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Algérie : trois ans de prison requis contre une figure du mouvement Hirak

Une femme au milieu de manifestants portant le portrait de Karim Tabbou.

Le portrait de Karim Tabbou brandi lors d'une manifestation à Alger le 24 janvier 2020, alors qu'il était en détention.

Photo : afp via getty images / RYAD KRAMDI

Radio-Canada

L’une des figures les plus en vue du mouvement de contestation en Algérie, Karim Tabbou, risque une lourde de peine de prison.

Lundi, lors de son procès, reporté à plusieurs reprises, le parquet a requis trois ans de prison ferme et une amende de 100 000 dinars (1000 $ CA).

Le verdict sera prononcé le 7 décembre.

Karim Tabbou, 47 ans, opposant au régime de longue date, était poursuivi pour atteinte au moral de l'armée, à la suite de déclarations critiquant le régime et l'état-major de l’armée, en mai 2019, au cours d'un rassemblement à Kherrata, dans le nord-est du pays.

Arrêté le 26 septembre 2019, il a été emprisonné pendant neuf mois avant d’être libéré sous condition le 2 juillet dernier.

Dans une autre affaire, Karim Tabbou avait été condamné en appel le 24 mars à un an de prison ferme pour atteinte à l'intégrité du territoire national, en raison d'une vidéo parue sur la page Facebook de son parti, dans laquelle il critiquait la mainmise de l'armée dans les affaires politiques.

Chef d'un petit parti d'opposition non agréé par les autorités, l'Union démocratique et sociale (UDS), Karim Tabbou est l'un des visages les plus populaires du Hirak, le mouvement de contestation qui a duré près d’un an.

Le Hirak a commencé le 22 février 2019 contre le cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, mais il s’est poursuivi après la démission du président et réclamait un changement radical du système politique, tenu de main de fer par les hauts gradés de l’armée.

Critique acérée contre Macron

Depuis sa libération conditionnelle, M. Tabbou s’est exprimé à certaines occasions, notamment lors des funérailles de l’opposant Lakhdar Bouregâa.

Mais après la publication d’une entrevue du président français Emmanuel Macron avec l'hebdomadaire Jeune Afrique, où il a clairement apporté son soutien au chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, Karim Tabbou a écrit une lettre virulente au président français.

M. Tabbou a fustigé la mauvaise foi et l'hypocrisie politique de M. Macron, accusé de cautionner un pouvoir arrogant qui emprisonne des journalistes, bafoue les libertés publiques et soumet la justice à son diktat.

Multiplication des détentions

En pleine crise sanitaire, le pouvoir algérien multiplie les détentions et les poursuites à l'encontre de militants, de journalistes et de blogueurs afin, selon les opposants, d'empêcher une reprise du Hirak.

À Mostaganem, dans le nord-ouest du pays, une militante, Dalila Touat, la porte-parole des chômeurs de la ville, a été condamnée lundi à deux ans de prison ferme, sans mandat de dépôt.

Elle était accusée d'avoir incité ses concitoyens à s'abstenir de voter au référendum constitutionnel du 1er novembre et pour outrage à fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de solidarité avec les prisonniers d'opinion. La révision constitutionnelle a été approuvée avec le taux de participation électoral le plus bas (23,84 %) de l'histoire de l'Algérie.

Quelque 90 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec le Hirak. Des poursuites fondées, pour beaucoup, sur des publications Facebook critiquant les autorités, d'après le CNLD.

Retour annoncé du président Tebboune

Le chef de l'État algérien Abdelmadjid Tebboune.

Le chef de l'État algérien, Abdelmadjid Tebboune, en janvier 2020

Photo : afp via getty images / RYAD KRAMDI

Absent depuis plus d’un mois, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, 75 ans, a annoncé lundi soir qu'il allait rentrer dans son pays dans les prochains jours.

Selon la présidence de la République, M. Tebboune a été transféré dans un hôpital allemand pour y être soigné de la COVID-19.

Le président de la République rassure le peuple algérien sur son état de santé, assure qu'il est en voie de guérison et qu'il va revenir au pays dans les prochains jours, ajoute le communiqué, sans préciser de date.

Cette communication vague et le manque d'images du président ont réveillé le spectre de la carence du pouvoir lors des hospitalisations à l'étranger d'Abdelaziz Bouteflika après son grave accident vasculaire cérébral, en 2013.

Avec les informations de Agence France-Presse

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