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COVID-19 : il faut hausser le ton envers les contrevenants, selon une experte

Un groupe de gens marchent sur un trottoir. Une personne est à vélo.

Lorian Hardcastle appelle les autorités albertaines à sévir contre ceux qui enfreignent les règles sur le port du masque, les rassemblements et les autres ordres de santé publique.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Si les restrictions imposées le 12 novembre sur les activités sportives et les heures d’ouverture des restaurants de plusieurs villes albertaines n'ont pas été suffisantes pour freiner la flambée de nouveaux cas de COVID-19, c’est entre autres parce qu’elles sont trop faciles à contourner, voire à ignorer, croit une spécialiste en droit de la santé à l’Université de Calgary, Lorian Hardcastle.

La semaine dernière, le gouvernement de l’Alberta a annoncé qu’une bonne partie des restaurants et des pubs de la province devront cesser de vendre de l’alcool à 22 h, et fermer à 23 h, et que les activités de groupe seront interdites à l’intérieur.

C’était cependant déjà le cas depuis le 12 novembre à Calgary, à Edmonton, à Grande Prairie, à Lethbridge, à Fort McMurray et à Red Deer.

Or, alors que les experts estiment que les effets de ces mesures devraient déjà avoir commencé à se faire sentir, la propagation du virus dans les grandes villes n’a toujours pas ralenti.

Les leçons qu’on doit en tirer, c’est que des mesures ciblées comme ça, c’est peut-être en faire trop peu et trop tard.

Lorian Hardcastle, spécialiste en droit de la santé à l'Université de Calgary

Selon elle, les mesures géographiquement circonscrites sont trop faciles à contourner.

La médecin hygiéniste en chef de l’Alberta, Deena Hinshaw, a d’ailleurs remarqué que certains clubs sportifs, par exemple, avaient commencé à organiser leurs pratiques en dehors des limites de la ville pour échapper aux interdictions.

Les inspecteurs de santé publique ont aussi constaté des infractions dans au moins quatre centres de conditionnement physique à Calgary, qui offraient des activités de groupe et un restaurant qui est resté ouvert après 23 h. Ceux-ci ont pu rouvrir après s’être pliés aux ordres de santé publique et les sanctions sont demeurées rares, selon Lorian Hardcastle.

Si on introduit de nouvelles restrictions, il faut s’assurer qu’elles sont respectées.

Lorian Hardcastle, spécialiste en droit de la santé à l’Université de Calgary

Le premier ministre et la Dre Hinshaw ont noté que les mesures introduites le 12 novembre n’ont pas suffisamment réduit la propagation et qu’il fallait des mesures plus fortes, déclare le directeur des communications de Santé Alberta, Tom McMillan.

Il rappelle qu’en plus d’avoir étendu les restrictions du 12 novembre à plusieurs autres régions, les autorités ont annoncé d’autres restrictions sur les rassemblements et le nombre de clients dans les magasins et restaurants, entre autres, la semaine dernière.

Le gouvernement a aussi réactivé l’état d’urgence sanitaire, ce qui permet aux agents de la paix de recommencer à donner des contraventions à ceux qui enfreignent les règles de santé publique, comme peuvent le faire les policiers.

Le ministre de la Justice de l’Alberta, Kaycee Madu, affirme qu’il s’attend à ce que la police fasse respecter les règles sanitaires sur les rassemblements, mais qu'il ne peut pas lui ordonner une d'actions précises.

Lorian Hardcastle n’est toutefois pas convaincue que le gouvernement a tiré les leçons de ses erreurs : On voit déjà des problèmes avec l’application des restrictions de la semaine dernière. On a vu des vidéos des centres commerciaux qui débordent et qui ne semblaient certainement pas être à seulement 25 % de leur capacité pendant le Vendredi fou et on a vu les manifestations antimasque à Edmonton, à Calgary et à Red Deer qui comptaient des centaines de personnes, en violation des limites sur les rassemblements extérieurs.

La police de Calgary dit avoir donné quelques amendes depuis vendredi, notamment à des organisateurs de la manifestation antimasque.

Services de Santé Alberta (AHS) signale un énorme bond dans les plaintes concernant les ordres de santé publique ces dernières semaines.

C’est passé d’environ 800 par semaine en septembre à une moyenne de 1400 par semaine en novembre, écrit le porte-parole d’AHS Kerry Williamson, dans un courriel à Radio-Canada.

Il ajoute qu'AHS a engagé 14 inspecteurs de santé publique et rallongé le contrat de travail de 13 autres pour répondre à cette demande.

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