•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le sort de l'adolescent autiste qui a tué sa mère entre les mains de la juge

Policiers et ambulanciers sont intervenus sur la rue de la Concorde samedi soir

Policiers et ambulanciers sont intervenus sur la rue de la Concorde le 16 février 2019

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Les plaidoiries au procès d'un adolescent autiste qui a tué sa mère en 2019 se sont terminées lundi, au palais de justice de Québec. Il restera maintenant à la juge Fannie Côte de déterminer jusqu'à quel point la déficience intellectuelle du jeune homme de 17 ans a joué un rôle dans le meurtre.

La juge du Tribunal de la jeunesse devra trancher la question après avoir entendu les plaidoiries au palais de justice de Québec, lundi.

L'avocat du jeune autiste estime qu'il devrait bénéficier d'un verdict de non-responsabilité criminelle, en vertu de l'article 16 du Code criminel.

Mais pour la poursuite, ce n'est pas en raison de ses problèmes de santé mentale que Jérémy* a tué sa mère, mais à cause de ses problèmes de comportement.

Jérémy a poignardé la femme de 49 ans dans un accès de colère parce qu'elle venait de lui retirer son iPod.

Le drame est survenu dans le quartier Limoilou en février 2019, alors que l'adolescent qui vivait dans un centre d'hébergement profitait d'une fin de semaine chez sa mère.

Jérémy avait alors 17 ans.

Le bien et le mal

Selon le procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Hugo Breton, l'accusé sait très bien faire la différence entre le bien et le mal.

On peut avoir une maladie mentale, sans pour autant avoir une défense d'aliénation , plaide l'avocat de la poursuite.

Me Hugo Breton répond aux questions des journalistes du palais de justice de Québec.

Me Hugo Breton

Photo : Radio-Canada

Me Breton soutient que l'intensité de la déficience de Jérémy n'est pas assez importante pour qu'il puisse bénéficier d'un verdict de non-responsabilité criminelle.

Il cite en exemple l'interrogatoire policier, alors que Jérémy dit à l'enquêteur qu'il serait mieux de ne rien dire parce que tu vas tout répéter à monsieur le juge .

C'est un gars allumé, capable de comprendre le droit au silence , insiste Me Breton.

Il a le corps d'un adulte habité d'un esprit d'enfant , rétorque l'avocat de la défense, Me Pascal Defoy.

Il rappelle que les enfants de moins de 12 ans ne peuvent être tenus responsables d'un acte criminel, au Canada. Des experts ont comparé l'âge cognitif de Jérémy à un enfant de neuf ans.

Jugements altérés

Me Defoy a tenu à rappeler les nombreux diagnostics de son client : trouble du spectre de l'autisme, déficience intellectuelle légère, TDAH, trouble de langage sévère, etc.

C'est à cause de ses déficiences intellectuelles que ses jugements sont altérés , soutient l'avocat de la défense.

La juge Fannie Côte prononcera le jugement à la fin du mois de février.

Si Jérémy devait être déclaré coupable du meurtre au deuxième degré de sa mère, la couronne a annoncé qu'elle allait requérir une peine pour adulte.

*prénom fictif

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.