur faim, selon lui.

On a un plan pour avoir des plans, affirme le président, que ce soit en ce qui concerne la relance verte ou la mise sur pied d’un système pancanadien de garde d’enfants.

Défis urgents en Ontario

Morna Ballantyne de l’organisme Child Care Now aurait aussi souhaité un engagement plus concret d’Ottawa en ce qui concerne le plan d’établir un réseau national de garderie. Elle affirme que les services de garde en Ontario restent parmi les plus coûteux au pays.

Il y a un grand écart entre l’offre et la demande. Ce n’est carrément pas abordable et c’est difficile de recruter et de retenir la main d'œuvre.

Morna Ballantyne, directrice générale, Child Care Now

Elle se réjouit cependant que le gouvernement mettra sur pied un secrétariat fédéral chargé de jeter les bases de ce nouveau système pancanadien, une revendication de longue date.

De jeunes enfants dehors et habillés chaudement marchent avec leurs surveillantes.

Les services de garde en Ontario sont parmi les plus chers au pays.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mme Ballantyne salue également l’investissement de 420 millions de dollars qui a pour but de répondre aux besoins immédiats du secteur, incluant la rétention du personnel. Cet argent peut aller loin, mais on ne sait pas encore comment ce sera dépensé, souligne-t-elle.

Le maire de Toronto, John Tory, reconnaît aussi l’engagement des libéraux de débloquer 250 millions de dollars sur cinq ans, dès l’an prochain, pour aider les municipalités à financer des initiatives contre la violence armée.

Malgré la pandémie, le nombre de fusillades recensées dans la Ville Reine est en hausse par rapport à l’an dernier, qui avait été une année record.

Nous sommes impatients d'accéder à ce financement dès que possible, lance le maire.

John Tory lors d'un point de presse.

Le maire de Toronto, John Tory.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Pour sa part, le ministre ontarien des Finances a réagi mardi à la mise à jour économique fédérale, qu'il qualifie d'occasion manquée de bonifier les transferts en santé. Jusqu'ici, le gouvernement Trudeau a refusé d'envoyer des chèques en blanc aux provinces.

Il y a un manque à gagner de 28 milliards $ aujourd'hui qui gonflera à 100 milliards d'ici 2040. Le financement en santé est traditionnellement partagé à parts égales. Or, Ottawa ne verse qu'environ 22 %, affirme le ministre Rod Phillips.

Aide aux étudiants et aux jeunes

La Fédération canadienne des étudiants se dit reconnaissante des démarches entamées par le gouvernement fédéral pour alléger le fardeau des jeunes Canadiens.

L’intérêt sur la portion fédérale de la dette étudiante des finissants d’institutions postsecondaires et de programmes d’apprentissage sera éliminé en 2021-22. La mesure coûtera 329,4 millions $ et devrait aider 1,4 million de Canadiens.

Ottawa dépensera également 447,5 millions $ l’an prochain afin de créer 40 000 emplois d’été pour les jeunes. Les employeurs pourront réclamer jusqu’à la totalité du salaire minimum pour chaque recrue.

Au cours des deux prochaines années, le gouvernement investira aussi 575,3 millions $ dans le cadre de sa Stratégie emploi et compétences jeunesse afin de créer 45 300 postes pour des jeunes Canadiens ayant perdu leur emploi ou exclus du marché du travail en raison de la crise sanitaire.

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