•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Université Lakehead s’engage à se désinvestir des énergies fossiles d’ici 2023

L'université Lakehead à Thunder Bay.

Le campus principal de l'Université Lakehead se trouve à Thunder Bay, dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Le conseil des gouverneurs de l’Université Lakehead s'est prononcé en faveur du retrait des investissements de l'institution dans les énergies fossiles d’ici trois ans. Elle devient l'une des premières universités canadiennes à prendre un tel engagement.

Ainsi, environ 2 % du fonds de dotation de 130 M$ de l’Université Lakehead devrait être redirigé vers des secteurs en accord avec la politique d’investissement responsable de l’Université (Nouvelle fenêtre). Celui-ci sert notamment à financer des bourses et des prix étudiants.

La motion a été présentée lors de la première séance d’Angela Maltese en tant que présidente du Conseil des gouverneurs.

Nous voulons être des leaders en termes de développement durable et de lutte aux changements climatiques. Nous croyons que les universités doivent être proactives à cet égard.

Angela Maltese, présidente du Conseil des gouverneurs.

Un processus entamé en 2014

Cet engagement est l’aboutissement de six années de travail, selon Angela Maltese. La présidente explique que pour désinvestir, encore faut-il savoir où investir à nouveau.

L’établissement a donc d’abord travaillé à l’établissement d'une politique d’investissement responsable prenant en compte les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance telle que définie dans les Principes pour l'investissement responsable des Nations Unies (Nouvelle fenêtre).

Mme Maltese précise aussi que l’Université a placé une partie de son argent dans des fonds communs, qui rassemblent des investissements de plusieurs secteurs, ce qui rend le processus de désinvestissement complexe.

Néanmoins, entre 2014 et 2020, le pourcentage d’investissement dans les énergies fossiles de l’Université Lakehead a diminué de six pour cent.

Bien que l'exposition actuelle de notre portefeuille d'investissement aux combustibles fossiles soit d'un peu plus de deux pour cent, il faut encore du temps pour désinvestir correctement afin que nos revenus d'investissement ne soient pas affectés , explique la présidente Angela Maltese.

Une victoire pour le mouvement étudiant

Le groupe étudiant Fossil Free Lakehead (FFL), qui milite pour le désinvestissement des énergies fossiles par l’Université depuis 2013, se réjouit de l’annonce.

C’est vraiment excitant. Je crois que plusieurs d’entre nous ont été surpris en apprenant la nouvelle. En tant que militant, c’est rare que l’on vive des "victoires”, dit la porte-parole Shadiya Aidid.

L’énergie fossile ne doit pas demeurer la force motrice de notre société.

Shadiya Aidid, porte-parole du groupe étudiant Fossil Free Lakehead

L’association espère bientôt s'asseoir à table avec l’administration afin de discuter des détails de son plan. Elle entend également la tenir responsable de son engagement.

Mais surtout, Shadiya Aidid espère que l’annonce de l’Université Lakehead inspirera des groupes militants d’autres universités à redoubler d’ardeur.

FFL fait d’ailleurs partie de la nouvelle coalition étudiante Divest Canada , qui regroupe une trentaine de groupes dans plusieurs institutions canadiennes.

Pour la fondatrice Sophie Price, l’objectif du mouvement est surtout d’envoyer un message .

Le désinvestissement n’a pas un très grand impact quand on pense à la lutte aux changements climatiques, mais ça envoie le message aux industries pétrolières comme quoi les étudiants n’accepteront plus leur énergie.

Sophie Price, fondatrice de la coalition étudiante Divest Canada

Selon son décompte, l’engagement de l'Université Lakehead s’ajoute à ceux de cinq autres universités canadiennes : l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université Concordia, l’Université Laval, l’Université de Montréal et l’Université de Guelph.

Certaines d’entre elles, comme l’Université Laval, s’engagent à une décarbonisation partielle de leurs investissements plutôt qu’au retrait de leurs investissements dans les énergies fossiles.

La Fondation de l'Université du Québec à Montréal a également retiré ses investissements dans les énergies fossiles en 2019.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !