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Un café étudiant voit le jour aux Îles pour déjouer une fin de session pandémique

Deux personnes travaillent à leur ordinateur sur des tables individuelles.

Le café étudiant Deuxième vague a ouvert ses portes lundi midi dans un local de l'Auberge Madeli de Cap-aux-Meules.

Photo : Gracieuseté - Dereck Doherty

Les Madelinots qui étudient à distance à partir des Îles-de-la-Madeleine, dans un cégep ou une université hors de l'archipel, ont maintenant accès à un lieu d'études pour briser l'isolement.

Le café étudiant baptisé Deuxième vague vise à contrer la solitude des étudiants et à encourager la persévérance scolaire, alors que plusieurs se retrouvent démotivés en fin de session après des mois en téléenseignement.

L'initiative a été mise sur pied par le député des Îles-de-la-Madeleine, en partenariat avec le Carrefour jeunesse-emploi et le Groupe Persévérance scolaire des Îles-de-la-Madeleine.

L’objectif est de créer un endroit où ils peuvent se sentir moins seuls, sortir de leur isolement, pouvoir jaser en gardant les mesures de distanciation, avec d’autres qui vivent la même situation, explique le député madelinot Joël Arseneau. C'est un peu un groupe de soutien qu’on crée par la même occasion.

Joël Arseneau photographié durant une conférence de presse.

«On a beaucoup parlé des aînés, mais les jeunes du postsecondaire qui sont à la maison ont besoin, je pense, d’un petit coup de pouce eux aussi», affirme le député Joël Arseneau.

Photo : Gracieuseté - Dereck Doherty

M. Arseneau, un ex-enseignant au campus des Îles, explique avoir eu l'idée de créer un café étudiant après avoir été personnellement sensibilisé à la détresse psychologique et à l’isolement que vivent certains étudiants madelinots.

La semaine dernière, j’ai eu l’appel de deux jeunes madeliniennes coup sur coup, explique Joël Arseneau.La première faisait partie d’un groupe de soutien au sein de sa faculté et elle faisait état de cas de détresse très très grave. Elle lançait un cri du cœur pour sensibiliser les politiciens.

Deux jours plus tard, M. Arseneau reçoit un second témoignage par courriel d’Anne-Sophie Lapierre, une étudiante en archéologie originaire de Bassin qui lui fait part de sa baisse de motivation et de sa lassitude d’étudier dans sa chambre.

Comme quelques dizaines d’étudiants madelinots depuis le début de la pandémie, Anne-Sophie Lapierre a décidé de revenir aux Îles pour poursuivre sa formation universitaire, puisque tous ses cours sont offerts en téléenseignement.

Ce n’est pas facile étudier dans la maison familiale, il y a beaucoup de stimuli autour et je n’ai pas un espace de travail adapté pour étudier de longues périodes sur mon ordinateur, explique Anne-Sophie Lapierre.

Anne-Sophie Lapierre étudie derrière son portable, dans sa chambre.

Anne-Sophie Lapierre a écrit à son député pour lui faire part de sa baisse de motivation et de son isolement, après plusieurs semaines d'études confinée dans sa chambre de l'île du Havre Aubert.

Photo : Gracieuseté - Anne-Sophie Lapierre

La jeune femme qui avait commencé à fréquenter la bibliothèque et la cafétéria du campus collégial des Îles, pour changer d’air, s’est toutefois fait avertir que les lieux étaient réservés aux étudiants inscrits en raison de la pandémie.

Je n’étais pas super motivée, je n’avais plus le goût de ne rien faire, raconte l’étudiante de l’Université Laval.

Découragée, Anne-Sophie écrit un courriel à son député pour demander de l'aide. Moins d’une semaine plus tard, il avait mis sur pied le café Deuxième Vague avec l’aide de partenaires.

Juste de savoir qu’il y a une place où on peut aller, même si on est à deux mètres de distance et qu’on ne parle pas nécessairement parce qu’on étudie, juste de voir des gens, ça va vraiment faire du bien.

Anne-Sophie Lapierre, étudiante

Un café étudiant supervisé

Le café étudiant Deuxième vague est accessible dès maintenant et, pour les trois prochaines semaines, tous les après-midi, du lundi au samedi, de même que les lundis et mercredis soir de 18 h à 22 h.

Le lieu d’études est aménagé dans une salle de l'Auberge Madeli durant les semaines du 20 novembre et du 14 décembre et à l’édifice Fernand-Cyr pour la semaine du 7 décembre.

Les étudiants postsecondaires peuvent réserver en ligne l’une des dix places disponibles dans le local, à condition qu’ils soient arrivés dans l’archipel depuis au moins 14 jours et qu’ils ne présentent pas de symptômes de la COVID-19.

Le café étudiant sera supervisé par des employés du Carrefour jeunesse-emploi des Îles, du Groupe Persévérance scolaire des Îles-de-la-Madeleine, de même que par des bénévoles et des membres de l'équipe de Joël Arseneau.

Brenda Deraspe derrière un lutrin durant une conférence de presse.

«C’est pour nous une façon de trouver des moyens pour aider les jeunes et les outiller pour ces moment-là qu’ils vivent», explique la directrice intérimaire du Carrefour jeunesse-emploi des Îles, Brenda Deraspe.

Photo : Gracieuseté - Dereck Doherty

En étant présent avec eux, on va pouvoir discuter, voir c’est quoi leur besoin, prendre le pouls des étudiants, de voir leur état, et trouver des outils pour les accompagner, explique la directrice par intérim du Carrefour jeunesse emploi des Îles, Brenda Deraspe.

On leur offre un lieu où ils peuvent étudier en se sentant moins seuls, avec un café, avec un bon lien internet et un soutien, quelqu’un qui peut les écouter et les entendre au besoin, résume Joël Arseneau.

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