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Le F.-A.-Gauthier ne sera pas de retour avant la fin de février 2021

Un navire amarré entouré d'une mince couche de glace.

Le F.-A.-Gauthier partira de nouveau vers Trois-Rivières avant d'entrer en cale sèche en janvier prochain (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

La Société des traversiers du Québec (STQ) indique que la traverse entre Matane et la Côte-Nord sera assurée par son navire de relève, le Saaremaa I, alors que le F.-A.-Gauthier ira en cale sèche pour plusieurs semaines.

Selon la STQ, les inspections ont déterminé qu’au moins un joint d’étanchéité d’un propulseur du F.-A.-Gauthier était à l’origine de la fuite d’huile responsable de l’arrêt du traversier le 19 novembre dernier.

La pièce devra être remplacée.

Le navire entrera donc en cale sèche au chantier Davie à la mi-janvier. Au préalable, il partira cette semaine pour Trois-Rivières pour des travaux préliminaires et d’autres inspections.

La Société des traversiers indique qu’elle précisera plus tard la date de la remise en service du F.-A.-Gauthier. Toutefois, la STQ laisse entendre que les réparations pourraient s’étendre sur plusieurs semaines.

Il est acquis que le navire sortira de cale sèche au plus tôt à la fin du mois de février, mais celle-ci pourrait être prolongée au besoin.

Extrait du communiqué diffusé lundi par la STQ

En attendant, la Société utilisera son navire de remplacement, le Saaremaa I.

On ne se retrouve pas du tout dans la même situation [qu'en] 2018, la STQ a maintenant un plan de relève, souligne toutefois M. Lavoie.

Ce n'est toutefois pas l'impression du député de René-Lévesque, Martin Ouellet.

Après un an, je ne pensais pas revivre cette saga. Les deux bras me tombent à terre, a-t-il affirmé en entrevue à l'émission Bonjour la Côte.

J'ai l'impression de revivre le même film, c'est encore un mauvais classique de Noël.

Martin Ouellet, député de René-Lévesque

Pour le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, la présence du Saaremaa I vient pallier la déception de voir le F.-A.-Gauthier partir de nouveau en cale sèche.

Quel hiver pour le Saaremaa I?

Le maire de Matane, Jérôme Landry, reconnaît que la présence du Saaremaa I constitue une nette amélioration pour la stabilité du service.

Il déplore cependant que le délai de réparations soit en partie dû à la fermeture du chantier de Lévis pendant un mois pour la période des Fêtes.

Ça aurait été vraiment à propos que le chantier soit disponible pour que les travaux se fassent le plus rapidement possible, parce que c’est pour nous une desserte qui est vitale, dénonce le maire.

Saaremaa au port de Matane.

Le maire de Matane s'interroge sur la capacité du Saaremaa à naviguer dans les glaces (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis_Rad

On a pris la cale sèche qui était disponible le plus rapidement au Québec, précise le porte-parole pour la STQ, Alexandre Lavoie.

Par ailleurs, la STQ indique que des actions concrètes pour maximiser l’utilisation du NM Saaremaa I dans les conditions hivernales sont actuellement évaluées et seront implantées.

Selon la Société, la capacité du navire de remplacement pourra répondre à l’achalandage des Fêtes.

M. Landry demeure par contre inquiet des performances du navire dans les conditions hivernales.

L’idée, c'est de réussir à maintenir cette desserte avec le Saaremaa et les conditions qu’on connaît et, surtout, s’assurer d’une maintenance adéquate pour ne pas qu’il y ait de bris sur le Saaremaa.

Jérôme Landry, maire de Matane

Jérôme Landry observe que l’absence du F.-A.-Gauthier se prolongera jusqu’en février au moment où le fleuve est généralement recouvert de glaces.

Même le F.-A.-Gauthier a eu besoin à l’occasion de l’aide la Garde côtière. Pour nous, c’est sûr que c’est un élément qui pose problème, ajoute-t-il.

Le député Martin Ouellet a d'ailleurs demandé à la STQ de mettre en place une desserte aérienne pour permettre aux travailleurs et à la population de traverser même si le Saaremaa I doit rester à quai.

Il s'inquiète également du coût de ces nouveaux travaux, et espère que la facture ne sera pas refilée aux contribuables.

C'est la grande question, qui va payer pour ça? Présentement, on ne le sait pas.

Martin Ouellet, député de René-Lévesque

Les dernières réparations avaient coûté 22 millions, rappelle le député.

Le jour de la marmotte?

Ce nouveau bris est une autre page dans une saga qui n'en finit plus.

Il est lié à un propulseur et n'est pas sans rappeler la situation de décembre 2018. Le bris des propulseurs du navire avait alors entraîné la mise au rancart du traversier pendant 13 mois.

Les propulseurs ont été remontés à neuf par le constructeur lors de la cale sèche de 2019. La réparation avait coûté 22,2 millions de dollars à la STQ.

Un schéma de la localisation des deux propulseurs azimutaux du traversier.

Les deux propulseurs azimutaux sont situés sous la coque à l'arrière du F.-A.-Gauthier et ne sont accessibles que lors d'une cale sèche.

Photo : Radio-Canada

Le responsable des communications à la STQ, Alexandre Lavoie, explique que les propulseurs devront encore une fois être démontés pour qu'il soit possible de comprendre exactement la source de ces nouveaux ennuis.

Est-ce une pièce défectueuse à l’origine? Peut-être. Est-ce une erreur lors du remontage? Peut-être aussi, énumère M. Lavoie, qui n'a pas voulu s'avancer sur les coûts de cette nouvelle réparation.

Une autre hypothèse, ajoute le porte-parole, pourrait être en lien avec l’incident survenu au port de Trois-Rivières lors du dernier arrêt technique. Le F.-A.-Gauthier était alors parti à la dérive lors d’une manœuvre de déplacement au quai de Trois-Rivières.

Cet arrêt technique coïncidait avec le dépôt par la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, d'un rapport dévastateur sur la gestion de la construction du navire par la STQ.

Le F.-A.-Gauthier avait repris le service le 15 novembre dernier. Il a été mis à l'arrêt cinq jours plus tard.

Avec la collaboration de Jean-François Deschênes

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