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De la viande sauvage au menu dans les restaurants?

Le four à bois de la cuisine d'un restaurant.

Le gouvernement du Québec interdit la vente de viande sauvage telle que l'orignal, même pour les restaurateurs (archives).

Photo :  Capture d’écran - Facebook

Félix Lebel

Le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, propose de rendre la commercialisation de la viande sauvage légale dans les restaurants du Québec. Une idée que rejettent catégoriquement des associations de chasseurs et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du Québec.

Le député, qui a fait cette proposition sur sa page Facebook, croit que le fait de légaliser la vente de viande sauvage dans les restaurants permettrait de la mettre en valeur et d'aider les restaurateurs qui traversent une période difficile pendant la pandémie.

Il suggère que quelques chasseurs certifiés ou des groupes autochtones puissent récolter un petit nombre d'animaux chaque année, avant de les vendre à certains restaurateurs autorisés.

Il faut que ça soit bien fait, contrôlé et structuré. Il faut qu’un nombre limité de bêtes soient abattues pour permettre aux restaurateurs d’offrir un nouveau produit.

Une citation de :Sylvain Roy, député péquiste de Bonaventure

Cette proposition n'est pas cohérente, selon le président de la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec, Alain Cossette, qui y voit une porte grande ouverte vers l’augmentation du braconnage.

Dès qu’il y a une façon de faire de l’argent, il y a des gens qui vont être là pour trouver une faille et en profiter. C’est ce qui se produit en ce moment avec le braconnage et le marché noir de la viande sauvage. Imaginez-vous s'ils pouvaient l’écouler de façon légale.

M. Cossette ajoute que le gibier des forêts du Québec est un bien collectif qu’on doit gérer pour en assurer la pérennité, et non une ressource prête à être commercialisée.

Un orignal dans la forêt.

La commercialisation de la viande de gibier pourrait entraîner une hausse du braconnage, estime la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec (archives).

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche du côté du MFFP, qui estime que cette idée augmenterait de façon importante la pression de la chasse sur les grands gibiers.

La difficulté quant au traçage des bêtes et le risque lié aux conditions de salubrité font aussi partie des inquiétudes du Ministère, qui interdit la vente de viande sauvage, sauf à quelques exceptions près.

Des restaurateurs ouverts à l’idée

Pour l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ), la possibilité d’offrir de la viande sauvage sur les menus est une occasion en or de faire valoir le terroir québécois. Des chefs cuisiniers tels que Stéphane Modat, du Château Frontenac, ou Normand Laprise, du restaurant Toqué, ont notamment signifié leur intérêt pour les produits de la chasse.

C’est quelque chose qui pourrait donner de l’attraction aux restaurants, de pouvoir vendre cette viande de qualité qui provient de la chasse. Il faut s’assurer d’un protocole d’hygiène et de salubrité, mais c’est une pratique qui se fait un peu partout dans le monde, explique le responsable des communications de l’ARQ, Martin Vézina.

De son côté, le député Roy considère que la viande de bois constitue un produit de niche qui fait partie du patrimoine des Québécois et qui devrait être mis en valeur, tout en respectant la ressource.

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