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AEC en Techniques policières autochtones : trois nations participent à la deuxième cohorte

Quatre étudiants en techniques policiers et deux femmes posent dans un local de cours.

Tristan Gull de la communauté crie de Waswanipi, Shyanne Buckshot Maurice de la communauté anichinabée de Kitigan Zibi, Candice Wapachee de la nation crie de Nemaska, George Chemaganish de la nation Naskapi de Kawawachikamach, Ann Bureau, coordinatrice du programme et Isabelle Coursol, enseignante et intervenante pivot

Photo : gracieuseté

Accueillant cette année sa deuxième cohorte d’étudiants, le programme d’attestation d’études collégiales (AEC) Techniques policières des Premières Nations, offert au campus de Rouyn-Noranda du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, connaît déjà un beau succès.

Douze étudiants, issus des nations Crie, Naskapi et Anishnabe composent la cohorte de cette année, dont les cours sont offerts en anglais.

La coordonnatrice du programme, Ann Bureau, explique que des besoins exprimés par les communautés cries afin de former davantage de policiers sont à l’origine de la création de l’AEC.

Au départ, ç’a été à la demande de la communauté crie, qui avait un grand besoin de policiers sur le territoire. Ils ont donc approché le Cégep. Par la suite, pour la deuxième cohorte, on a étendu l’accès à tous ceux qui pouvaient au sein des autres communautés, parce que c’est ouvert uniquement aux communautés autochtones, rappelle Mme Bureau.

Pour Tristan Gull, étudiant cri de la communauté de Waswanipi, il importe que les Premières Nations puissent compter sur leur propre corps de police.

Je me suis inscrit au programme parce que j’ai toujours voulu devenir policier quand j’étais jeune. Je crois que les Premières Nations devraient pouvoir compter sur des policiers des Premières Nations dans leur communauté, c’est important, indique l’étudiant.

Shyanne Buckshot Maurice, étudiante de la communauté anichinabée de Kitigan Zibi, affirme que son frère, qui a gradué de l’École nationale de police en 2016, a joué un rôle important dans son inscription au programme.

Ma famille et moi étions à Nicolet pour la graduation de mon frère, et j’ai dit à mes parents: "Un jour, je serai ici aussi, je veux pouvoir aider ma communauté".

Shyanne Buckshot Maurice, étudiante de l'AEC

Pour sa deuxième année d’existence, le programme, qui est d’une durée de 15 mois, a été rehaussé afin de permettre aux étudiants d’acquérir les mêmes compétences que s’ils étaient inscrits au programme régulier de Techniques policières.

Le nombre d’heures a été beaucoup augmenté, afin que les compétences dites policières soient du même niveau [que dans le programme de Techniques policières]. En fait, dans une AEC, il n’y a aucun autre cours. Pas de français, pas de philosophie, rien de ce genre-là. Que des cours de concentration, de sorte que ça puisse se faire de façon plus intense, et à la fois plus courte, explique Mme Bureau.

Cette situation permet aux étudiants de se plonger régulièrement dans le feu de l’action, en maximisant les apprentissages faits lors de scénarios ou mises en situation.

Les scénarios que l’on fait en classe, c’est ce que je préfère. On est placés dans une pièce, et on doit intervenir lors d’une situation qui pourrait survenir sur le terrain. Ce sont pour moi les apprentissages les plus importants, car lorsque j’arriverai sur le terrain, je saurai exactement quoi faire, soutient Tristan Gull.

Sylvain Blais parle lors d'un point de presse, des personnes sur Zoom projetées sur un écran.

Le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue et le Cégep de Baie-Comeau ont collaboré dans la création d'un programme de Techniques policières adaptées aux réalités autochtones offert sur la Côte-Nord. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Des défis à relever

Pour les étudiants du programme, être loin de sa famille, de ses amis et de sa communauté pour une aussi longue période, en temps de pandémie, représente un important défi. Pour Candice Wapachee, étudiante crie de Nemaska, la partie la plus difficile est de ne pas être avec ses deux jeunes garçons. George Chemaganish, de la nation Naskapi de Kawawachikamach, indique que les étudiants du groupe ont formé des liens importants dans ce contexte particulier.

Être loin pour aussi longtemps, c’est l’une des parties les plus difficiles. Heureusement, on peut compter sur les autres étudiants du groupe. On peut faire des sorties, comme aller jouer au bowling ou encore faire des sessions d’études ensemble. C’est agréable!, affirme-t-il.

Isabelle Coursol, enseignante et intervenante pivot au sein du programme, est heureuse de voir les liens se créer entre les étudiants des différentes nations.

Ce qui est le fun cette année, c’est qu’on a des étudiants de trois nations différentes, ce qui fait qu’on a une belle diversité. Ces étudiants-là apprennent d’autres valeurs d’autres cultures et ça va juste être positif au bout de la ligne pour tout le monde, estime-t-elle.

Le travail de Mme Coursol, durant ou après les cours, ne passe pas inaperçu auprès des étudiants de la cohorte. Isabelle, c’est comme une deuxième mère pour nous. Elle est toujours là, et elle est toujours prête à nous aider pour tout!, soutient Shyanne Buckshot Maurice.

Les prochaines étapes

Étant donné que les étudiants se doivent d’avoir une promesse d’embauche afin d’être admis au programme, tous sont assurés d’obtenir un emploi à leur retour dans leur communauté. Candice Wapachee attend ce moment avec impatience. J’ai très hâte de retourner travailler dans ma communauté, et d’être un modèle pour les jeunes, plus spécialement les jeunes filles, exprime-t-elle.

De son côté, Tristan Gull souhaite pouvoir transmettre les connaissances acquises au sein du programme à son retour à Waswanipi.

Comme le programme que l’on suit est différent des programmes de formation offerts aux Premières Nations par le passé, j’ai hâte de pouvoir partager les connaissances acquises ici avec mes amis et futurs collègues, conclut-il.

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